vendredi 22 janvier 2010

Première quinzaine de janvier


Vendredi 8 janvier 2010
Fin de cette semaine de cours et également fin du séjour de Katya en Russie. Demain, elle repartira à Bruxelles mais apparement ne sera pas trop dépaysée vu que j’ai appris qu’il neigeait de temps en temps en Belgique aussi. Cette semaine fut très intéressante au niveau des cours car j’ai l’impression que nous avons tous les trois bien progressé. Je pense que chaque formule de cours a ses avantages, mais au moins quand on est avec des gens motivés et curieux dans son groupe, on arrive à lancer des débats et à élargir le sujet de la leçon pour découvrir de nouveaux mots, discuter de choses dont on n’aurait pas forcément discuté si on était seul au cours. Hier par exemple, nous avons discuté durant le cours de l’importance pour nous de chaque média, de sa capacité à nous informer de manière correcte et précise, de l’avantage de l’image sur l’écrit, du média radio sur le média audiovisuel. Bien entendu, nous ne sommes pas partis dans de grands débats philosophiques, vu que nous parlions en russe et que notre connaissance actuelle de la langue ne nous le permet pas encore ; néanmoins chacun a pu exprimer son point de vue.
J’ai l’impression que certains mécanismes de la langue me sont déjà plus familier et même si je fais encore des fautes en parlant, cela me semble de moins en moins étrange, cette langue russe. ;-)
Cela devient un peu une tradition, mais nous avons à nouveau chanté en classe. Nous avons appris deux nouvelles chansons populaires russes. Si au départ, c’est plutôt notre professeur qui était motivée à chanter, petit à petit, tout le monde s’est mis à chanter, sachant que ce n’est pas très facile vu qu’il faut déjà savoir déchiffrer le texte, avant de pouvoir penser à chanter tous ensemble et de façon plus ou moins juste. Heureusement qu’il n’y avait personne pour partager cela ;-) Jusqu’à présent, j’ai appris trois chanson : la première, c’est celle du sapin de noêl, la seconde, c’est катюша et la troisième, c’est l’histoire d’une mère qui veut marier sa fille, mais malheureusement pour elle, tous les prétendants ont une tare plus ou moins importante…
C’est que l’école ne recule devant aucun sacrifice pour enseigner la culture russe à ses élèves : nous avons même à notre disposition un DVD de karaoké avec toutes les chansons populaires russes :-)
Comme à chaque départ d’étudiant(e)s nous avons droit à du chocolat ou autre sucrerie (c’est un bon jour pour la gourmandise le vendredi ;-) Katya a également apporté des fleurs pour notre professeur (les fleurs à l’institutrice, tradition typiquement soviétique selon Katya)
Samedi 9 janvier 2010                                
Comme il y a plus d’étudiants durant ces deux semaines, l’école organise donc des excursions pour découvrir les trésors de la ville et de ses environs. Ce samedi, nous partons à Tsarkoe Selo, également appelé Pushkin vu que le célèbre poète russe y étudia.
Rendez-vous est donc pris à 10h à la station de métro « Пушкинская », attenante à la gare. Bien entendu lors des excursions en groupe, il y a toujours un retardataire , ce qui nous obligea pour ne pas rater notre train à courrir dans toute la gare, acheter nos billets en catastrophe et encore courrir sur le quai pour monter dans le train. Finalement, tout se passe bien et nous partons en direction du sud de la ville. Je profite du trajet pour faire connaissance avec notre guide, qui est également professeur à l’université, le genre de personne qui en connait tellement sur son sujet qu’on aurait envie de lui poser des questions pendant des heures.
En arrivant devant le palais de Tsarkoe Selo, on reconnait immédiatement l’architecte qui a batit ce palais (comme beaucoup d’autres choses à St-Petersbourg). Il s’agit de l’œuvre de Rastrelli, également auteur du palais du palais d’hiver, abritant l’Ermitage (exterieurement, c’est identique à l’Ermitage, sauf la couleur). Notre guide nous montre également avant de rentrer dans le palais, le lycée où Pushkin a étudié, une église ainsi qu’un parc, abritant en son centre une statue du poète. Dans le marbre, sont gravés quelques vers de l’auteur, mais pour les déchiffrer, cela demande un niveau beaucoup plus élevé que le mien ;-)
Qu’en est-il du palais me demanderez-vous ?
