lundi 21 décembre 2009

Un peu plus froid


Samedi 12 décembre 2009
Troisième weekend à St-Petersburg et je n’ai pas encore été me perdre dans le dédale des nombreuses salles de l’Ermitage. Je répare donc cet oubli impardonable en ce samedi matin. Comme mentionné précédement, ma carte d’étudiant m’accorde un tarif préférentiel dans la plupart des musées, et ici en l’occurrence, la gratuité. C’est avec un grand plaisir que j’irai donc me perdre ici à de nombreuses reprises.
Pourquoi se perdre me direz-vous ? Parce qu’avec plus de 300 salles, une collection de plusieurs millions de pièces, dont un certain nombre ne sont malheureusement pas visible, un sens de visite pas toujours évident à suivre, et surtout si la curiosité fait partie de vos « défauts », vous passerez sans aucun doute de nombreuses heures dans ce palais.
C’est d’ailleurs assez étonnant, mais il me semble que dû aux expositions temporaires qui se tiennent actuellement dans plusieurs salles du palais, mon itinéraire en a été profondément modifié et je me suis retrouvé dans des salles que je n’avais pas pu admirer lors de mes précédentes visites. Pour l’instant, il y a notamment une exposition d’art moderne britannique. Qui dit moderne dit souvent obscur et incompréhensible pour moi. Quant au terme britannique, ça me rappele autant les fish and chips de Liverpool que les tenues vestimentaires de la reine d’angleterre. En résumé, c’était un peu tout ça à la fois… Comme la reine d’angleterre, on se gratte les méninges durant une année pour trouver un discours se rapportant au tableau et comme les fish & chips, c’est parfois un peu surchargé et lourd. Les deux trucs qui ont captés mon attention sont une vieille dame en cire sans doute emprunté chez Madame Tussaud couchée, suspendue entre deux chaises (signification ?) et une série de toiles illustrant la violence où l’artiste avait inscrusté dans des décors modernes des combattants des croisades et de l’Antiquité.
Passé cette salle, j’ai pu découvrir une expo sur les intérieurs des demeures au 19ème et début 20ème siècle en Russie, de nombreux tableaux, une expo sur l’art japonais avec tableaux et armures de samurais (avec une fricadelle et une petite frite ;-)) un peu d’art hindou et j’ai fini le tout avec la visite de quelques salles consacrés aux impressionistes.
La prochaine fois, j’essayerai de me préparer à la visite et de prendre note du numéro des salles qui m’intéresse.
A la sortie du musée, une reflexion me vient à l’esprit quant au métier ingrat qu’exercent les figurants en costume devant les lieux touristiques de la ville. Il faut les imaginer, portant par tous les temps un costume 18ème faisant les 100 pas devant les monuments, à la recherche de touristes en recherce de photos exotiques. En les voyant, je me suis demandé combien il avait de couches de vêtements sous leurs costumes pour résister à l’hiver russe ? Vous allez me dire que ce n’est peut être pas pire que de devoir enfiler le costume du kangourou de walibi en plein été sous la canicule, ou celui de Mickey ou de la fée clochette en plein hiver, mais tout de même… J’avais un peu froid pour eux, mais je n’ai pas poussé l’empathie jusqu’à me faire prendre en photos avec eux, je ne suis tout de même pas un touriste :-)
Le soir, comme prévu, nous avons fêté la réussite de Ludmila avec tous les étudiants de l’école ;-) Nous nous sommes donc retrouvés à deux dans un pub anglais pour faire typique. C’est marrant car à un moment donné, on a cru que nos voisins de la table d’à côté se faisaient la malle sans payer… ils ont soudainement disparus, suivi quelques secondes plus tard des serveurs qui courraient après eux :-) Je n’ai pas très bien compris la manœuvre, car 5 minutes plus tard, une des personnes est revenue payer… C’était une belle soirée où nous avons comme à notre habitude pu laisser libre cours à notre imagination, et principalement par rapport à Valentina, notre logeuse. Mais ne vous en faites pas, je consacrerai un chapitre spécifique à chacun des personnages importants de mon récit.
Dimanche, je suis à nouveau reparti à la recherche de mes sujets animés et inanimés, de mes prépositions, de mes verbes de mouvements, ceux qui décident de partir dans une direction seulement et ceux qui tentent l’aller-retour, mes deux chiens, qui ne se comportent pas comme mes six perroquets, ceux qui courent dans le parc et ceux qui tentent seulement de l’atteindre. Bref après quelques heures de ce régime vitaminé, je me suis retrouvé inanimé dans mon fauteuil, à écouter quelques podcats en attendant l’heure du repas :-)
Lundi 14 décembre 2009
