lundi 21 décembre 2009

Un peu plus froid


Samedi 12 décembre 2009
Troisième weekend à St-Petersburg et je n’ai pas encore été me perdre dans le dédale des nombreuses salles de l’Ermitage. Je répare donc cet oubli impardonable en ce samedi matin. Comme mentionné précédement, ma carte d’étudiant m’accorde un tarif préférentiel dans la plupart des musées, et ici en l’occurrence, la gratuité. C’est avec un grand plaisir que j’irai donc me perdre ici à de nombreuses reprises.
Pourquoi se perdre me direz-vous ? Parce qu’avec plus de 300 salles, une collection de plusieurs millions de pièces, dont un certain nombre ne sont malheureusement pas visible, un sens de visite pas toujours évident à suivre, et surtout si la curiosité fait partie de vos « défauts », vous passerez sans aucun doute de nombreuses heures dans ce palais.
C’est d’ailleurs assez étonnant, mais il me semble que dû aux expositions temporaires qui se tiennent actuellement dans plusieurs salles du palais, mon itinéraire en a été profondément modifié et je me suis retrouvé dans des salles que je n’avais pas pu admirer lors de mes précédentes visites. Pour l’instant, il y a notamment une exposition d’art moderne britannique. Qui dit moderne dit souvent obscur et incompréhensible pour moi. Quant au terme britannique, ça me rappele autant les fish and chips de Liverpool que les tenues vestimentaires de la reine d’angleterre. En résumé, c’était un peu tout ça à la fois… Comme la reine d’angleterre, on se gratte les méninges durant une année pour trouver un discours se rapportant au tableau et comme les fish & chips, c’est parfois un peu surchargé et lourd. Les deux trucs qui ont captés mon attention sont une vieille dame en cire sans doute emprunté chez Madame Tussaud couchée, suspendue entre deux chaises (signification ?) et une série de toiles illustrant la violence où l’artiste avait inscrusté dans des décors modernes des combattants des croisades et de l’Antiquité.
Passé cette salle, j’ai pu découvrir une expo sur les intérieurs des demeures au 19ème et début 20ème siècle en Russie, de nombreux tableaux, une expo sur l’art japonais avec tableaux et armures de samurais (avec une fricadelle et une petite frite ;-)) un peu d’art hindou et j’ai fini le tout avec la visite de quelques salles consacrés aux impressionistes.
La prochaine fois, j’essayerai de me préparer à la visite et de prendre note du numéro des salles qui m’intéresse.
A la sortie du musée, une reflexion me vient à l’esprit quant au métier ingrat qu’exercent les figurants en costume devant les lieux touristiques de la ville. Il faut les imaginer, portant par tous les temps un costume 18ème faisant les 100 pas devant les monuments, à la recherche de touristes en recherce de photos exotiques. En les voyant, je me suis demandé combien il avait de couches de vêtements sous leurs costumes pour résister à l’hiver russe ? Vous allez me dire que ce n’est peut être pas pire que de devoir enfiler le costume du kangourou de walibi en plein été sous la canicule, ou celui de Mickey ou de la fée clochette en plein hiver, mais tout de même… J’avais un peu froid pour eux, mais je n’ai pas poussé l’empathie jusqu’à me faire prendre en photos avec eux, je ne suis tout de même pas un touriste :-)
Le soir, comme prévu, nous avons fêté la réussite de Ludmila avec tous les étudiants de l’école ;-) Nous nous sommes donc retrouvés à deux dans un pub anglais pour faire typique. C’est marrant car à un moment donné, on a cru que nos voisins de la table d’à côté se faisaient la malle sans payer… ils ont soudainement disparus, suivi quelques secondes plus tard des serveurs qui courraient après eux :-) Je n’ai pas très bien compris la manœuvre, car 5 minutes plus tard, une des personnes est revenue payer… C’était une belle soirée où nous avons comme à notre habitude pu laisser libre cours à notre imagination, et principalement par rapport à Valentina, notre logeuse. Mais ne vous en faites pas, je consacrerai un chapitre spécifique à chacun des personnages importants de mon récit.
Dimanche, je suis à nouveau reparti à la recherche de mes sujets animés et inanimés, de mes prépositions, de mes verbes de mouvements, ceux qui décident de partir dans une direction seulement et ceux qui tentent l’aller-retour, mes deux chiens, qui ne se comportent pas comme mes six perroquets, ceux qui courent dans le parc et ceux qui tentent seulement de l’atteindre. Bref après quelques heures de ce régime vitaminé, je me suis retrouvé inanimé dans mon fauteuil, à écouter quelques podcats en attendant l’heure du repas :-)
Lundi 14 décembre 2009
En arrivant à l’école, Katya, mon professeur, me promet une surprise. Un peu curieux, j’attends, ils ont peut être finalement pensé à St-Nicolas. La surprise était tout être, mais c’était pas mal tout de même : un nouvel étudiant dans mon groupe. Vous imaginez la surprise, on a d’un coup doublé l’effectif de l’équipe :-) Au départ, je n’ai pas vraiment compris les raisons qui avaient poussé mon nouveau collègue à étudier le russe. Imaginez, il vient de Trinidad et Tobago ! Je connaissais cette île en raison de ses athlètes, mais pas encore pour ces étudiants en langue russe. La raison de sa présence est en fait toute simple. Il est marié avec une letonne et il veut parler russe avec elle. Comme quoi, l’adage populaire qui affirme que la meilleure façon d’apprendre une langue, c’est sous l’oreiller semble se confirmer en partie… Parce que l’oreiller ne vous enseigne pas encore à ma connaissance le génitif pluriel ainsi que l’accusatif animé et inanimé ;-)
L’autre surprise de cette matinée est la brusque chute des températures. La veille en me balladant j’avais déjà remarqué qu’il faisait un peu plus frais, ce qui m’avait été confirmé par les informations données à la télévision (si vous regardez la TV locale, en l’occurrence pour moi « Canal 5 Saint Petersbourg » en bas à droite de l’image s’affiche la température actuelle dans la ville). Néanmoins ça fait tout de même un choc de passer de zéro à -10°C en une journée, surtout que la température reste évidemment la même à l’intérieur, à savoir au alentour de 25°C. Il a également commencé à neiger durant le WE mais pas assez pour causer de vraies pagailles sur les routes (contrairement à Moscou où la neige avait causé la semaine dernière plusieurs centaines de kilomètres de bouchons).