C’est un édifice assez intéressant, car il fut habité par deux personnes différentes, aux goûts opposés, ce qui se marque fortement au niveau de la décoration intérieure. Il y a d’abord toute la partie du château où l’influence de Rastrelli se fait sentir. A l’époque, la norme dans ce domaine, c’était le château de Versailles. Chaque souverrain voulait donc que son palais soit aussi grand, fastueux, clinquant que celui de Versailles. Les premières salles restaurées du palais de Tsarkoe Selo respirent donc le luxe et l’opulence, on voulait ainsi montrer au visiteur la richesse et la puissance des tsars. Par exemple, il y avait une route qui passait par le par cet allait jusqu’à St-Petersburg, qui à l’époque était la mieux entretenue de l’empire (il fallait éblouir les invités dès le départ). Un autre détail intéressant est le nombre important de miroir dans le palais ; à l’époque on était plutôt coquet, on mettait des heures à se préparer (quoiqu’en voyant les robes que les femmes portaient, on comprend que cela ne s’enfilait pas en deux minutes). A partir du grand hall, on parcourt toute une série de pièces, salles à manger, salon… C’est assez intéressant car l’illusion optique de l’enfilade nous fait croire que ce couloir est sans fin, ce qui ajoutait évidemment au prestige et au luxe de l’endroit. Une des pièces, la plus visitée du palais s’appelle « La pièce ambrée ». C’est une salle dont les murs sont entièrement recouverts d’ambre, dont les sculptures sont dans cette matière… Bref une salle au ton orange-brun (pour ceux qui n’aurait jamais vu de l’ambre)
Bien entendu, comme de nombreuses pièces du palais, celle-ci a été rénovée et l’on n’y retrouve donc pas forcément les matériaux originaux. Durant la seconde guerre mondiale, il y eu de nombreux combats dans la région, le palais a été occupé par l’armée allemande, a subi les ravages du feu… Bref, seule une partie de ce que l’on voit (comme certains tableaux) est d’époque. En ce qui concerne la salle d’ambre, le scénario semble digne d’un roman de Dan Brown. Selon certains, l’ambre originale aurait été emporté par les allemands, selon d’autres par des russes… Il aurait été enterré quelque part, ou caché à l’étranger… Bref tous les ingrédients pour un bon thriller. Selon le « Lonely Planet », les éléments de la pièce auraient été ravagés par un incendie lorsque ceux-ci étaient à Kaliningrad, alors occupée par l’armée rouge. Mais bon, je suis certain qu’en consultant quelques livres d’histoire, vous trouverez d’autres théories. Néanmoins, il y a peu de chance qu’une chasse au trésor soit utile ; en effet, si l’ambre n’est pas conservé dans certaines conditions, il perd de toute façon toutes ses qualités originelles… La salle d’ambre a peut être tout simplement être enterré, et détruit tranquillement par l’œuvre du temps, lombrics et autres verres de terre. Mais, si cela vous amuse, vous pouvez toujours faire des recherches, et qui sait écrire un bon roman en partant des différentes théories.
Après toutes ces pièces plus luxueuses et prestigieuses les unes que les autres, retour à un style plus classique. La propriétaire ayant changé, et ces deux dames n’ayant pas vraiment le même goût (« les goûts et les couleurs, ça ne se discutent pas »), elle a décidé de changer la décoration intérieure. Il s’agit de Catherine II, qui, après avoir changé d’architecte, s’est empressé d’enlever aux pièces ce « luxe tapageur ». Pour ceux qui préfèrent les explications plus imagées, Elisabeth c’était plutôt le genre « bling-bling » à la Sarkozy, Catherine II étant plutôt du genre « premier ministre belge ou luxembourgeois, un peu plus austère, comme notre Herman Van Rompuy ». Vous pouvez d’ailleurs le voir sur mes photos, la différence est assez nette. Plus de décorations fastueuses, fini les petites anges dorés, place à la rigueur et à la simplicité. C’est le même style que l’on retrouve d’ailleurs dans un autre château de la région, celui de Pavlovsk. Je vous en parlerai d’ailleurs dans un prochain article, comptant me ballader dans le parc (qui est plutôt une forêt) sous la neige.
En parlant de parc, c’est là que nous terminons notre visite. Bien entendu, il est préférable de venir le visiter en été, pour mieux apprécier les jardins, le lac… Mais nous en avons néanmoins vu les éléments principaux. Comme je reviendrai dans quelques mois pour apprécier la beauté des jardins, je vous en reparlerai à ce moment là.
Bien entendu, le retour allait encore être mouvementé (est-ce le destin ou simplement le fait que quelqu’un fait en sorte que j’ai qqch à écrire dans ce blog ?)
Une fois arrivé à la gare, nous nous courrons vers le quai, pensant que le train vers St-Petersbourg allait entrer en gare dans les minutes à venir. Nous avons dû bien vite déchanter… Ce qui nous a permis de mettre encore une fois en pratique nos connaissances de la langue russe. Sur le panneau des horaires, on peut en effet voir l’heure d’arrivée des différents trains, mais si on fait bien attention, on se rend compte que les lettres КСВ se trouvent inscrites dans la case adjacente à notre train… Vous vous sentez directement rassuré quand vous avez appris cela, n’est ce pas ? ;-) Sachez que ces lettres signifient :  К= кроме С= субботы  В= воскресеня, ce qui veut dire, sauf samedi et dimanche (car кроме +Génitif). Le train que nous voulions prendre à cette heure ne passait donc jamais là le weekend. De plus, un autre train qui passait normalement peu de temps après avait également été annulé, période de fêtes oblige. Nous avons donc dû attendre 40 minutes, en grande partie sur le quai (pour rappel, il y avait au alentour de -14°C) car nous avions déjà passé les portiques de sécurité. Moi qui avait eu envie d’aller boire qqch de chaud avant de partir, j’aurais mieux fait de faire confiance à mon estomac, j’aurais sans doute pris le même train que les autres.