En arrivant à l’école, Katya, mon professeur, me promet une surprise. Un peu curieux, j’attends, ils ont peut être finalement pensé à St-Nicolas. La surprise était tout être, mais c’était pas mal tout de même : un nouvel étudiant dans mon groupe. Vous imaginez la surprise, on a d’un coup doublé l’effectif de l’équipe :-) Au départ, je n’ai pas vraiment compris les raisons qui avaient poussé mon nouveau collègue à étudier le russe. Imaginez, il vient de Trinidad et Tobago ! Je connaissais cette île en raison de ses athlètes, mais pas encore pour ces étudiants en langue russe. La raison de sa présence est en fait toute simple. Il est marié avec une letonne et il veut parler russe avec elle. Comme quoi, l’adage populaire qui affirme que la meilleure façon d’apprendre une langue, c’est sous l’oreiller semble se confirmer en partie… Parce que l’oreiller ne vous enseigne pas encore à ma connaissance le génitif pluriel ainsi que l’accusatif animé et inanimé ;-)
L’autre surprise de cette matinée est la brusque chute des températures. La veille en me balladant j’avais déjà remarqué qu’il faisait un peu plus frais, ce qui m’avait été confirmé par les informations données à la télévision (si vous regardez la TV locale, en l’occurrence pour moi « Canal 5 Saint Petersbourg » en bas à droite de l’image s’affiche la température actuelle dans la ville). Néanmoins ça fait tout de même un choc de passer de zéro à -10°C en une journée, surtout que la température reste évidemment la même à l’intérieur, à savoir au alentour de 25°C. Il a également commencé à neiger durant le WE mais pas assez pour causer de vraies pagailles sur les routes (contrairement à Moscou où la neige avait causé la semaine dernière plusieurs centaines de kilomètres de bouchons).
Je ne pense pas vous avoir déjà parlé de la télévision en Russie, je vais donc profiter de l’épisode de notre sitcom « Moscou sous la neige » pour vous en toucher un mot. Comme un peut partout, soit vous avez une antenne et vous recevez les programmes de base, soit vous payez pour recevoir les programmes du cable, avec une offre ressemblant à celle de la TV digitale en Belgique. Moi, j’ai droit à l’option n°1, ce qui signifie 6 ou 7 chaines suivant la puissance de votre antenne. Ce bouquet hertzien comprend une chaîne sport, une pour la culture, une chaîne musicale style MTV ainsi que d’autres chaînes plus généralistes. Mais qu’est-ce qu’il y a à voir me direz vous ? En résumé, de nombreux programmes d’information où vous pouvez suivre les aventures de Poutine et Medvedev (propagande ? Légèrement, mais ce n’est pas pire qu’à la TV thailandaise), quelques infos du monde, quelques drames… C’est ici que je vais me faire censurer, mais en sachant que la tv est le principal média en terme d’accessibilité et de couverture de la population, et en observant la propagande quotidienne via la couverture par les médias des principales activités du président ainsi que de son premier ministre, ça explique en partie les scores électoraux et la popularité de ceux-ci. Lorsque je comprendrais un peu mieux le russe, je vous écrirai un article par rapport à cette problématique.
Pour illustrer le manque de sérieux de certains reportages, je vais vous parler de la couverture d’un des évènements de la semaine dernière, à savoir les importantes chutes de neige sur Moscou. Comme dans tous les pays, dès que la neige ou tout autre phénomène météorologique cause des problèmes de circulation, on envoie un reporter sur place pour montrer ce que la plupart des gens peuvent voir en ouvrant leur fenêtre, à savoir que la neige a créé une belle pagaille (ceux qui sont coincés dans les embouteillages ont la chance de vivre ça en direct à la radio). S’en suit alors l’interview de météorologues, de policiers chargés du trafic, d’automobilistes coincés dans le traffic… Particularité du journal que je regardais, on a également interviewé une voyante. Je ne sais pas exactement ce qu’elle a vu dans les cartes du tarot et dans sa boule de cristal, mais j’espère que ça a pu en aider quelqu’un (les fameuses personnes qui se retrouvent dans l’expression « pour ceux qui y croient » des horoscopes)