Je ne pense pas vous avoir déjà parlé de la télévision en Russie, je vais donc profiter de l’épisode de notre sitcom « Moscou sous la neige » pour vous en toucher un mot. Comme un peut partout, soit vous avez une antenne et vous recevez les programmes de base, soit vous payez pour recevoir les programmes du cable, avec une offre ressemblant à celle de la TV digitale en Belgique. Moi, j’ai droit à l’option n°1, ce qui signifie 6 ou 7 chaines suivant la puissance de votre antenne. Ce bouquet hertzien comprend une chaîne sport, une pour la culture, une chaîne musicale style MTV ainsi que d’autres chaînes plus généralistes. Mais qu’est-ce qu’il y a à voir me direz vous ? En résumé, de nombreux programmes d’information où vous pouvez suivre les aventures de Poutine et Medvedev (propagande ? Légèrement, mais ce n’est pas pire qu’à la TV thailandaise), quelques infos du monde, quelques drames… C’est ici que je vais me faire censurer, mais en sachant que la tv est le principal média en terme d’accessibilité et de couverture de la population, et en observant la propagande quotidienne via la couverture par les médias des principales activités du président ainsi que de son premier ministre, ça explique en partie les scores électoraux et la popularité de ceux-ci. Lorsque je comprendrais un peu mieux le russe, je vous écrirai un article par rapport à cette problématique.
Pour illustrer le manque de sérieux de certains reportages, je vais vous parler de la couverture d’un des évènements de la semaine dernière, à savoir les importantes chutes de neige sur Moscou. Comme dans tous les pays, dès que la neige ou tout autre phénomène météorologique cause des problèmes de circulation, on envoie un reporter sur place pour montrer ce que la plupart des gens peuvent voir en ouvrant leur fenêtre, à savoir que la neige a créé une belle pagaille (ceux qui sont coincés dans les embouteillages ont la chance de vivre ça en direct à la radio). S’en suit alors l’interview de météorologues, de policiers chargés du trafic, d’automobilistes coincés dans le traffic… Particularité du journal que je regardais, on a également interviewé une voyante. Je ne sais pas exactement ce qu’elle a vu dans les cartes du tarot et dans sa boule de cristal, mais j’espère que ça a pu en aider quelqu’un (les fameuses personnes qui se retrouvent dans l’expression « pour ceux qui y croient » des horoscopes)
Lundi soir, je participe à mon premier cours de langue de l’autre côté de la barrière. J’ai en effet été invité par certaines personnes à l’école à venir apporter mon aide pour le cours d’anglais. Dans mon école, en plus des cours de russe le matin (en groupe) et l’après-midi (en cours particulier), il y a également plusieurs fois par semaine des cours d’anglais qui se donnent le soir, à l’intention des russes. Dans le premier groupe, un jeu de rôle à été organisé. Il s’agit ici de débutants et le but du jeu est de les faire prendre position sur des thèmes précis, afin qu’ils apprenent à argumenter et formuler en des termes simples un avis dans une autre langue que la leur. C’est la première fois que je participe à ce genre de groupe de conversation et j’essaye de leur prodiguer des conseils tant au niveau de la grammaire que de la manière d’appréhender l’exercice. Malgré cela, ils ont l’air plutôt intimidé par ma présence, ce qui est sans doute dû au fait que c’est une des première fois qu’ils parlent en anglais à un étranger. J’en profite également pour de temps à autre exercer mon russe, échange de bons procédés oblige.
Pour la seconde partie du cours, je me rends dans l’autre groupe, celui des étudiants ayant un niveau avancé. Comme pour le premier groupe, on fait d’abord les présentations, je réponds à divers questions, dont la classique « Pourquoi étudies-tu le russe ? » et je profites d’une petite pause dans le groupe pour faire connaissance avec les étudiants. Il s’agit ici d’étudiants qui désirent passer leur TOEFL et l’ambiance est un peu moins détendue que dans le premier groupe. C’est sans aucun doute dû à la manière d’enseigner du professeur. J’avoue que je n’ai jamais étudié la pédagogie, mais je suis resté quelque peu estomaqué par la manière dont le cours était donné. C’était une ambiance et une approche totalement différente que lors de mes propres cours de russe. Ici les étudiants n’ont pas vraiment droit à des encouragements, ou alors c’est vraiment sous-entendu, l’ambiance est stricte et on fait tout pour montrer à l’étudiant qu’il a encore d’énormes progrès à réaliser. La nouvelle pédagogie n’a donc pas encore réussi à entrer dans les mœurs en ce qui concerne l’apprentissage aux étudiants russes et c’est assez dommage je pense. Bien entendu, je n’ai émis aucun commentaire durant le cours, par respect pour le professeur et le bon déroulement de la leçon, néanmoins c’est exactement le genre de pédagogie qui a rendu des millions d’étudiants apeurés et bloqués à l’idée de parler la langue de l’autre. Je veux bien accepter que la grammaire est importante, qu’il y a des règles à suivre, mais ici comme partout ailleurs, le principal problème des étudiants en langues est la peur de l’échec qui le glace lorsqu’il s’agit de s’exprimer et de communiquer face aux autres. Et la technique consistant à le presser comme un citron et l’accabler de tous les maux lorsqu’il se trompe est improductif selon moi. En souvenir de son accent « so british », de ses manières un peu désuettes, j’appelerai donc cette enseignante « British Bitch » :-)
Apparement, j’ai dû leur plaire, vu que je suis invité à retourner lundi prochain :-)
Mercredi 16 décembre 2009
C’est une journée un peu particulière aujourd’hui car c’est le dernier jour de Ludmila à l’école. Après deux mois de cours ici, elle va retourner en Slovaquie pour les fêtes de fin d’année, puis commencer son nouveau travail en Italie. Ca me rend un peu triste car on s’amusait bien ensemble, on avait le même genre d’humour et elle m’a beaucoup aidé pour m’y retrouver dans toutes les formalités administratives et les habitudes de la vie quotidienne (poste, carte SIM, photos d’identité) en Russie. Et comment m’en serais-je sorti sans ses précieuses traductions et interventions en russe quand Valentina m’assaillait de questions ? ;-)
Pour marquer le coup, elle a été chercher quelques bières slovaques au supermarché ainsi que quelques paquets de chips, afin d’organiser un apéro digne de ce nom à l’école. Nous avons eu droit à la traditionnelle remise de diplôme, au petit discours… Comme il était midi et que je devais encore assister à la seconde partie de mons cours, j’ai dû boire une partie de ma bière en classe… Je sais, ça fait super sérieux, mais l’ambiance est plutôt familiale en classe :-D
J’imagine que vous vous rappelez tous le film « L’auberge espagnole ». A la fin du film, ils se retrouvent tous dans un bar pour fêter le départ de Xavier. Et bien, on a fait la même chose pour Ludmila ;-) A part que, vu le sous-effectif étudiant en hiver, on était seulement trois : Ludmila, Anna, la secrétaire de l’école et moi. Ce fut l’occasion de raconter à Anna une partie de nos aventures avec Valentina, de partir encore sur quelques délires et de finir ainsi sur une bonne note ce mois de cohabitation avec Ludmila. Ce fut également l’occasion de découvrir un nouveau bar qui se trouve pas loin de chez moi et qui selon Anna est plein à craquer le weekend. Ce fut enfin l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les familles qui hébergent les étudiants, savoir qu’elles étaient les meilleures, les plus recherchées… C’est toujours bien de glaner un peu « d’insider information » ;-)