Pas grand-chose à dire du trajet du retour, à part que le train était plein à craquer et que à 3 par banquette, c’est moins drôle… Heureusement, certains wagons du train sont chauffés. Pas tous vous allez me demander ? Et bien non, à l’aller en tout cas, le dernier wagon n’était pas chauffé, sans qu’une différence de prix du billet ou de classe de voyageur ne puissent expliquer ce phénomène.
Dimanche 10 janvier 2010
J’ai de la chance, le soleil brille aujourd’hui, je décide donc de me promener et d’aller jusqu’à « Исаакиевсий собор » (cathédrale St-Isaac). En effet, pour une somme modique, on peut monter les 210 marches d’escalier qui nous mènent en haut de la cathédrale. De là, on jouit d’un agréable panorama sur toute la ville. Vous pouvez d’ailleurs apprécier la vue en regardant mes photos. C’est un endroit très intéressant car on ne voit pas seulement le centre ville avec ses églises, ses palais et ses parcs, mais également les autres quartiers de la ville, ses usines, sa circulation…
Lundi 11 janvier 2010
Katya étant repartie en Belgique, et aucun nouvel étudiant n’étant arrivé durant le weekend, nous serons donc deux dans le groupe cette semaine, Adrienne et moi. Si ça se trouve, la semaine prochaine, après son départ, je me retrouverai à nouveau seul.
Le cours se déroule bien, c’est assez intéressant de voir que petit à petit, Adrienne se souvienne de mots et d’expressions (elle a étudié durant 4 mois à Moscou il y a quelques années). Quant à moi, j’essaye par tous les moyens d’enrichir mon vocabulaire, en lisant toutes les réclames que je vois dans la rue, en regardant des films doublés en russe… A force, d’écoute et de répétitions, il y a des mots qui deviennent familier.
Encore une fois, le fait d’être plusieurs dans le groupe permet de débattre sur certains sujets, d’enrichir ses connaissances. Nous avons d’ailleurs eu une discussion très intéressante sur la vie en Israël, sur l’afflux à une certaine époque de colons venant de Russie (je me trompe peut être, mais le ministre des Affaires étrangères, Lieberman n’est pas lui-même un colon russe ?)
Jeudi 14 janvier 2010
Comme mentionné précédemment, le nombre d’étudiants à l’école est plus important durant ces deux semaines, raison pour laquelle il y a également plus d’activités « extra-scolaire ». Pour ce jeudi, deux activités sont prévues, la première est culturelle, avec la visite du musée-appartement « Dostoevsky », la seconde est plus festive, avec la célébration du « старый новый год ».
15.00 : rendez-vous est pris à l’école pour se rendre en groupe vers le musée Dostoevsky. Il faut savoir que ce n’est pas le seul musée consacré à l’auteur : il en existe 6 en Russie et un au Kazakhstan… J’imagine qu’il doit y avoir également plusieurs musées privés disseminés un peu partout dans le monde. La seconde chose à savoir est que Dostoevsky, comme de nombreux autres auteurs à l’époque n’aimait pas rester en place et a donc habité une multitude d’appartements au cours de son existence. Il s’agit ici du dernier lieu qu’il a occupé de son vivant. La visite se fera en compagnie d’un guide, qui en connait un rayon sur la vie de l’auteur. Nous avons donc appris quantité de choses intéressantes sur les habitudes et la vie de Dostoevsky. Savez-vous par exemple qu’il a passé de nombreuses années en Sibérie, après son procès (ces écrits et son opinion ne plaisaient pas à tout le monde à l’époque) ? Détail intéressant, il choisissait toujours un appartement proche d’une église. Il a rencontré sa femme grâce à son travail (statiquement les gens rencontrent leur partenaire sur le lieu de travail ;-)… En effet, devant terminer dans un délai d’un mois une de ses nouvelles (Le joueur) il fit appel à une sténographe, qui peu de temps après devint sa femme.
A propos de ses romans, je vous en ai déjà peut être parlé, mais l’action de son roman le plus célèbre, « Crimes et châtiments » (Преступление и наказание), se déroule en partie non loin de là où j’habite. Je n’ai pas encore été voir, mais paraît-il, on célèbre encore le souvenir de l’étudiant Raskolnikov (le héros du livre) en venant déposer des fleurs et des écrits dans le lieu où se déroule une des scènes du roman. Est-ce l’endroit où il vivait, où l’endroit il a tua avec une hache la vieille usurière, je ne me souviens plus. En tout cas, j’irai y faire un saut un de ces jours.
19.00 : Nous sommes de retour à l’école pour fêter « Старый Новый Год ». En français ça se traduirait par « Ancien Nouvel An ». Vous avez déjà pu remarquer que les Russes aiment s’amuser et faire la fête, mais qu’est ce qu’ils ont encore inventés vous allez me dire ? Voilà ce qu'en dit Wikipedia. Comme pour le noël orthodoxe, il s'agit d'un décalage entre calendrier julien et grégorien.