Lundi soir, je participe à mon premier cours de langue de l’autre côté de la barrière. J’ai en effet été invité par certaines personnes à l’école à venir apporter mon aide pour le cours d’anglais. Dans mon école, en plus des cours de russe le matin (en groupe) et l’après-midi (en cours particulier), il y a également plusieurs fois par semaine des cours d’anglais qui se donnent le soir, à l’intention des russes. Dans le premier groupe, un jeu de rôle à été organisé. Il s’agit ici de débutants et le but du jeu est de les faire prendre position sur des thèmes précis, afin qu’ils apprenent à argumenter et formuler en des termes simples un avis dans une autre langue que la leur. C’est la première fois que je participe à ce genre de groupe de conversation et j’essaye de leur prodiguer des conseils tant au niveau de la grammaire que de la manière d’appréhender l’exercice. Malgré cela, ils ont l’air plutôt intimidé par ma présence, ce qui est sans doute dû au fait que c’est une des première fois qu’ils parlent en anglais à un étranger. J’en profite également pour de temps à autre exercer mon russe, échange de bons procédés oblige.
Pour la seconde partie du cours, je me rends dans l’autre groupe, celui des étudiants ayant un niveau avancé. Comme pour le premier groupe, on fait d’abord les présentations, je réponds à divers questions, dont la classique « Pourquoi étudies-tu le russe ? » et je profites d’une petite pause dans le groupe pour faire connaissance avec les étudiants. Il s’agit ici d’étudiants qui désirent passer leur TOEFL et l’ambiance est un peu moins détendue que dans le premier groupe. C’est sans aucun doute dû à la manière d’enseigner du professeur. J’avoue que je n’ai jamais étudié la pédagogie, mais je suis resté quelque peu estomaqué par la manière dont le cours était donné. C’était une ambiance et une approche totalement différente que lors de mes propres cours de russe. Ici les étudiants n’ont pas vraiment droit à des encouragements, ou alors c’est vraiment sous-entendu, l’ambiance est stricte et on fait tout pour montrer à l’étudiant qu’il a encore d’énormes progrès à réaliser. La nouvelle pédagogie n’a donc pas encore réussi à entrer dans les mœurs en ce qui concerne l’apprentissage aux étudiants russes et c’est assez dommage je pense. Bien entendu, je n’ai émis aucun commentaire durant le cours, par respect pour le professeur et le bon déroulement de la leçon, néanmoins c’est exactement le genre de pédagogie qui a rendu des millions d’étudiants apeurés et bloqués à l’idée de parler la langue de l’autre. Je veux bien accepter que la grammaire est importante, qu’il y a des règles à suivre, mais ici comme partout ailleurs, le principal problème des étudiants en langues est la peur de l’échec qui le glace lorsqu’il s’agit de s’exprimer et de communiquer face aux autres. Et la technique consistant à le presser comme un citron et l’accabler de tous les maux lorsqu’il se trompe est improductif selon moi. En souvenir de son accent « so british », de ses manières un peu désuettes, j’appelerai donc cette enseignante « British Bitch » :-)
Apparement, j’ai dû leur plaire, vu que je suis invité à retourner lundi prochain :-)
Mercredi 16 décembre 2009
C’est une journée un peu particulière aujourd’hui car c’est le dernier jour de Ludmila à l’école. Après deux mois de cours ici, elle va retourner en Slovaquie pour les fêtes de fin d’année, puis commencer son nouveau travail en Italie. Ca me rend un peu triste car on s’amusait bien ensemble, on avait le même genre d’humour et elle m’a beaucoup aidé pour m’y retrouver dans toutes les formalités administratives et les habitudes de la vie quotidienne (poste, carte SIM, photos d’identité) en Russie. Et comment m’en serais-je sorti sans ses précieuses traductions et interventions en russe quand Valentina m’assaillait de questions ? ;-)
Pour marquer le coup, elle a été chercher quelques bières slovaques au supermarché ainsi que quelques paquets de chips, afin d’organiser un apéro digne de ce nom à l’école. Nous avons eu droit à la traditionnelle remise de diplôme, au petit discours… Comme il était midi et que je devais encore assister à la seconde partie de mons cours, j’ai dû boire une partie de ma bière en classe… Je sais, ça fait super sérieux, mais l’ambiance est plutôt familiale en classe :-D
J’imagine que vous vous rappelez tous le film « L’auberge espagnole ». A la fin du film, ils se retrouvent tous dans un bar pour fêter le départ de Xavier. Et bien, on a fait la même chose pour Ludmila ;-) A part que, vu le sous-effectif étudiant en hiver, on était seulement trois : Ludmila, Anna, la secrétaire de l’école et moi. Ce fut l’occasion de raconter à Anna une partie de nos aventures avec Valentina, de partir encore sur quelques délires et de finir ainsi sur une bonne note ce mois de cohabitation avec Ludmila. Ce fut également l’occasion de découvrir un nouveau bar qui se trouve pas loin de chez moi et qui selon Anna est plein à craquer le weekend. Ce fut enfin l’occasion d’en apprendre un peu plus sur les familles qui hébergent les étudiants, savoir qu’elles étaient les meilleures, les plus recherchées… C’est toujours bien de glaner un peu « d’insider information » ;-)