vendredi 11 décembre 2009

Troisième semaine de cours


Lundi 7 décembre 2009
En arrivant à l’école ce lundi matin, je dois bien constater que je suis à nouveau seul en classe. Les cours de russe n’ont pas vraiment la cote en hiver. A part Ludmila et moi, aucun autre étudiant n’est venu braver le froid en cette fin de nuit à St-Petersbourg. J’écris « fin de nuit » mais il ne faut pas se tromper : en décembre, le soleil pointe timidement son nez vers 9H45 et 6 ou 7 heures plus tard, il nous dit déjà « au revoir » (ou « poka » en version originale). Ce sera donc à nouveau une semaine de cours particulier, donc plus intensif mais avec moins d’heures de cours.
Je vous avais déjà parlé des subtilités de la langue russe dans un précédent message. En ce début de troisième semaine, les difficultés grammaticales se dressent sur mon parcours de nouveau locuteur. J’apprends donc que la langue russe fait la différence entre objets animés (pour simplifier, les êtres vivants) et inanimés. Mais rassurez-vous, cela ne concerne que les noms de genre masculins. En clair, vous n’utiliserez pas un accusatif pour dire « je rencontre un ami », mais un génitif singulier. Je commençais à peine à utiliser des accusatifs dans mes phrases… Durant toute cette semaine (et les suivantes sans doute également) je vais découvrir les joies du génitif (singulier et pluriel), qui est paraît-il le cas le plus utilisé dans la langue russe. D’une part pour exprimer ce qu’en français on traduit par « de » « le livre de Boulgakov », d’autre part il est utilisé après un grand nombre de prépositions. Sans oublier bien entendu l’accusatif animé pour le genre masculin. Bref la gymnastique mentale se complexifie chaque jour un peu plus, ce qui demande tout de même beaucoup de concentration et de participation durant les cours.
Pour changer de la routine quotidienne, j’ai décidé de chercher des tables de conversation en français et en anglais. C’est une activité utile, vu le peu de locuteurs francophones ici mais également un bon moyen de socialiser et de se créer un réseau d’amis ici à St-Petersburg. Comme mon école organise également des cours d’anglais en soirée, et comme on me l’a proposé, j’irai donc y jetter un œil lundi prochain. Mon séjour sera donc fort axé sur la linguistique J En ce qui concerne le français, je compte me renseigner à l’université, au département philologie dans un premier, avec le désavantage qu’ils auront peut être une meilleure maîtrise grammaticale que moi… J’aurais dû emporter un Grévisse dans mes bagages ;-)
Mercredi 9 décembre 2009
C’est le grand jour pour Ludmila, le jour du test de russe à l’université. Tout comme moi (en tout cas je l’espère) dans quelques mois, Ludmila a décidé de passer le test officiel sanctionnant la maîtrise de la langue. Comme en anglais (TOEFL) ou en espagnol, il s’agit d’un examen standardisé pour les étudiants étrangers évaluant les connaissances du candidat dans cette langue. Il se compose de différentes parties : grammaire, compréhension à la lecture, à l’audition ainsi qu’une épreuve orale devant un jury. Le test en poche, vous pouvez en tant que non-russe vous inscrire à l’université en Russie. C’est surtout un diplôme reconnu par tous pour valoriser vos connaissances en Russe. J’imagine que je vous en reparlerez dans quelques mois.
En fin de journée, une mauvaise surprise m’attend au distributeur de billet. En effet, après avoir introduit ma carte et introduit mon code, ma carte est tout simplement avalé par cette machine froide et sans scrupules. Après avoir attendu quelques instants pour voir si elle ne ressortait pas, j’ai dû me rendre à l’évidence, il fallait que je trouve une solution pour obtenir de l’argent.
Pour ceux qui ont l’esprit qui s’affole un peu vite et pour les créatifs de la bande, je tiens à préciser que je n’ai pas frappé une vieille dame (qui aurait sans doute eu moins d’argent encore que moi dans son portefeuille), ni fait la manche. J’ai utilisé, avec une certaine appréhension quant à une issue fatale pour ma carte de débit, ma carte Maestro. Je ne sais pas combien on va me décompter comme commission, mais ce ne sera peut être pas pire qu’avec Visa ; et de toute façon je suis maintenant tranquille pour quelques semaines, le temps que ma maman m’apporte ma nouvelle carte.
Jeudi 10 décembre 2009
Je vous ai déjà sans doute expliqué le système de chauffage dans les appartements d’un certain âge (dont le mien bien entendu, je tiens à vivre une expérience « authentique », mais je tiens à refaire une petite mise au point ici. Fort de leurs réserves énergetiques, les autorités russes ne se privent pas pour chauffer un maximum les habitations, ce qui doit sans doute faire en partie plaisir à la population, vu le rude hiver qu’elle doit subir. On part donc ici d’une intention fort louable, le seul problème étant que dans la plupart des habitations, il est impossible de régler le chauffage. Jour et nuit, il règne donc un atmosphère des Caraibes dans chaque foyer. Sans parler bien entendu de l’énorme gaspillage d’énergie que cela entraîne, les gens étant obligé d’ouvrir la fenêtre pour obtenir une température normale. Il faut s’imaginer que lorsque je rentre dans la salle de bain, j’ai l’impression d’être à Aqualibi. La nuit, je pense qu’on peut facilement dormir nu (ce que je ne fais pas) sans avoir froid, vu la température qui règne dans la pièce. Raison pour laquelle, j’ai mal dormi, et, en ce matin du 10 décembre, le génitif pluriel me semblait un peu abstrait.
Grâce à ma maman, j’ai également réussi à résoudre mon problème de carte, non sans avoir intérieurement râlé sur ces idiots de banquiers. Car évidemment, ils ont toujours une histoire absurde à vous raconter pour se dédouaner de toutes fautes. Cette fois-ci, ils m’ont dit que ma carte avait été invalidée (date d’expiration en 2012, on se demande à quoi ça sert) il y a de cela plusieurs mois, qu’entretemps ils avaient commandé une nouvelle, qui avait également expiré vu que je n’avais pas été la réceptionner. Et dire que j’avais été plusieurs fois à la banque avant de partir, pour vérifier si tout était en ordre. On se demande parfois à quoi servent les banquiers… (Xav, Fred, je sais, M. De Keuleneer ne serait pas fier de moi ;-)
Vendredi 11 décembre 2009
J’ai droit à un ultime rebondissement dans l’affaire de ma carte visa. Je reçois un mail de la banque disant que le document que j’ai envoyé est trop petit. N’ont-ils jamais entendu parler de la fonction zoom pour agrandir une photo ou un scan ? Après avoir envoyé un mail dans lequel je leur suggérais d’utiliser cette fonction magique, le problème est finalement résolu.
Aujourd’hui, Ludmila a reçu les résultats de son examen. Elle a brillement réussi toutes les épreuves. Une petite fête s’impose donc, j’imagine ce soir ou demain.

lundi 7 décembre 2009

fin de la deuxième semaine

En cette fin de seconde semaine, le temps se rafraichit, on approche maintenant de la barre du zéro degré. Mon opération “dévalisons Decathlon” n’aura pas été inutile. Le premier vrai jour de froid pour moi aura été ce samedi 5 décembre. Etant prudent, je prends mon parapluie avec moi, vu la fréquence des averses de pluie dans le coin. Malheureusement, j’aurai dû plutôt prendre un second bonnet ou des gants… Lorsque le vent souffle de face, on a l’impression de se retrouver en t-shirt et en short au rayon frais de chez Colruyt, bref il est temps d’accumuler les couches avant de sortir (Les jeunes, sortez couvert)
Le weekend commence se vendredi avec une soirée au cirque. C’était la première fois pour moi et je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. Regarder le cirque à la TV ne me passionnait pas vraiment, mais je me suis dit qu’après tout, la télévision ne pouvait traduire et retransmettre toutes les émotions et que l’ambiance serait tout autre sous un grand châpiteau. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici d’un châpiteau à proprement parlé, mais plutôt d’une structure permanente qui abrite plusieurs fois par an les spectacles. Avant d’y entrer, je m’étais d’ailleurs toujours demandé s’il y avait un vrai cirque à l’intérieur ou s’il s’agissait plutôt d’une salle de spectacle, comme le cirque royal à Bruxelles.

Peu après 19h, le spectacle commence… Durant deux heures, nous aurons droit aux magiciens, voltigeurs, équilibristes, clowns ainsi qu’à la présence de certains animaux tels les lions, chevaux, singes, lapins… La qualité du spectacle est un peu inégale selon moi mais dans l’ensemble j’ai été assez impressionné et agréablement surpris. Plusieurs numéros ont retenus mon attention, comme celui d’un couple qui voltigeait dans les airs grâce à des cables tels des personnages de films d’action asiatiques ou ces magiciens/clowns qui dévoilaient leurs secrets au fur et à mesure que le numéro avançait. Les numéros avec les animaux m’ont en général plus laissé de marbre, mais heureusement il y avait beaucoup de diversité dans le spectacle. Le numéro final étant le plus impressionant: un groupe de voltigeurs en combi fluos (imaginez une tenue complète de la couleur de mon gilet pour vélo) virevoletant dans les airs, la salle étant plongée dans le noir, se déplacant d’un trapèze à l’autre, tombant parfois de plusieurs mètres.
Je suis donc ressorti satisfait et heureux du spectacle et j’y retournerai à l’occasion. Une seule remarque pour ceux qui seraient tentés par l’aventure: ne pas prendre des places au premier rang. Premièrement, les places sont plus chères et celà n’en vaut pas vraiment la peine et deuxièmement, les artistes demandent très régulièrement aux gens des premiers rangs de participer au numéro. Heureusement, le dompteur de lion ne l’a pas fait, mais mieux vaut ne pas tenter le diable ;-)

Samedi 5 décembre 2009

Ce jour est placé sous le signe de la balade. Un peu plus tard dans la journée, je réaliserai qu’il est également synonyme de froid. Avec Ludmila et son amie, nous partons en direction de Nevsky Prospect et à l’extremité d’un des canaux qui la croisent, l’église au nom à rallonge (Saint-sauveur sur le sang versé), typique de l’architecture des églises orthodoxes, qui ressemblent à un gâteau à la crème ou une illustration de conte pour enfants. Pourtant, sa construction reste liée à un évènement tragique : l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, évènement qui marqua profondément le règne de ses deux successeurs. J’avais déjà visité cette église et selon moi les prix demandés étaient fort élevés par rapport à ce que l’on peut y voir. Nous avons cependant essayé d’y entrer, en tant qu’étudiant. Malheureusement, après quelques minutes de discussions, nous nous entendons répondre que l’on nous appliquera le tarif étudiant étranger, ce qui rend le prix par minute passé dans l’église fort cher. Nous décidons donc de continuer notre chemin vers le champ de Mars, énorme plaine à la mémoire

En son centre, une flamme brûle pour commémorer le souvenir de tous les petersbourgeois morts durant les guerres et révolutions. Détail intéressant : par temps de grand froid, de nombreuses personnes viennent s’y réchauffer pour quelques minutes avant de continuer leurs routes, ce que nous avons fait bien évidemment.
Nous traversons ensuite un des ponts (le plus long) enjambant la Neva pour nous retrouver devant la forteresse Pierre et Paul (Petropavlovskaia Krepost). A l’origine construit pour repousser les attaques des envahisseurs, principalement suédois (dans les années 1700, nos amis suédois étaient plus intéressés par le design des canons que celui des étagères Billy de chez Ikea), elle fut entre autre reconvertie en prison. La basilique en son centre accueille la dépouille de nombreux tsars et membres de la famille impériale. Actuellement, on peut visiter de nombreux bâtiments comme la prison, la basilique, un très intéressant musée de la ville de Petersburg, faire une balade le long des fortifications… Comme le temps ne se prêtait pas vraiment à la balade, nous avons décidé de visiter le musée de la ville. Si au départ on nous présente dans un style assez classique avec maquette à l’appui la vie des premiers habitants de la région, la visite devient beaucoup plus intéressante par la suite, chaque salle abordant un thème bien précis de la vie des habitants au 19ème siècle, lors de l’essor de la cité… Ainsi on nous parle des différents marchés, de l’évolution des transports publics, l’arrivée du capitalisme et des banquiers, de l’évolution des conditions de vie dans la cité, des logements… Si vous ne devez choisir qu’une activité « payante » dans la forteresse, je vous conseille donc celle-ci.