"Bien que l'Union soviétique ait officiellement adopté le calendrier grégorien en 1918, l'Église orthodoxe russe suit toujours le calendrier julien. Le Nouvel An est devenu une fête célébrée suivant les deux calendriers.
Comme dans la plupart des pays qui utilisent le calendrier grégorien, le Jour de l'an en Russie est un jour férié observé le 1er janvier. Ce jour est l'occasion de joyeux divertissements, de feux d'artifice, de gros repas. Il a la particularité de combiner des traditions laïques liées au nouvel an avec des coutumes propres à la saison de Noël orthodoxe, comme les kolyadki (chants de Noël) et l'exercice de la divination.
Le Nouvel An suivant le calendrier julien est encore observé de manière non officielle, et la tradition de célébrer l'arrivée de la nouvelle année à deux reprises est largement appréciée. Les Russes ont aussi l'occasion de célébrer deux Noëls (le 25 décembre, et le 25 décembre du calendrier julien, qui correspond au 7 janvier).
Généralement moins festif que le nouveau Nouvel An, pour beaucoup il constitue une fête familiale nostalgique qui marque, avec de grands repas, des chants et des toasts, la fin des fêtes de fin d'année."


C’est l’occasion de faire la connaissance des étudiants russes étudiant l’anglais dans l’école, de partager des gâteaux, des toasts au caviar, du champagne et du chocolat belge (on dirait que quelqu’un a fait des stocks ;-) C’était entre autre organisé par un des professeurs d’anglais de l’école (pour l’aspect un peu académique) et par notre secrétaire, Anna (pour l’aspect logistique et tout le reste). Chaque étudiant étranger a donc dû raconter comment on fêtait la noël et le nouvel an dans son pays. Pour ma part, j’ai expliqué que l’on gavait déjà les enfants de chocolat et de sucrerie dès le début décembre avec la St-Nicolas et que cela continuait durant tout le mois, spécialement si on avait eu l’idée d’avoir son anniversaire à ce moment là. ;-)
Par après vint le moment des chants. Je ne sais pas si c’est parce que c’était un cours d’anglais à la base ou si c’est car la prof est particulièrement folklorique, mais elle avait eu la bonne idée de choisir le « Last Christmas » de George Michael comme chant de noël. Au moins, c’est original vous allez me dire. Cela va sans dire que personne n’a eu la mauvaise idée de filmer ce moment de bravoure et c’est bien mieux ainsi.
Par la suite, les étudiants Russes ont encore chanté en russe cette fois-ci. Et je me suis dit que mon professeur avait dû être bien inspiré en choisissant les chants que nous avons appris en classe car c’était les mêmes. C’est promis, pour le prochain noël, je vais essayer de les apprendre. ;-)
Vous pourrez voir sur le blog la photo de groupe. Bien entendu, par respect pour la vie privée des gens, je ne mettrai pas d’autres photos sur mon blog, on sait ce qui peut arriver avec des photos de fêtes. En début de soirée, nous avions répété le nom de chacun, mais je serai bien incapable à présent de citer tout le monde… Si vous êtes néanmoins intéressés par des noms ou des numéros de téléphone, faites moi signe. ;-)