vendredi 11 décembre 2009

Troisième semaine de cours


Lundi 7 décembre 2009
En arrivant à l’école ce lundi matin, je dois bien constater que je suis à nouveau seul en classe. Les cours de russe n’ont pas vraiment la cote en hiver. A part Ludmila et moi, aucun autre étudiant n’est venu braver le froid en cette fin de nuit à St-Petersbourg. J’écris « fin de nuit » mais il ne faut pas se tromper : en décembre, le soleil pointe timidement son nez vers 9H45 et 6 ou 7 heures plus tard, il nous dit déjà « au revoir » (ou « poka » en version originale). Ce sera donc à nouveau une semaine de cours particulier, donc plus intensif mais avec moins d’heures de cours.
Je vous avais déjà parlé des subtilités de la langue russe dans un précédent message. En ce début de troisième semaine, les difficultés grammaticales se dressent sur mon parcours de nouveau locuteur. J’apprends donc que la langue russe fait la différence entre objets animés (pour simplifier, les êtres vivants) et inanimés. Mais rassurez-vous, cela ne concerne que les noms de genre masculins. En clair, vous n’utiliserez pas un accusatif pour dire « je rencontre un ami », mais un génitif singulier. Je commençais à peine à utiliser des accusatifs dans mes phrases… Durant toute cette semaine (et les suivantes sans doute également) je vais découvrir les joies du génitif (singulier et pluriel), qui est paraît-il le cas le plus utilisé dans la langue russe. D’une part pour exprimer ce qu’en français on traduit par « de » « le livre de Boulgakov », d’autre part il est utilisé après un grand nombre de prépositions. Sans oublier bien entendu l’accusatif animé pour le genre masculin. Bref la gymnastique mentale se complexifie chaque jour un peu plus, ce qui demande tout de même beaucoup de concentration et de participation durant les cours.
Pour changer de la routine quotidienne, j’ai décidé de chercher des tables de conversation en français et en anglais. C’est une activité utile, vu le peu de locuteurs francophones ici mais également un bon moyen de socialiser et de se créer un réseau d’amis ici à St-Petersburg. Comme mon école organise également des cours d’anglais en soirée, et comme on me l’a proposé, j’irai donc y jetter un œil lundi prochain. Mon séjour sera donc fort axé sur la linguistique J En ce qui concerne le français, je compte me renseigner à l’université, au département philologie dans un premier, avec le désavantage qu’ils auront peut être une meilleure maîtrise grammaticale que moi… J’aurais dû emporter un Grévisse dans mes bagages ;-)
Mercredi 9 décembre 2009
C’est le grand jour pour Ludmila, le jour du test de russe à l’université. Tout comme moi (en tout cas je l’espère) dans quelques mois, Ludmila a décidé de passer le test officiel sanctionnant la maîtrise de la langue. Comme en anglais (TOEFL) ou en espagnol, il s’agit d’un examen standardisé pour les étudiants étrangers évaluant les connaissances du candidat dans cette langue. Il se compose de différentes parties : grammaire, compréhension à la lecture, à l’audition ainsi qu’une épreuve orale devant un jury. Le test en poche, vous pouvez en tant que non-russe vous inscrire à l’université en Russie. C’est surtout un diplôme reconnu par tous pour valoriser vos connaissances en Russe. J’imagine que je vous en reparlerez dans quelques mois.
En fin de journée, une mauvaise surprise m’attend au distributeur de billet. En effet, après avoir introduit ma carte et introduit mon code, ma carte est tout simplement avalé par cette machine froide et sans scrupules. Après avoir attendu quelques instants pour voir si elle ne ressortait pas, j’ai dû me rendre à l’évidence, il fallait que je trouve une solution pour obtenir de l’argent.
Pour ceux qui ont l’esprit qui s’affole un peu vite et pour les créatifs de la bande, je tiens à préciser que je n’ai pas frappé une vieille dame (qui aurait sans doute eu moins d’argent encore que moi dans son portefeuille), ni fait la manche. J’ai utilisé, avec une certaine appréhension quant à une issue fatale pour ma carte de débit, ma carte Maestro. Je ne sais pas combien on va me décompter comme commission, mais ce ne sera peut être pas pire qu’avec Visa ; et de toute façon je suis maintenant tranquille pour quelques semaines, le temps que ma maman m’apporte ma nouvelle carte.
Jeudi 10 décembre 2009
Je vous ai déjà sans doute expliqué le système de chauffage dans les appartements d’un certain âge (dont le mien bien entendu, je tiens à vivre une expérience « authentique », mais je tiens à refaire une petite mise au point ici. Fort de leurs réserves énergetiques, les autorités russes ne se privent pas pour chauffer un maximum les habitations, ce qui doit sans doute faire en partie plaisir à la population, vu le rude hiver qu’elle doit subir. On part donc ici d’une intention fort louable, le seul problème étant que dans la plupart des habitations, il est impossible de régler le chauffage. Jour et nuit, il règne donc un atmosphère des Caraibes dans chaque foyer. Sans parler bien entendu de l’énorme gaspillage d’énergie que cela entraîne, les gens étant obligé d’ouvrir la fenêtre pour obtenir une température normale. Il faut s’imaginer que lorsque je rentre dans la salle de bain, j’ai l’impression d’être à Aqualibi. La nuit, je pense qu’on peut facilement dormir nu (ce que je ne fais pas) sans avoir froid, vu la température qui règne dans la pièce. Raison pour laquelle, j’ai mal dormi, et, en ce matin du 10 décembre, le génitif pluriel me semblait un peu abstrait.
Grâce à ma maman, j’ai également réussi à résoudre mon problème de carte, non sans avoir intérieurement râlé sur ces idiots de banquiers. Car évidemment, ils ont toujours une histoire absurde à vous raconter pour se dédouaner de toutes fautes. Cette fois-ci, ils m’ont dit que ma carte avait été invalidée (date d’expiration en 2012, on se demande à quoi ça sert) il y a de cela plusieurs mois, qu’entretemps ils avaient commandé une nouvelle, qui avait également expiré vu que je n’avais pas été la réceptionner. Et dire que j’avais été plusieurs fois à la banque avant de partir, pour vérifier si tout était en ordre. On se demande parfois à quoi servent les banquiers… (Xav, Fred, je sais, M. De Keuleneer ne serait pas fier de moi ;-)
Vendredi 11 décembre 2009
J’ai droit à un ultime rebondissement dans l’affaire de ma carte visa. Je reçois un mail de la banque disant que le document que j’ai envoyé est trop petit. N’ont-ils jamais entendu parler de la fonction zoom pour agrandir une photo ou un scan ? Après avoir envoyé un mail dans lequel je leur suggérais d’utiliser cette fonction magique, le problème est finalement résolu.
Aujourd’hui, Ludmila a reçu les résultats de son examen. Elle a brillement réussi toutes les épreuves. Une petite fête s’impose donc, j’imagine ce soir ou demain.