Surprise pour nous à la caisse, étant considéré comme étudiants russes (c’est pas trop tôt, avec tous les efforts qu’on fait pour essayer de parler) l’entrée est gratuite.
Fait amusant, sur l’île, se trouve un musée des cosmonautes. Je ne sais pas très bien ce que l’on y trouve, n’ayant pas eu le temps de le visiter, mais je n’hésiterais pas à y retourner pour vous dire si l’on y trouve des sabres lasers, des martiens dans du formol ou autres étrangetés de l’espace (peut être des photos de Sarkozy sur la lune ;-))

Après nous être restauré dans la cantine de l’île, nous continuons notre parcours vers le croiseur Aurora. En soi, il n’a rien d’extraordinaire, mais il est étroitement lié à l’histoire de la ville et de la Russie. On l’associe souvent à la révolution de 1917, quoique selon certains, il n’y participa pas vraiment. Fait étonnant, il semblerait qu’il soit toujours répertorié comme faisant partie de la flotte de la Baltique. Pour la petite histoire, et pour montrer le caractère parfois décadant de certains « nouveaux riches », le croiseur fut loué pour une journée au mois de mai. Vous pouvez aisément vous imaginer les fêtes et autres délires qui s’y déroulèrent, le champagne coulant à flot. Et c’est d’ailleurs ce même champagne qui mit fin à la fête. Ayant décidé de se servir du canon et de remplacer les obus par le champagne, les fêtards virent arriver la police qui apparement mit fin aux festivités.

Samedi soir, je découvre également une particularité quant à la vente de boissons dans la ville. Apparement, il est interdit de vendre de l’alcool (>25°) dans les supermarchés après 23h. Bien entendu j’imagine que la plupart des gens se rabattent sur la bière ou font leurs provisions avant. Tout le monde, sauf les pauvres touristes et nouveaux arrivants bien entendu, qui ne sont pas au courant de la mesure. C’est étonnant de comparer cette mesure avec le laxisme qui règne dans d’autres pays européens comme la Belgique, où n’importe qui peut acheter n’importe quoi à toutes heures de la journée (bien entendu, pas dans les supermarchés, vu que ceux-ci ferment à 20h, contrairement à la Russie, où ils sont ouverts toute la nuit)

jeudi 3 décembre 2009

début de la deuxième semaine


Lundi 30 novembre 2009
Ma seconde semaine de cours débute et comme je le pensais je suis seul en classe. L’enseignement sera donc plus personalisé, mais également plus intensif. Durant deux heures, je lis, j’écoute, je réponds aux questions, je dialogue… Tout en réalisant que plus on progresse, plus les choses se compliquent. La langue russe est assez logique dans sa structure je pense, ce qui rend l’exercice intellectuel fort intéressant mais également fort prenant. Pour ceux qui ont étudié l’allemand ou le latin, on y retrouve la structure des cas, les prépositions, la logique au niveau des conjugaisons. Bien entendu quand j’étudiais le latin, celà ne serait venu à l’esprit de personne de dialoguer dans cette langue. C’est évidemment tout le contraire avec le russe. J’imagine que le cerveau au bout d’un certain temps doit s’habituer à cette structure de langue, mais pour l’instant, mon cerveau peine encore un peu à démarrer.
Comme un petit exemple vaut mieux qu’un long discours, voici ce que peux donner la phrase “Chaque jour, je vais à l’école en métro”
Difficulté 1: je vais… il y a 4 verbes différents (à ma connaissance, il y en a sûrement plus) pour dire aller, selon que l’on aille à pied ou en utilisant un autre moyen de transport, selon que ce soit une habitude ou pas.
Difficulté 2: à l’école: il faut choisir la bonne préposition ensuite il faut utiliser le bon cas pour école
Difficulté 3: en métro: idem, il faut choisir la bonne préposition (qui n’est pas la même que précédement) et utiliser le bon cas pour métro (qui n’est évidemment pas le même non plus)
Vous pouvez donc imaginer la gymnastique mentale que celà suppose. Je ne pense pas être déjà prêt à déclamer des phrases à la Proust, ce qui est heureux, vu que je n’ai jamais réussi à dépasser la première page, ni la première phrase de son roman le plus célèbre.
Je reçois également ce lundi ma carte d’étudiant russe, sésame qui me permettra de me perdre à nombreuses reprises dans les musées de la ville, la carte rendant le prix de l’entrée pour ceux-ci dérisoire. Par exemple, l’entrée de l’Ermitage est gratuite, l’entrée du musée russe est à moins d’un euro… Au moins, j’aurai une bonne occupation pour remplir de manière intelligente mes WE pluvieux.
Durant ce début de semaine, je revisite également un pan de l’histoire du cinéma d’action américain, en regardant Terminator et Terminator 3 en russe. C’est toujours aussi déroutant de deviner le doublage derrière les voix des acteurs en anglais, mais je suis en progression constante. Depuis que l’on m’a appris comment dire “I’ll be back” en russe, ma compréhension n’en est que fortement améliorée. Il faudrait que je demande comment on dit “Come with me if u want to live” et autre “Hasta la vista baby” en russe. Ca pourrait toujours être utile.
Je ne sais pas exactement en quelle année exactement le premier Terminator a été tourné (1984 je pense) mais après avoir revu le film, je m’oppose formellement au retour du style eighties dans la mode et dans les salons de coiffure. Ils avaient bien l’air tarte à cette époque là, avec leurs permanentes, leurs habits de sports criards… Le sommet étant atteint dans le film par le passage dans le club “Technoir”. Je vous conseille de revoir le passage, seulement pour réaliser à quel point on a échappé au pire...
Je me moque, mais quand on voit les habits et les coupes de cheveux des acteurs dans les premiers épisodes de la série Friends, on se dit que les années 90, ce n’était pas beaucoup mieux.
Après cette petite chronique cinéma, passons à une question plus fondamentale: la planification des leçons de russe et la question des visas.
En fin de semaine, on se demande toujours si on sera seul au cours la semaine suivante, combien d’étudiants arriveront. Il faut savoir que même les responsables de l’école ne peuvent pas réellement le prévoir. En effet, de nombreuses personnes font une demande pour venir apprendre le russe, reçoivent dès lors une invitation à venir en Russie et l’utilisent pour obtenir un visa. Une fois le visa en poche, ils ne se présentent jamais à l’école et s’évanouissent dans les steppes russes…
Mercredi 2 décembre 2009
Special big up à mon pote Xav et à son super employeur qui permet à ses collaborateurs de téléphoner en Russie depuis le bureau. ;-) C’était très sympa d’avoir des nouvelles de Monaco. Au départ, je pensais avoir accès à internet plus facilement, raison pour laquelle j’avais installé Skype sur mon pc et que j’avais apporté mon casque avec microphone. J’ai malheureusement dû déchanter assez rapidement… Contrairement à la Belgique, ici, la plupart des réseaux WIFI sont protégés. En conséquence, je n’ai accès à internet qu’à l’école. Mais si une bonne âme de pirate me dit comment pirater un réseau wifi… :-D
Jeudi 3 décembre 2009
En allant m’approvisionner ce matin au magasin, je tombe nez à nez face à une dérive du merchandising triomphant au rayon boulangerie. En effet, dans ce supermarché, on vend du pain estampillé “Zenit” du nom du club de foot local, vainqueur il y a quelques années d’une coupe d’Europe. J’imagine déjà en Belgique du pain ou de la bière “Anderlecht” ou “Standard Champion” avec une campagne marketing au slogan accrocheur: “Nourris-toi comme un champion”. 