La plupart des étudiants étrangers repartaient quelques jours après, mais je pense revoir certains étudiants russes au cours d’anglais, vous entendrez donc encore parler d’autres fêtes, officielles ou inventées pour l’occasion.
Dimanche 16 janvier 2010
En cette période hivernale, les occasions de pratiquer un sport ne manquent pas… Ski, luge, patinage… C’est cette dernière option qui a été choisie par plusieurs étudiants de l’école. Nous nous retrouvons donc à la station de métro « Kristovski Ostrov » pour nous rendre dans le parc dont je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises.
Première constatation en arrivant dans le local où l’on loue le matériel et où se trouvent les vestiaires, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette brillante idée. Après avoir un peu bataillé et essayé différentes pointures, je me dirige vers la patinoire, pas très rassuré, mais en évitant de tomber et de me faire trop remarquer, ce qui est déjà ça de gagné.
Seconde constatation, le patinage ce n’est pas comme le vélo… ca peut s’oublier, surtout après 20 ans. Je me rappelle en effet en avoir fait quand j’étais en vacances en Suisse, mais c’est le seul souvenir que j’ai de l’aventure.
Chacun à leur tour, des amis sachant patiner tentent de m’expliquer le mécanisme. Au début, ce n’est pas très concluant, mais à force de faire des tours autour du sapin, ça rentre petit à petit. En tout cas, je ne suis tombé que deux fois en 3 heures. C’est assez rigolo et je pense qu’après quelques fois je devrais même pouvoir m’en sortir un peu, il faudra juste que je pense à mieux m’équiper pour la prochaine fois. Mes chaussettes étant en effet trempées après la séance,et, sans doute qu’à force de ne pas mettre mon pied convenablement, un des patins m’a fait un gros échymose (on dirait que je me suis cogné, pourtant je ne suis tombé que sur les fesses et sur mon dos). Pour le reste, c’est très sympa, ultra populaire ici en Russie et d’ailleurs quand ils ne peuvent pas patiner en extérieur faute de glace, de nombreux Russes font du rollerblade.
J’en ai d’ailleurs parlé à mon professeur, qui m’a d’ailleurs dit que des habitants de son quartier avaient lancé une pétition et allaient interpeller leur député pour que l’on aménage une patinoire dans leur quartier. En Belgique, on aménage des terrains de foot, ici, ce sont des patinoires. Pour ma part, je préfère les patinoires, c’est en général moins violent et au moins, c’est mixte.
Quelques reflexions encore par rapport au patinage… Premièrement, je regarderai à présent différement les compétitions de patinage artistique (que je ne regardais pas beaucoup avant d’ailleurs) en réalisant la difficulté et la virtuosité de ces athlètes. Deuxièmement, il faudra qu’on m’explique comment font les joueurs de hockey sur glace, pour tout faire sur la glace…  de la vitesse, de la précision, tenir en équilibre, frapper son adversaire de temps en temps…