lundi 7 décembre 2009

fin de la deuxième semaine

En cette fin de seconde semaine, le temps se rafraichit, on approche maintenant de la barre du zéro degré. Mon opération “dévalisons Decathlon” n’aura pas été inutile. Le premier vrai jour de froid pour moi aura été ce samedi 5 décembre. Etant prudent, je prends mon parapluie avec moi, vu la fréquence des averses de pluie dans le coin. Malheureusement, j’aurai dû plutôt prendre un second bonnet ou des gants… Lorsque le vent souffle de face, on a l’impression de se retrouver en t-shirt et en short au rayon frais de chez Colruyt, bref il est temps d’accumuler les couches avant de sortir (Les jeunes, sortez couvert)
Le weekend commence se vendredi avec une soirée au cirque. C’était la première fois pour moi et je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. Regarder le cirque à la TV ne me passionnait pas vraiment, mais je me suis dit qu’après tout, la télévision ne pouvait traduire et retransmettre toutes les émotions et que l’ambiance serait tout autre sous un grand châpiteau. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici d’un châpiteau à proprement parlé, mais plutôt d’une structure permanente qui abrite plusieurs fois par an les spectacles. Avant d’y entrer, je m’étais d’ailleurs toujours demandé s’il y avait un vrai cirque à l’intérieur ou s’il s’agissait plutôt d’une salle de spectacle, comme le cirque royal à Bruxelles.