C'est sans doute une idée à creuser en Belgique, quoique nous ayons déjà commencé  en renommant le championnat de football "Jupiler League".Malheureusement cette excellente idée de merchandising ne pourra pas s'appliquer à tous les secteurs de la vie économique, je vois mal en effet un distributeur de voitures de sport appliquer la même tactique et proclamer  "Roulez comme un champion". Je pense que peu de fervents supporters pourront se le permettre.
Je me rappelle de l'interview d'un célèbre patron belge, sans doute un peu pingre, qui racontait que durant 30 ans il avait mangé ses tartines à la confiture à midi. Moi ca fait une semaine que je mange mes tartines au fromage chaque jour et j'en ai déjà marre. Dorénavant, je vais donc varier les menus. On m'avait demandé avant de partir ce qui me manquerait ici au niveau de la nourriture. Je peux déjà répondre "la cuisine thai, les sandwichs poulet curry ou thon mayonaise et les Kellogg's le matin au petit-déjeuner"


Je suis un peu masochiste je pense, ou à tout le moins trop motivé par mon apprentissage. Aujourd’hui, j’ai demandé du travail supplémentaire à mon professeur. Elle va peut être croire que je m’ennuie ici, ou que je n’ai pas de vie sociale. Ce n’est pas tout à fait inexact mais je pense que mon but principal ici est d’apprendre le plus possible et j’ai conscience que cela ne se fera pas sans quelques efforts. De toute façon, si un jour d’autres étudiants rejoignent mon groupe, je ne pense pas qu’ils seront aussi motivés que moi et enclin à travailler après les cours, ce qui limitera de fait le nombre de devoirs :-)

lundi 30 novembre 2009

Mon premier weekend


Vendredi 27 novembre 2009

Dernier jour de ma première semaine de cours. J’ai de la chance, c’est le dernier jour de cours pour l’étudiante française qui était en classe avec moi. Elle reçoit son joli diplôme et pour fêter ça, Stanislas a apporté un excellent gâteau. Cela permet de discuter avec tout le monde présent dans l’école (j’imagine qu’en été, on fait ce genre de fête une plus grande pièce, car vendredi, il n’y avait que 3 étudiants dans l’école), un peu en russe, beaucoup plus en anglais…

Je me fais la réflexion que pour réellement rentabiliser son investissement, en tant que débutant, il faut passer plusieurs mois ici. Quand on y pense, cela prend beaucoup de temps d’apprendre l’alphabet, la lecture, l’écriture… Toutes des choses que l’on peut faire à moindre frais en Belgique. Le mieux je pense avant d’arriver ici est d’avoir une connaissance de base passive, afin de dépenser le moins de temps possible à l’apprentissage de l’alphabet, de la lecture… et pouvoir consacrer tout son temps à la conversation, jeux de rôles, exercices pratiques, apprentissage de nouveaux vocabulaires via l’immersion totale…

Après les cours, je passe chez le photographe (je n’ai pas vu de photomaton ici) pour me faire tirer le portrait, photo de carte d’étudiant oblige. C’était très comique car cela a bien duré cinq minutes avant que l’employée puisse prendre la photo. Je sais qu’en général les photographes sont minutieux, mais là ça dépassait encore une fois l’imaginable… J’ai tourné 15 fois ma tête de 10mm pour que la photo soit parfaite, toujours un peu trop à gauche ou à droite. Je ne sais pas s’il y a des standards strictes ici pour les photos d’identité, en tout cas ça ne rigolait pas chez le photographe. Maintenant que c’est fait, j’ai assez de photos pour introduire moult demandes administratives; satisfaire à tous mes fans… :-D

La soirée se passe avec la découverte du DVD collector “Angelina Jolie”, sur le même format que celui de Tom Cruise. Ici aussi, de nombreux films sont proposés, de Lara Croft jusqu’à Mr and Ms Smith, en passant par Bone Collector et Beowulf. Encore une fois, si la qualité de l’image est correcte, le son laisse à désirer, il faut se concentrer sur les voix russes et ignorer la version originale en anglais.

Samedi 28 novembre 2009

Étant devenu à nouveau étudiant, le weekend redevient le moment où études, loisirs, repos, fêtes s’entrecroisent. C’est le moment où je peux encore plus dormir que d’habitude et où à l’appartement, c’est pension complète, 3 repas par jour. Et sur ce point je dois dire que plus les jours avancent, plus les choses s’améliorent. Si au départ, j’avais été quelque peu effrayé par le régime de marathonien que l’on nous imposait (pâtes les deux premiers jours), le régime alimentaire proposé par la suite à fortement varié… J’ai même eu droit deux jours de suite à des crêpes aux pommes en dessert.

Ce samedi sera d’abord consacré à la culture, avec la visite du musée russe. On peut y découvrir tous les aspects de la peinture russe, en débutant avec des œuvres aux motifs religieux pour terminer par l’époque soviétique et la peinture que je pourrais qualifier de propagandiste. Au fil des nombreuses salles d’exposition, on passe par des galeries de portraits à des œuvres plus novatrices et récentes, parfois grandiloquentes, parfois plus intimes mais toujours très intéressantes en tout cas. Toutes les figures de l’histoire russe sont présentes, des tsars aux simples paysans, des cosaques aux malheureux conscrits, des foules en liesse aux représentants de la Douma.

En sortant, le temps ne nous a réservé aucune surprise… Il pleut, ce qui ne m’empêche pas de passer prendre mes photos d’identité ainsi que de passer également dans une vidéothèque (DVD/Musique/MP3). Là encore, pour vous familiariser avec la situation en Russie, une explication s’impose. Je dirais qu’il y a trois types de vendeurs dans ce genre de magasin:

a) Ceux qui vendent des produits 100% légaux
b) Ceux qui sont dans une zone grise
c) Les pirates

Je dois avouer que je n’ai pas encore eu le temps de chercher des magasins de type (a) et d’ailleurs je me demande s’ils existent vraiment, peut être dans la grande gallerie commerçante Gostiny Dvor. Par contre le premier vidéothèque dans lequel je suis rentré était de type b. A côté des DVD légaux, il y avait une étagère entière de DVD copiés de grands réalisateurs (Allen, Kaurismaki, Kurosawa…) tous en russe bien entendu et l’image du boîter en N/B. Les DVD étant proposés pour la somme modique de 150 roubles (3 euros). Comme je savais qu’il existait des boîtiers collectors beaucoup moins chers, je me suis donc dirigé vers un autre type de magasin, ceux du type c.

Attention, il ne faut pas croire qu’ils se trouvent dans une arrière-cour. Le plus étonnant, c’est qu’ils occupent des espaces ouverts à tous, que rien ne distinguent des autres. Par contre, en regardant de plus près les DVD on se rend compte que pour proposer des box collector “Nicolas Cage” “Vin Diesel” “Alain Delon” ou “Bruce Willis” pour 130 roubles, avec à chaque fois 10 films ou plus, ils sont passés directement par la case “Pirate Bay” ou “Mininova” sans passer par celle d’Universal, Sony ou autre… Je décide donc d’acheter un box “Bruce Willis”, avec les 4 Die Hard ainsi que qq autres films d’actions. Ca fera du bien à mon russe si je comprends qqch aux dialogues, et celà occupera le temps également durant les longues soirées d’hiver.

Au niveau des cours, j’ai un joli devoir à rendre pour lundi, intitulé “décrire et dessiner son appartement”. J’ai donc fait un joli plan de celui-ci que j’ai annoté en russe et j’ai également écrit une brève description des lieux. Vous pouvez d’ailleurs voir l’image que j’ai prise et que j’ai placé sur mon blog.