mardi 12 janvier 2010

Une nouvelle année qui commence


Vendredi 1 janvier 2010
Que souhaiter pour cet an neuf ? Moins de choses moches et plus de moments agréables ? Pour ma part, si l’année prochaine, à la même époque, je suis capable d’écrire toutes mes bétises en russe, je serai extrêmement satisfait ;-)
En vous décrivant la fête de nouvel an, j’avais oublié que le nouvel an m’avait déjà apporté deux catastrophes supplémentaires. D’une part, le plafond s’est mis à percer, un peu comme s’il pleuvait dans ma chambre (идёт дождь comme on dirait en russe – c’est très intéressant, dans la langue russe, « идёт » induit un mouvement comme le verbe « aller » en français. « идёт дождь » signifie donc que la pluie fait un mouvement du ciel en direction de nos têtes (unidirectionnel), comme le fait la neige « снег ». Mais on peut également dire cela d’un film, d’une pièce de théâtre, toujours avec l’idée du mouvement qui déroule, c’est assez poétique je trouve, et pour des gens qui subissent autant de précipitations que les Belges, cela aide peut- être à faire passer la pilule)
Il y a eu en fait une telle accumulation de neige sur le toit qu’au bout d’un moment, l’eau est passé à l’intérieur de l’immeuble, et comme j’habite au dernier étage (bien qu’il y ait encore les combes au-dessous de moi) c’est malheureusement tombé chez moi. Heureusement, si les Russes ne sont pas les rois de l’entretien (l’immeuble appartient à la ville, il n’y a pas que chez nous que les logements sociaux sont délaissés) ce sont les rois de la débrouille. Avec plusieurs voisins, ma logeuse est montée sur le toit et a enlevé suffisament de neige pour arrêter l’écoulement.
L’autre fait d’arme de la journée s’est déroulé avec la machine à laver. Comme je ne puis utiliser la machine à laver (vous imaginez, je risque de cassez qqch ;-), c’est ma logeuse qui s’en occupe, tout en demandant au passage une contribution (un jour elle mettra un monnayeur devant les toilettes, comme le patron de Ryanair l’avait imaginé pour ses avions). Au plus j’apprends à la connaître, au plus elle me fait penser à un étudiant un kot : un peu fauchée, préparations culinaires digne d’un étudiant de première année (spaghettis ketchup/saucisse) et connaissance approximative de l’utilisation d’une machine à laver. Et encore, je pense qu’un étudiant en sait plus, sa maman lui ayant dit 1000000 de fois de ne pas mélanger les couleurs dans la machine. Je ne sais pas si c’était l’effet de la salade de la veille, ou peut-être du champagne, mais elle a tenté de laver un t-shirt rouge avec des t-shirts blancs. Quand je l’ai appris, j’ai eu envie de rééditer le début du scénario de « Crimes et châtiments » (en russe, « преступление и наказание ») : me sentant une âme de Raskolnikov, j’aurai tué la vieille usurière à coups de hache… Ca tombe bien, l’immeuble dans lequel est censé se dérouler l’action ne se trouve pas loin de chez moi ;-))
Pour échapper à la chaleur parfois oppressante de l’appartement, nous avons décidé, Katya et moi, de nous rendre à Krestovski Ostrov, dont je vous ai parlé précédemment. En ce lendemain de fête, vous pouvez vous imaginer qu’il y avait beaucoup moins de monde que le weekend précédent. Ou peut être est-ce simplement la température (-14°C) qui a découragé les éventuels promeneurs ? En tout cas, moi, je ne regrette pas d’y avoir été. La nature est vraiment superbe là-bas en hiver, tout semble s’être arrêté, le bruit semble étouffé par le froid et la neige. Comme vous avez pu le voir sur mes photos, on se croirait en forêt, il ne manque que quelques animaux  rencontrés au détour d’un chemin pour compléter ce tableau. Décor idyllique, certes mais nous ne sommes tout de même pas restés toute l’après-midi là-bas. Nous étions d’ailleurs assez heureux de trouver un snack ouvert, où nous avons pu prendre une boisson chaude tout en admirant les patineurs sur la glace.
Le soir, grand moment culturel en perspective, je regarde avec Katya un des films que l’on m’a offert pour mon anniversaire. Il s’agit de « ирония судьы », que l’on peut traduire par « l’ironie du destin » en français (je sais que les studios de cinéma engagent toujours les pires traducteurs pour traduire le titre des films, mais ici, la traduction est fidèle ;-))
Mais de quoi ça parle vous allez me demander ? L’idée générale est assez simple :
« Le film débute à Moscou, dans les années 70. Notre héros habite dans un bloc d’immeuble affreux, loin du centre-ville, telle que nos chers architectes des années 70 ont su en produire à la pelle (atomisez-moi cette décennie de M…). Nous sommes le 31 décembre et il s’apprête à passer une soirée en amoureux, bref tout va bien. Mais avant cela, il se rend, comme chaque année, au sauna avec ses amis. On découvre donc le sauna russe, où les pompes à biere sont installés à l’intérieur de l’établissement. Bien évidemment, pour améliorer l’ordinaire, et comme c’est la fête, chacun porte un toast à la vodka. Notre héros, qui n’a pas vraiment l’habitude de boire se retrouve donc « pompette ». Bien entendu, ses amis en profitent pour lui faire une blague et l’emmènent à l’aéroport, où ils le mettent dans le premier avion pour Leningrad (là on voit qu’à l’époque les contrôles étaient laxistes, essayez à présent de faire la même chose et de faire monter un passager ivre dans un avion…)
Notre héros arrive donc ivre mort à Leningrad. Ne se rendant toujours compte de rien, il prend un taxi et lui indique son adresse. Ici se trouve la première pointe d’ironie du film. A l’époque, les autorités ne faisaient pas vraiment dans l’originalité, il a fallu reconstuire énormément après la guerre, ce qui a eu comme conséquence que dans de nombreuses villes, on retrouvait les mêmes noms de rue, avec des immeubles semblables. Notre héros arrive donc devant un immeuble, et l’alcool aidant, il ne réalise toujours pas son erreur. Il monte jusqu’à ce qu’il pense être son appartement et bizarrement arrive à rentrer dans celui-ci (quand je vous disais que tout se ressemblait à l’époque ;-). L’appartement est vide et une fois rentré, il s’endort dans celui-ci. Les problèmes et quiproquos arriveront lorsque la véritable propriétaire de l’appartement rentrera chez elle.
Je n’ai pas tout compris en regardant le film, mais c’est assez rigolo, il y a pas mal de rebondissements, mais malheureusement cela se traîne un peu sur la fin (le film est en deux parties et dure plus de 3 heures). J’espère comprendre un peu plus la prochaine fois ;-)