Peu après 19h, le spectacle commence… Durant deux heures, nous aurons droit aux magiciens, voltigeurs, équilibristes, clowns ainsi qu’à la présence de certains animaux tels les lions, chevaux, singes, lapins… La qualité du spectacle est un peu inégale selon moi mais dans l’ensemble j’ai été assez impressionné et agréablement surpris. Plusieurs numéros ont retenus mon attention, comme celui d’un couple qui voltigeait dans les airs grâce à des cables tels des personnages de films d’action asiatiques ou ces magiciens/clowns qui dévoilaient leurs secrets au fur et à mesure que le numéro avançait. Les numéros avec les animaux m’ont en général plus laissé de marbre, mais heureusement il y avait beaucoup de diversité dans le spectacle. Le numéro final étant le plus impressionant: un groupe de voltigeurs en combi fluos (imaginez une tenue complète de la couleur de mon gilet pour vélo) virevoletant dans les airs, la salle étant plongée dans le noir, se déplacant d’un trapèze à l’autre, tombant parfois de plusieurs mètres.
Je suis donc ressorti satisfait et heureux du spectacle et j’y retournerai à l’occasion. Une seule remarque pour ceux qui seraient tentés par l’aventure: ne pas prendre des places au premier rang. Premièrement, les places sont plus chères et celà n’en vaut pas vraiment la peine et deuxièmement, les artistes demandent très régulièrement aux gens des premiers rangs de participer au numéro. Heureusement, le dompteur de lion ne l’a pas fait, mais mieux vaut ne pas tenter le diable ;-)

Samedi 5 décembre 2009

Ce jour est placé sous le signe de la balade. Un peu plus tard dans la journée, je réaliserai qu’il est également synonyme de froid. Avec Ludmila et son amie, nous partons en direction de Nevsky Prospect et à l’extremité d’un des canaux qui la croisent, l’église au nom à rallonge (Saint-sauveur sur le sang versé), typique de l’architecture des églises orthodoxes, qui ressemblent à un gâteau à la crème ou une illustration de conte pour enfants. Pourtant, sa construction reste liée à un évènement tragique : l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, évènement qui marqua profondément le règne de ses deux successeurs. J’avais déjà visité cette église et selon moi les prix demandés étaient fort élevés par rapport à ce que l’on peut y voir. Nous avons cependant essayé d’y entrer, en tant qu’étudiant. Malheureusement, après quelques minutes de discussions, nous nous entendons répondre que l’on nous appliquera le tarif étudiant étranger, ce qui rend le prix par minute passé dans l’église fort cher. Nous décidons donc de continuer notre chemin vers le champ de Mars, énorme plaine à la mémoire

En son centre, une flamme brûle pour commémorer le souvenir de tous les petersbourgeois morts durant les guerres et révolutions. Détail intéressant : par temps de grand froid, de nombreuses personnes viennent s’y réchauffer pour quelques minutes avant de continuer leurs routes, ce que nous avons fait bien évidemment.
Nous traversons ensuite un des ponts (le plus long) enjambant la Neva pour nous retrouver devant la forteresse Pierre et Paul (Petropavlovskaia Krepost). A l’origine construit pour repousser les attaques des envahisseurs, principalement suédois (dans les années 1700, nos amis suédois étaient plus intéressés par le design des canons que celui des étagères Billy de chez Ikea), elle fut entre autre reconvertie en prison. La basilique en son centre accueille la dépouille de nombreux tsars et membres de la famille impériale. Actuellement, on peut visiter de nombreux bâtiments comme la prison, la basilique, un très intéressant musée de la ville de Petersburg, faire une balade le long des fortifications… Comme le temps ne se prêtait pas vraiment à la balade, nous avons décidé de visiter le musée de la ville. Si au départ on nous présente dans un style assez classique avec maquette à l’appui la vie des premiers habitants de la région, la visite devient beaucoup plus intéressante par la suite, chaque salle abordant un thème bien précis de la vie des habitants au 19ème siècle, lors de l’essor de la cité… Ainsi on nous parle des différents marchés, de l’évolution des transports publics, l’arrivée du capitalisme et des banquiers, de l’évolution des conditions de vie dans la cité, des logements… Si vous ne devez choisir qu’une activité « payante » dans la forteresse, je vous conseille donc celle-ci.