Mon appartement


Lettre à ma maman ;-)


description de mon appartement en russe

vendredi 27 novembre 2009

la première semaine

Mardi 24 novembre 2009

Le cours se déroule très bien, et étrangement, mon cerveau n’implose pas suite à l’afflux d’informations nouvelles que j’essaye de digérer. Il s’habitue à nouveau à son statut d’étudiant, emmagasine l’information, analyse… Pour l’instant, je ne suis qu’au début de l’apprentissage et les règles de grammaire me semblent suivrent une certaine logique. En préparant mes phrases, je commence petit à petit à m’exprimer, à décrire certaines situations.
Le matin, je passe devant un bâtiment officiel où se pressent de nombreux étrangers, principalement venus d’anciennes républiques soviétiques, en quête d’un visa ou d’une naturalisation. Celà m’inspire comme reflexion que peu importe le pays où l’on est, celui-ci est toujours considéré comme un paradis à atteindre par d’autres, plus malchanceux que nous. En ce sens, la Belgique et les pays occidentaux ne sont que le dernier maillon d’une chaîne d’espoir, qui se compose à chaque étape de pays mieux lotis que les précédents.
Dans l’après-midi, Ludmila et moi sommes partis à la recherche d’un navire de guerre français, amaré dans le port de St-Petersbourg. Malheureusement, il était tellement bien caché que nous ne l’avons pas trouvé. Pour la petite histoire, il faut savoir que la France a décidé de vendre ce navire à la Russie, ce qui a évidemment dû faire extrêmement plaisir aux Etats-Unis ainsi qu’à la Géorgie, au vu de la situation politique dans ce pays. Malgré tous les beaux discours sur la paix dans le monde, le désarmement et autres, il semble que les considérations économiques l’emporteront toujours sur le reste.
Le soir, je regarde mon premier film doublé en russe. Je dois avouer que c’est une expérience assez marquante. Je ne sais pas si c’est par manque d’argent ou pour une autre raison obscure, mais il faut dire que le doublage est particulièrement mal fait, ce qui ne participe pas à une bonne compréhension bien entendu. Il faut vous imaginer que le doublage se fait au-dessus des voix originales, sans néanmoins que celles-ci soient entièrement supprimées. Celà donne donc un mélange de russe et d’anglais, bref on fait tout pour brouiller l’attention du spectateur.
Pour commencer avec un film à ma portée, j’avais choisi Top Gun. D’une part, car ce film m’a fait rêvé toute mon enfance (je voulais devenir pilote de chasse) et d’autre part car l’intrigue peut se résumer sur un ticket de métro. Ce fut très drôle finalement, j’ai écouté les voix en russe tout en devinant de temps en temps la voix anglaise, j’ai reconnu quelques mots en russe, et je me suis amusé à l’idée de savoir que même le surnom des pilotes avaient été modifié. Ainsi, Tom Cruise ne s’appelle plus “Maverick” et Val Kilmer a perdu son surnom d’ “Iceman”
Je poursuiverai la découverte de la filmographie de Tom Cruise petit à petit (il y a dix films sur le double-DVD), en continuant avec les films les plus simples à comprendre (ceux où il y a le moins de dialogues et dont je connais l’histoire). Et lorsque j’en aurai fini avec Tom, je passerai à une autre collection de films. J’ai remarqué que Valentina avait acheté un box avec 10 DVD d’Angelina Jolie. 

Mercredi 25 novembre 2009

Je comprends l’intérêt de recevoir un ou deux kilos de prospectus chaque semaine dans sa boîte aux lettres. Dorénavant, je ne les considererai plus comme du gaspillage mais comme du matériel didactique. Ma professeur de russe, Katya, s’en sert pour nous faire réviser les adjectifs, les couleurs ainsi que le nom des vêtements. J’imagine également que lorsque la tonne de papier imprimé arrive, elle propose à ses enfants un jeu de découpage créatif pour alimenter sa farde de documentation.
Heureusement que l’on a inventé le podcast. Celà me permet de garder un lien avec la Belgique en écoutant mes émissions préférées. Pour l’instant, mes deux podcasts favoris sont “5 heures cinéma” avec Hugues Dayez, qui m’offre une bonne tranche de rire et d’infos pertinentes sur les sorties cinéma (que je ne n’aurai sans doute pas l’occasion de voir ici, à moins de les downloader à l’école) ainsi que “Gamekult”, une émission hebdomadaire sur l’actualité du jeux vidéos, animés par une sympathique bande de geeks dont le chef n’est autre que le docteur Chocapic.

Jeudi 26 novembre 2009

Comme devoir, je dois écrire une lettre en russe. J’ai donc décidé d’écrire à ma maman. Je doute qu’elle puisse un jour comprendre cette missive sans mon aide, mais comme on dit, c’est l’intention qui compte. C’est encourageant de savoir que l’on peut commencer à s’exprimer dans une autre langue après quelques leçons. Ce n’est pas encore de la grande littérature, mais la majorité des gens n’écrivent pas autre chose sur leurs cartes postales. Après correction, je pourrais la scanner et la mettre sur mon blog 
J’ai également acheté une place pour le cirque. Le spectacle se déroulera la semaine prochaine. Je n’ai jamais été au cirque. Une grande première donc, avec l’avantage qu’en général, ça ne parle pas trop, je ne risque donc pas de rater grand chose en ne parlant pas russe.

mardi 24 novembre 2009

Premiers jours en Russie


Dimanche 22 novembre 2009

Après de nombreuses semaines d’attente, me voici enfin prêt pour commencer cette grande aventure. Il est 6h du matin et c’est encore passablement endormi que j’arrive à l’aéroport accompagné de ma mère et de ma soeur. J’ai rassemblé le plus de vêtements chauds possible dans ma valise, le reste, à savoir les livres et le chocolat se trouvant dans mon bagage de cabine. Premier léger imprévu en arrivant à l’enregistrement, on m’annonce que mon bagage de cabine est trop lourd… Il est vrai qu’il pesait 13kg, ce qui avec mon laptop a pu paraître suspect aux yeux du personnel chargé de l’enregistrement… C’est donc avec une certaine tristesse que je me débarasse du chocolat (2kg) ainsi que de qq livres que je place dans les poches de ma veste… J’arrive ainsi à enlever 3kg, ce qui semble satisfaire le contrôleur.
Bien entendu, j’ai repris une partie du chocolat une fois l’enregistrement passé (je ne suis pas belge pour rien)
Par la suite, tout s’est déroulé sans accrocs, du transfert à Varsovie en passant par la douane russe. C’est donc en milieu d’après-midi comme prévu que je suis arrivé à St-Petersburg. Après avoir rapidement passé la douane, je me suis retrouvé dans le hall des arrivées, où m’attendait le chauffeur de l’école. J’ai pu directement mettre en pratique mes quelques notions de russe et je pense qu’il était ravi d’avoir affaire à quelqu’un qui le comprenait. Je dois avouer, et j’en parlerai encore plus tard, que j’ai été surpris de voir la confiance qu’il avait dans mes notions de russe. Durant tout le trajet, il m’a parlé comme si j’étais déjà familier avec la langue, ce qui, il faut l’avouer n’était pas encore vraiment le cas, mais qui a eu l’avantage de me plonger directement dans le bain.
Durant le trajet, j’ai à nouveau pu éprouver les sensations de la conduite à la russe et c’est parfois un peu déconcertant. Pour vous imaginer, il vous suffit d’acheter une console de jeux et de vous immerger dans Need for Speed ou un autre jeu de course urbain… La seule règle que les automobilistes suivent est l’arrêt au feu… Pour le reste, on navigue d’une bande à l’autre, en fonction des obstacles (principalement les autres voitures, mais les piétons sont également des obstacles je pense)
L’appartement de ma famille d’accueil est situé dans le centre-ville à 10 minutes à pied du centre commercial Gostiny Dvor et de Nevsky prospect. De famille d’accueil, on devrait plutôt parler de mère d’accueil, vu que Valentina habite seule dans son appartement 3 pièces. Lorsqu’elle a réalisé que je comprenais un peu le russe, elle n’a plus arrêté, comme mon chauffeur, de me parler dans sa langue maternelle. C’est très utile bien entendu pour l’immersion totale et un apprentissage plus rapide de la langue. Néanmoins, je dois avouer que je ne comprends pas toujours ce qu’elle me demande, mais avec les gestes et un peu de bonne volonté, je m’en sors très bien. Une agréable surprise est le fait que je ne suis pas le seul étudiant dans l’appartement. En effet, une étudiante slovaque, Ludmila, y habite également depuis un mois.
Ma chambre… Elle est assez grande, mais un peu kitsch, avec pas mal de bibelots, de cadres. Je ferai une photo et la posterai sur le blog. L’avantage est que j’ai la chambre avec la grande télévision ainsi que le lecteur DVD, ce qui n’est pas négligeable pour passer le temps.
Car parlons-en du temps. Bien entendu, ce ne sont que les premiers jours, mais après avoir observé la météo de ces dernieres semaines, il me semble que la ville n’est pas épargnée par la pluie … Ce matin, en me réveillant vers 9h, j’ai cru qu’il faisait encore nuit. En fait, une épaisse couche nuageuse recouvre la ville, à mon avis du 1er novembre jusque… je vous dirai celà dans quelques mois… J
Le temps, c’est également celui qui passe entre deux leçons de russe… Ayant seulement 4 heures de cours par jour, celà laisse pas mal d’occasion pour se balader, visiter… ou regarder des dvd en russe pour s’immerger dans la langue.
La formule que j’ai choisie (un peu comme chez Neckerman finalement, mais sans le soleil et les plages d’Hurgada) est celle de la demi-pension… sauf qu’ici, ce n’est pas un buffet, mais des plats préparés par Valentina. J’imagine qu’il faut laisser un petit temps de rodage pour qu’elle connaisse les goûts de chacun, mais dans l’ensemble, ça va. J Il faudrait que je me renseigne pour savoir comment on dit “céréales Honey Pops” en russe, cela pourrait être utile dans les mois à venir. J
Je suis toujours agréablement surpris comment la connaissance, même élémentaire d’une langue peut vous ouvrir des portes, surtout ici, où peu de gens pratiquent une autre langue que le russe. Les serveurs dans les restaurants vous parlent différement, s’ouvre parfois à vous. J’étais dans un bar avec Ludmila pour prendre ma première Baltika 7 et nous avons été reçu de manière charmante et pleine d’attention. C’est étrange de se dire que quelques mois après avoir arpenté la ville en tant que touriste, un nouveau visage s’ouvre à moi en tant qu’étudiant. Bien entendu, pour le moment, mon vocabulaire est encore assez limité, mais je me surprends à comprendre des bouts de conversation, à saisir le sens d’une phrase.
Après le verre, retour à l’appartement pour tester une autre spécialité locale: la pièce surchauffée. Est-ce parce que la Russie est un géant énergetique ou est-ce une survivance du système soviétique, en tout cas, on ne badine pas sur le chauffage en Russie. En clair, cela signifie que même si la température frôle le zéro degré, à l’intérieur, tout le monde est en t-shirt (comme je vous le disais précedemment, Hurgada sans la plage de sable) Un autre fait étrange est que le chauffage ne se règle pas, en clair, si vous voulez de l’air frais, ouvrez la fenêtre. Ce n’est pas vraiment le top pour dormir, mais j’imagine qu’à la longue on s’y adapte.
Lundi 23 novembre 2009
Première journée de cours à l’école de langue Extra-Class. Un peu comme la rentrée des classes, c’est l’effervescence pour cette journée particulière: le début d’une longue série de cours de russe. Et autant le dire tout de suite, c’est plutôt intensif. Une des raisons est que nous sommes en hiver, et que peu de gens viennent étudier à cette période. Je me retrouve donc en classe avec une autre étudiante, professeur de ski à Courchevel (on voit les lieux de vacances des nouveaux riches ;-) Tout cela commence donc sur les chapeaux de roue, je n’ai pas vraiment le temps de réfléchir ou de profiter du temps de parole de mes petits camarades pour me reposer.
Les quatres heures de cours filent donc assez rapidement, avec un aperçu de comment se présenter et faire connaissance avec qqn, un peu de grammaire, des jeux de rôle. A ce rythme là, je ne sais pas où celà va mener dans cinq mois, mais c’est très prometteur. Si qqn voulait donc tenter l’expérience, je ne serais que lui conseiller de venir pendant la période automne-hiver, même si le temps est pourri, cela comporte de nombreux avantages.
Je me retrouve également avec mes premiers devoirs, et là aussi, pas moyen d’y échapper, je ne sais pas vraiment sur qui je pourrais copier avant que la prof ne vérifie les copies ;-)
Après le cours, un détour chez Mama Roma pour un buffet à volonté et chez MTC, un des nombreux opérateurs de téléphonie mobile pour m’acheter une carte SIM russe. Encore une fois, je dois remercier Ludmila, qui est déjà passée par toutes ces formalités et qui m’a été d’une aide très précieuse pour obtenir la carte. Petite anedocte: on m’avait déjà parlé de l’attrait des russes pour les cachets et autres documents administratifs (vous vous en rendrez vite compte si vous demandez un visa) mais ici ça dépasse de loin ce que j’avais déjà expérimenté. Pour obtenir une carte prépayée, vous avez besoin de votre passeport, vous signez 8 documents différents (je sais qu’il faut toujours lire avant signer, mais avant de comprendre ça m’aurait pris 3 mois au moins) et l’opérateur doit remplir tout un dossier… Mais bon, en fin de compte, je l’ai eu mon numéro de téléphone russe.