Samedi 2 janvier 2010
Comme vous avez déjà pu le remarquer, mes samedis sont souvent culturels ;-) Pour ne pas faillir à la tradition, j’ai donc été au musée russe pour découvrir les salles que je n’avais pas eu le temps de voir la première fois. Après m’être intéressé aux icônes et à la peinture classique la première fois, je me suis attardé cette fois-ci sur la peinture de la fin du XIXe siècle et à celle du Xxe siècle. J’ai particulièrement aimé les œuvres de Vrubel (1856-1910) notamment les imposants « Epic Hero » and « Demon in flight » Par la suite, j’ai pu admirer la peinture avant-gardiste russe, notamment Malevich et Filonov. En regardant certaines peintures, je me suis demandé si leur inspiration venait de la période troublée (début du siècle dernier, guerre, révolution) ou simplement des idées étranges qui se bousculaient dans leur esprit. Heureusement pour moi, la section « soviétique » était fermée pour travaux ; je dois avouer que je ne suis pas un grand fan du réalisme soviétique en peinture ;-)
Après ces deux visites, je ne serais que vous conseiller de vous attarder au musée russe, si jamais vous venez à St-Petersbourg. Bien entendu, la collection n’est pas aussi imposante que celle de l’Ermitage mais je pense qu’on aurait tort de sous-estimer le travail des artistes russes au cours des siècles passés. Il y a énormément d’œuvres ici qui permettent de mieux appréhender l’histoire et la nature de ce pays, et qui, avec la littérature ou la musique permettent de dresser un tableau plus complet de ce que fut la Russie.
Le soir, une nouvelle étudiante arrive à l’appartement. Elle s’appelle Adrienne (oui, comme dans le film où un célèbre boxeur crie son nom ;-)) et vient de Boston. Elle parle déjà un peu le russe, ayant passé plusieurs mois à l’université de Moscou il y a quelques années. Elle se retrouvera donc dans notre groupe dès lundi. Vu le jetlag qu’elle a pris dans les dents (elle vient directement de New-York), nous n’avons pas vraiment eu l’opportunité de faire connaissance ce jour-là.
Dimanche 3 janvier 2010
Il fait toujours aussi froid. A présent, quand je pars en excursion, je mets deux écharpes et deux paires de chaussettes. Ce genre de précautions prises, on peut au moins se promener une ou deux heures sans devoir abdiquer dans un café. ;-)
Nous nous sommes balladés dans le centre ce jour-là, en s’arrêtant bien entendu dans un café pour se réchauffer.
En général, je passe une partie de mon dimanche à réviser mes cours de russe, à faire mes devoirs. Il y a énormément de choses à mémoriser, des subtilités grammaticales en passant par le nouveau vocabulaire, tout en sachant que l’écriture est plus simple que l’oral. En parlant, il me faut encore du temps pour construire mes phrases, faire attention à la construction, aux cas, connaître le vocabulaire. Mais petit à petit, je progresse :-)
Lundi 4 janvier 2010
Une fois les fêtes de fin d’année passées, les étudiants semblent revenir plus nombreux sur les bancs de l’école. Aujourd’hui, on a eu un gros arrivage, 2 américaines, deux allemands, une polonaise, une suisse, un japonais. Vous pouvez donc vous imaginez l’effervescence dans les locaux. C’est la file à la machine à café à la pause, le personnel de l’école règle les détails en ce qui concerne l’enregistrement des passeports, les cartes d’étudiants, le logement… J’en viens presque à regretter le calme des semaines précédentes.
Je me retrouve dans un groupe de 6 personnes, ce qui est beaucoup à mon goût, surtout que nous n’avons pas tous le même niveau je pense. Heureusement, le lendemain, le groupe sera scindé en deux.
Qui sont les nouveaux étudiants vous allez me demander ?
J’ai pu parler faire connaissance avec quelques-un. Les deux Allemands vivent et travaillent ici, l’un travaille dans un bureau d’architecture et l’autre est physicienne. Habitant en Russie depuis quelques années, ils parlent mieux que moi évidemment, mais ne sont pas vraiment bilingues (dans 2 mois, je parlerai mieux qu’eux ;-)) Dans le groupe nous avons également une étudiante polonaise (avec Katya, cela fait donc deux Polonaises dans le groupe) qui a commencé l’étude du russe il y a 4 ans et a un excellent niveau (cela semble plus efficace que l’apprentissage du néerlandais chez nous, il y a peut être des échanges et des transferts de savoir à organiser ;-)). Les autres personnes n’étaient pas dans mon groupe ce jour-là, je ne sais donc pas vraiment vous donner plus de renseignements à leur propos. Je sais juste que le Japonais est un artiste, qu’il a vécu en Suède et qu’il étudie le russe pour établir de meilleures relations entre artistes russophones et japonais.
Mardi 5 janvier 2010
Aujourd’hui, nous aurions dû être quatre dans notre groupe. En effet, en plus de Katya et Adrienne, l’autre étudiante américaine aurait dû également se joindre à nous.
Comment vous la décrire ? C’est le genre de personne assez irritante, trop sûr de soi, arrogante, avec un accent à couper au couteau… Papa et Maman sont riches et payent pour tout, bref elle n’a aucune idée de ce que peut être la vraie vie. Ma colocataire Adrienne l’appelle une « JAP » (Jewish American Princess), ce n’est sans doute pas très gentil mais cela la résume assez bien.
En ce mardi matin, après avoir dit à son professeur que le groupe de débutant n’était pas pour elle (remarquez qu’elle a dit ça en anglais et non en russe, ce qui ne prouve pas vraiment qu’elle a un niveau suffisant) elle est donc arrivée dans notre groupe « intermédiaire ». Et bien, figurez-vous qu’après quelques présentations, elle est retournée paniquée dans son ancien groupe, en nous disant « Non ici c’est trop dur, je m’en vais ». Au début, je n’avais pas trop compris ce qu’il lui arrivait, c’est seulement après quelques instants que j’ai réalisé qu’elle était partie avec toutes ses affaires, sans même dire « merci » ou « au revoir » ou informer Katya de quoi que ce soit.
Comme quoi, de temps en temps, la vie nous donne une petite leçon d’humilité. Quant à ma leçon d’humilité quotidienne ? Ne vous en faites pas… A chaque fois que je rentre dans un magasin ou un café et que je commence à parler, on me rappelle assez rapidement, même si c’est toujours de manière polie, que je ne parle pas encore parfaitement le russe ;-)