Surprise pour nous à la caisse, étant considéré comme étudiants russes (c’est pas trop tôt, avec tous les efforts qu’on fait pour essayer de parler) l’entrée est gratuite.
Fait amusant, sur l’île, se trouve un musée des cosmonautes. Je ne sais pas très bien ce que l’on y trouve, n’ayant pas eu le temps de le visiter, mais je n’hésiterais pas à y retourner pour vous dire si l’on y trouve des sabres lasers, des martiens dans du formol ou autres étrangetés de l’espace (peut être des photos de Sarkozy sur la lune ;-))

Après nous être restauré dans la cantine de l’île, nous continuons notre parcours vers le croiseur Aurora. En soi, il n’a rien d’extraordinaire, mais il est étroitement lié à l’histoire de la ville et de la Russie. On l’associe souvent à la révolution de 1917, quoique selon certains, il n’y participa pas vraiment. Fait étonnant, il semblerait qu’il soit toujours répertorié comme faisant partie de la flotte de la Baltique. Pour la petite histoire, et pour montrer le caractère parfois décadant de certains « nouveaux riches », le croiseur fut loué pour une journée au mois de mai. Vous pouvez aisément vous imaginer les fêtes et autres délires qui s’y déroulèrent, le champagne coulant à flot. Et c’est d’ailleurs ce même champagne qui mit fin à la fête. Ayant décidé de se servir du canon et de remplacer les obus par le champagne, les fêtards virent arriver la police qui apparement mit fin aux festivités.

Samedi soir, je découvre également une particularité quant à la vente de boissons dans la ville. Apparement, il est interdit de vendre de l’alcool (>25°) dans les supermarchés après 23h. Bien entendu j’imagine que la plupart des gens se rabattent sur la bière ou font leurs provisions avant. Tout le monde, sauf les pauvres touristes et nouveaux arrivants bien entendu, qui ne sont pas au courant de la mesure. C’est étonnant de comparer cette mesure avec le laxisme qui règne dans d’autres pays européens comme la Belgique, où n’importe qui peut acheter n’importe quoi à toutes heures de la journée (bien entendu, pas dans les supermarchés, vu que ceux-ci ferment à 20h, contrairement à la Russie, où ils sont ouverts toute la nuit)