lundi 16 novembre 2009

Le visa et les derniers préparatifs

Vendredi 13 novembre... Jour de chance pour certains, jour où d'autres restent cloîtrés chez eux, de peur de rencontrer un chat noir sous une échelle... Pour moi, ce fut un jour de chance... Certes je n'ai pas gagné au Lotto (je n'avais pas joué non plus, ce qui explique ma relative malchance à ce jeu), mais j'ai reçu le document tant attendu depuis des semaines: l'invitation de l'école de langue, sésame indispensable pour introduire une demande de visa.

Armé de ce précieux document, je me suis donc rendu à l'agence RTA, qui m'a déjà de nombreuses fois aidé pour partir en Russie. Après un rapide aller-retour jusque chez moi pour prendre le passeport que j'avais oublié et après m'être acquitté de toutes les formalités administratives, j'ai pu repartir le cœur léger; mon visa serait là pour vendredi prochain, le 20 novembre. J'essayerai donc ce jour-là d'éviter les oeufs, la farine et la bière du cortège de la St-V et  j'éviterai également de foncer avec mon vélo dans un char ou un student trop bourré... :-D

Ma date de départ sera donc le dimanche 22 novembre, à 7h50 précise.

Il me reste donc moins d'une semaine pour penser aux derniers préparatifs, derniers achats, les visites et verres entre amis.... Dans une semaine, je serais parti vers d'autres latitudes et un sentiment d'excitation et de peur se mêle à mes pensées quotidiennes. Excitation et hâte d'être là-bas, de vivre une autre aventure, de m'immerger dans la culture russe... Un peu d'anxiété également, face au défi, aux nouvelles habitudes à prendre...

Depuis peu, je sais également où je serai logé. Il s'agit d'une chambre, chez l'habitant (dans ce cas-ci l'habitante, Valentina) dans un appartement situé en plein centre ville, à 5-10 minutes à pied de la station de métro Nevski Prospect. Bien entendu, je ne peux encore rien dire du lieu en lui-même, mais la situation de cette chambre est idéale, à 5 minutes à pied de l'école de langue mais également des principales curiosités de la ville. Je dois avouer que lorsque je me baladais dans la ville, je rêvais de pouvoir y vivre quelques mois, flâner dans les rues, lire dans les parcs et pouvoir me fondre dans la masse, et cela deviendra bientôt une réalité quotidienne. J'en suis donc ravi.

Une autre bonne nouvelle est que je ne passerai pas les fêtes de noël seul. En effet, toute ma famille viendra me rendre visite durant cette semaine-là. Cela sera également une belle aventure pour eux et j'imagine que revoir des proches me sera également bénéfique. Je souris d'avance à l'idée de voir Hugo et Arthur, tels deux petits lutins emmitouflés dans leurs vêtements chauds, partir à la découverte des belles avenues de St-Petersbourg.

Pour me préparer, chaque jour j'étudie mon vocabulaire et j'essaye d'écrire quelques phrases. Les mots et verbes les plus importants bien entendu... pour bien commencer les cours et également me faire comprendre de ma famille d'accueil. Tout ces mots russes dans ma tête ne font que me renvoyer à mes souvenirs de la ville et augmentent mon impatience à déjà y être... Dès la semaine prochaine, ce sera pour moi un test grandeur nature, à chaque nouvelle conversation... :-)

mercredi 11 novembre 2009

Les différents choix

Quand l'appel de la Russie se fait plus pressent en vous, quand l'envie de parler la langue de Pouchkine devient une réalité quotidienne, se pose évidement la question de savoir qui pourra satisfaire votre soif de connaissance.

Un rapide coup d'œil sur internet pourrait vous laisser sans voix ,le choix étant relativement vaste.  Je donnerai ici quelques conseils et pistes pour bien choisir votre lieu d'enseignement. A noter qu'une visite sur le site du centre culturel russe de votre pays ou une discussion avec votre professeur de langue peuvent également être d'excellentes sources d'inspiration.

Dans tous les cas, veillez à ce que l'école ait les accréditations nécessaires, il serait dommage qu'après tant d'efforts, votre diplôme n'ait aucune valeur légale.