jeudi 3 décembre 2009

début de la deuxième semaine


Lundi 30 novembre 2009
Ma seconde semaine de cours débute et comme je le pensais je suis seul en classe. L’enseignement sera donc plus personalisé, mais également plus intensif. Durant deux heures, je lis, j’écoute, je réponds aux questions, je dialogue… Tout en réalisant que plus on progresse, plus les choses se compliquent. La langue russe est assez logique dans sa structure je pense, ce qui rend l’exercice intellectuel fort intéressant mais également fort prenant. Pour ceux qui ont étudié l’allemand ou le latin, on y retrouve la structure des cas, les prépositions, la logique au niveau des conjugaisons. Bien entendu quand j’étudiais le latin, celà ne serait venu à l’esprit de personne de dialoguer dans cette langue. C’est évidemment tout le contraire avec le russe. J’imagine que le cerveau au bout d’un certain temps doit s’habituer à cette structure de langue, mais pour l’instant, mon cerveau peine encore un peu à démarrer.
Comme un petit exemple vaut mieux qu’un long discours, voici ce que peux donner la phrase “Chaque jour, je vais à l’école en métro”
Difficulté 1: je vais… il y a 4 verbes différents (à ma connaissance, il y en a sûrement plus) pour dire aller, selon que l’on aille à pied ou en utilisant un autre moyen de transport, selon que ce soit une habitude ou pas.
Difficulté 2: à l’école: il faut choisir la bonne préposition ensuite il faut utiliser le bon cas pour école
Difficulté 3: en métro: idem, il faut choisir la bonne préposition (qui n’est pas la même que précédement) et utiliser le bon cas pour métro (qui n’est évidemment pas le même non plus)
Vous pouvez donc imaginer la gymnastique mentale que celà suppose. Je ne pense pas être déjà prêt à déclamer des phrases à la Proust, ce qui est heureux, vu que je n’ai jamais réussi à dépasser la première page, ni la première phrase de son roman le plus célèbre.
Je reçois également ce lundi ma carte d’étudiant russe, sésame qui me permettra de me perdre à nombreuses reprises dans les musées de la ville, la carte rendant le prix de l’entrée pour ceux-ci dérisoire. Par exemple, l’entrée de l’Ermitage est gratuite, l’entrée du musée russe est à moins d’un euro… Au moins, j’aurai une bonne occupation pour remplir de manière intelligente mes WE pluvieux.
Durant ce début de semaine, je revisite également un pan de l’histoire du cinéma d’action américain, en regardant Terminator et Terminator 3 en russe. C’est toujours aussi déroutant de deviner le doublage derrière les voix des acteurs en anglais, mais je suis en progression constante. Depuis que l’on m’a appris comment dire “I’ll be back” en russe, ma compréhension n’en est que fortement améliorée. Il faudrait que je demande comment on dit “Come with me if u want to live” et autre “Hasta la vista baby” en russe. Ca pourrait toujours être utile.
Je ne sais pas exactement en quelle année exactement le premier Terminator a été tourné (1984 je pense) mais après avoir revu le film, je m’oppose formellement au retour du style eighties dans la mode et dans les salons de coiffure. Ils avaient bien l’air tarte à cette époque là, avec leurs permanentes, leurs habits de sports criards… Le sommet étant atteint dans le film par le passage dans le club “Technoir”. Je vous conseille de revoir le passage, seulement pour réaliser à quel point on a échappé au pire...
Je me moque, mais quand on voit les habits et les coupes de cheveux des acteurs dans les premiers épisodes de la série Friends, on se dit que les années 90, ce n’était pas beaucoup mieux.
Après cette petite chronique cinéma, passons à une question plus fondamentale: la planification des leçons de russe et la question des visas.
En fin de semaine, on se demande toujours si on sera seul au cours la semaine suivante, combien d’étudiants arriveront. Il faut savoir que même les responsables de l’école ne peuvent pas réellement le prévoir. En effet, de nombreuses personnes font une demande pour venir apprendre le russe, reçoivent dès lors une invitation à venir en Russie et l’utilisent pour obtenir un visa. Une fois le visa en poche, ils ne se présentent jamais à l’école et s’évanouissent dans les steppes russes…
Mercredi 2 décembre 2009
Special big up à mon pote Xav et à son super employeur qui permet à ses collaborateurs de téléphoner en Russie depuis le bureau. ;-) C’était très sympa d’avoir des nouvelles de Monaco. Au départ, je pensais avoir accès à internet plus facilement, raison pour laquelle j’avais installé Skype sur mon pc et que j’avais apporté mon casque avec microphone. J’ai malheureusement dû déchanter assez rapidement… Contrairement à la Belgique, ici, la plupart des réseaux WIFI sont protégés. En conséquence, je n’ai accès à internet qu’à l’école. Mais si une bonne âme de pirate me dit comment pirater un réseau wifi… :-D
Jeudi 3 décembre 2009
En allant m’approvisionner ce matin au magasin, je tombe nez à nez face à une dérive du merchandising triomphant au rayon boulangerie. En effet, dans ce supermarché, on vend du pain estampillé “Zenit” du nom du club de foot local, vainqueur il y a quelques années d’une coupe d’Europe. J’imagine déjà en Belgique du pain ou de la bière “Anderlecht” ou “Standard Champion” avec une campagne marketing au slogan accrocheur: “Nourris-toi comme un champion”. 

C'est sans doute une idée à creuser en Belgique, quoique nous ayons déjà commencé  en renommant le championnat de football "Jupiler League".Malheureusement cette excellente idée de merchandising ne pourra pas s'appliquer à tous les secteurs de la vie économique, je vois mal en effet un distributeur de voitures de sport appliquer la même tactique et proclamer  "Roulez comme un champion". Je pense que peu de fervents supporters pourront se le permettre.
Je me rappelle de l'interview d'un célèbre patron belge, sans doute un peu pingre, qui racontait que durant 30 ans il avait mangé ses tartines à la confiture à midi. Moi ca fait une semaine que je mange mes tartines au fromage chaque jour et j'en ai déjà marre. Dorénavant, je vais donc varier les menus. On m'avait demandé avant de partir ce qui me manquerait ici au niveau de la nourriture. Je peux déjà répondre "la cuisine thai, les sandwichs poulet curry ou thon mayonaise et les Kellogg's le matin au petit-déjeuner"


Je suis un peu masochiste je pense, ou à tout le moins trop motivé par mon apprentissage. Aujourd’hui, j’ai demandé du travail supplémentaire à mon professeur. Elle va peut être croire que je m’ennuie ici, ou que je n’ai pas de vie sociale. Ce n’est pas tout à fait inexact mais je pense que mon but principal ici est d’apprendre le plus possible et j’ai conscience que cela ne se fera pas sans quelques efforts. De toute façon, si un jour d’autres étudiants rejoignent mon groupe, je ne pense pas qu’ils seront aussi motivés que moi et enclin à travailler après les cours, ce qui limitera de fait le nombre de devoirs :-)