Votre décision sera donc prise en fonction des trois critères suivants:

- localisation
- prix
- établissement privé ou publique

a) Au niveau de la localisation, tout dépendra de vos envies et de votre  goût pour l'aventure, les possibilités étant assez variées. De la capitale Moscou aux vastes étendues de la Sibérie, de Saint Petersbourg aux plaines du Kazakhstan, le choix est vaste. Bien entendu, il faudra ici tenir compte des différentes facilités que peut offrir telle ou telle ville, de l'éloignement par rapport à votre foyer ou de vos goûts personnels.
b) Le prix de votre séjour sera fonction du type d'établissement choisi, de la durée de celui-ci (un rabais pouvant être accordé après 3 ou 4 semaines de séjour) et également du type de logement (famille d'accueil, appartements, hôtels...)
c) Vous pouvez décider de vous inscrire dans une université ou dans une école privée. Les deux organisent un enseignement pour les non-russes et déclinent celui-ci selon différentes formules: stages d'été, séjours courts  ou longs à la carte ou enseignement d'un semestre ou d'une année (plutôt dans le cadre d'une université). A noter qu'en Russie même, un diplôme d'une grande université aura une plus grande valeur subjective que celui d'une école privée.

N'étant pas un adepte des températures polaires, et partant en hiver, j'ai rapidement éliminé la Sibérie de ma liste de choix  potentiels. Me restait Moscou et Saint Petersbourg, toutes deux avec l'option publique ou privée. L'université de Moscou, celle de St Petersbourg, mais également deux écoles privées à St Petersbourg  (Liden &Denz  et Extra Class) avaient retenus mon attention.

N'étant pas un grand amateur de Moscou et étant plutôt attiré par les sirènes du nord de la capitale culturelle russe, il ne me restait plus qu'une ville en lice. Le choix pour une école privée s'est fait pour des critères de flexibilité ainsi que pour leur expérience avec de nombreux expatriés de sociétés multinationales ou organisations supranationales (Croix-rouge, ONU...).

J'ai finalement jeté mon dévolu sur Extra Class pour des raisons pratiques (l'école n'est pas fermée durant les fêtes de fin d'année) mais je pense que les deux écoles proposent une excellente formation. C'est dès lors pour moi plus le feeling avec les responsables des écoles ou des questions pratiques qui orienteront votre choix, la qualité intrinsèque de ces deux écoles étant je pense les mêmes.

Dans tous les cas, il est important de garder à l'esprit que votre séjour sera une occasion de vous familiariser ou d'approfondir vos connaissances mais surtout une véritable aventure humaine, la découverte d'une nouvelle culture. Il faut donc que vous vous sentiez à l'aise dans la ville où vous séjournerez, en phase avec la méthode d'enseignement proposé , heureux et épanoui avec les différents acteurs de cette aventure.

jeudi 5 novembre 2009

L'attente

Comme expliqué dans mon dernier post, partir étudier en Russie demande une certaine patience. Obtenir le statut d'étudiant sur son visa nécessite une procédure particulière, différente de celle appliquée pour un visa touristique.


Je me suis toujours demandé ce qu'on contrôlait réellement avant d'accorder un visa. Heureusement pour moi, je ne travaille pas actuellement, je ne suis donc pas un potentiel espion, avide de connaître les secrets de fabrication des nouvelles Lada... ;-) De plus, vu mes nombreux voyages là-bas, j'imagine que certains employés du ministère des visas (je ne sais pas dans quelle administration l'on traite les demandes) doivent commencer à me connaître, peut être m'ont-ils déja donné un surnom charmant, un diminutif, chose courante dans la langue russe. La grande majorité des prénoms en russe possédant un diminutif, peut être en ais-je déjà reçu un, tel "Venushya le Belge" ou qqch dans le genre.
Ou peut être tout simplement, comme le disait si justement une amie russe, "si l'administration ennuie les honnêtes gens, c'est parce qu'elle n'a pas le pouvoir d'ennuyer les bandits et autres crapules"


Tout ça pour dire que j'attends mon invitation pour entrer en Russie. J'espère en tout cas que la grande fête liée à cette "invitation" sera grandiose et digne des meilleures aventures.


A ce propos, au fur et à mesure que la date fatidique approche, de nombreuses questions me viennent à l'esprit par rapport à la vie là-bas, ma famille d'accueil, le rythme des cours... 


Je ne mets pas encore de visage sur ma famille d'accueil, n'ayant encore eu aucun renseignement par rapport à eux. La seule chose que je sais, est que j'aurai ma propre chambre et que je serais logé en demi-pension. Pour le reste, appartement communautaire ou maison d'oligarque, le destin en décidera.


Pour le reste, je me prépare à un hiver rude, très froid à l'extérieur et tropical à l'intérieur. J'ai donc dévalisé le Decathlon la semaine dernière pour acheter des vêtements chauds et je suis en train de compléter ma panoplie avec chaussures, écharpes et shapka (que j'acheterai là-bas...) 


Le ridicule ne tue pas, le froid, oui :-))


Cela peut paraître étrange de partir en plein hiver, étudier une langue belle mais ardue... Mais les évènements qui jalonent notre vie arrive parfois de manière imprévue et d'autre part, je suis certain que me retrouver là-bas dans une saison peu propice au tourisme me permettra de mieux ressentir et découvrir l'âme de la ville.

Les démarches à entreprendre

Partir en Russie demande que l'on remplisse quelques formalités administratives au préalable.
Le principal est donc de s'y prendre à temps. Il ne sert à rien de courir, comme dans la fable de la fontaine, l'administration russe ne se transformera pas en lièvre du jour au lendemain.


Tout voyage en Russie demande que l'on se procure un visa avant de pouvoir entrer sur le territoire. Celui-ci sera de type "tourisme" ou "étudiant" en fonction de la durée de son séjour.
Si vous partez quelques semaines, un visa touristique suffira, ce qui prendra de quelques jours à quelques semaines en fonction de l'urgence et donc de la somme que vous êtes prêts à donner pour le précieux sésame. Par contre, si vous décidez de partir plusieurs mots, il faudra passer par la case "visa étudiant", et là, l'attente est plus longue, de l'ordre de 4 semaines pour recevoir une "invitation" de l'école. Grâce à ce document, vous pouvez remplir les formalités au consulat pour obtenir un visa, ou demander qu'on le fasse à votre place via une agence de voyage, ce qui sera mon cas.


D'autre part, il faudra penser à un logement sur place. En règle générale, tout est lié. Dans mon cas, l'école s'occupe du logement en famille d'accueil et s'occupe également de la partie administrative en Russie. La plupart du temps, l'école ou l'université vous proposera un logement (kot, famille d'accueil, studio...) en fonction de vos desiderata.


Le dernier point à régler, que l'on vous demandera lors de la demande de visa est l'assurance médicale. Je ne serais que conseiller à tous les voyageurs avides d'aventure de souscrire un contrat annuel d'assistance, qui sera valable dans de nombreuses situations, y compris celle-ci.
Une fois les documents obtenus, il ne vous reste plus qu'à réserver votre billet d'avion et vous préparer pour l'aventure.


lundi 12 octobre 2009

Présentation en russe

Меня зовут Винсент. Я живу в бельгии. Моя квартира находится на северо-западе города. Вверх по улице находится церковь и школа. Я люблю читать газеты и романы. Я очень люблю русские романы. Я прочитал "Евгения Онегина", "Анну Каренину", "Мастера и Маргариту", "Идиота". Мой любимый роман - "Мастер и Маргарита". Я также люблю фотографировать природу, красивые города и здания. Я редко фотографирую женщин и мужчин.

La décision

Cette semaine, j'ai pris la décision de partir étudier en Russie. Ce ne fut pas une décision facile à prendre, on trouve toujours de bonnes raisons pour ne pas sauter vers l'inconnu, mais j'ai surmonté mes craintes. Bien entendu, lorsqu'on s'éloigne de sa zone de confort, de la route tracée par la vie, par la nécessité ou l'habitude, on éprouve toujours des craintes au départ.
Cependant, j'ai l'impression de me trouver à la croisée de deux chemins; d'avoir le choix entre deux routes. Soit je continue à prendre l'autoroute, chemin facile, voie toute tracée, en suivant le cycle de vie boulot-métro-loisirs, en continuant ma vie de co-propriétaire, contrôleur de gestion... Ou alors, je prends les plus petites routes... Pas évident au départ de trouver son chemin, surtout sans un bon GPS, mais finalement c'est parfois en passant par les petits villages, les étapes éloignées des chemins de pensée traditionnelle que l'on découvre les plus beaux trésors.

Et puis pour les amis, une petite visite à Saint-Pétersbourg avec un bon guide, ça change de l'ordinaire aussi. Surtout que l'hiver russe donne d'excellentes occasions de se retrouver dans un bon café pour discuter des dernières nouvelles, de ralentir le rythme.

Bien entendu, en plus de l'étude du russe et de la découverte de la culture russe, je compte bien montrer à tous que cette magnifique ville n'est pas qu'une belle vitrine de la Russie mais également un endroit où l'on bouge, fait la fête et s'amuse (même par -10°C)