lundi 11 janvier 2010

с новим годом

Samedi 26 décembre 2009

Une fois mes problèmes administratifs reglés, je décide d’initier ma famille au plaisir du snack à la russe. Pour les amateurs de crèpes, se trouvent un peu partout dans la ville des kiosques où l’on prépare devant vous de délicieuses crèpes salées et sucrées. Bien entendu, cela ne vaut pas les crèpes que l’on prépare à la maison me diront certains, mais c’est en tout cas plus sain qu’un détour par un fastfood. Par la suite, nous nous rendons à l’Ermitage. Les gens attentifs auront remarqué que ce n’est pas ma première visite dans ce haut lieu de la culture mondiale, et ce ne sera sans doute pas le dernier. Comme je l’avais fait remarquer la dernière fois, il y a moyen de s’y rendre à de nombreuses reprises en empruntant à chaque visite des chemins différents, ce que j’ai encore fait cette fois-ci. Toute la famille était très impressionnée par la richesse des collections présentées dans le musée, y compris les enfants, qui nous ont gratifié de quelques reflexions intéressantes comme « Je veux le même escalier à la maison » (Arthur, 3 ans, en parlant de l’escalier principal, construit par Rastrelli en marble blanc, symbole de l’opulence du palais) ou je veux les mêmes dessins au plafond (en parlant des peintures qui ornent les plafonds de certaines salles)… Donc si vous avez un peu de marbre en stock chez vous, ou si vous vous sentez une âme de peintre, vous savez ce qu’ils vous restent à faire ;-)

Une des salles étranges que j’ai visité est celle consacrée à la chasse et aux divers festins qui accompagnent celle-ci. C’est très étrange car on y voit de gigantesques natures mortes, ou les victuailles semblent plus vraies que nature, des scènes de chasse… Je dirais que cela en devient même dérangeant après quelques minutes… car cette débauche de nourriture et de violence semblent sortir des tableaux, comme si ce festin nous attendait dans le coin de la pièce.

Dimanche 27 décembre 2009

Nous nous rendons en famille sur l’île « Kristovski », qui se trouve au nord de la ville, seulement à 3 stations de métro de chez moi. Vous pouvez vous imaginer en visitant cette cité que la plupart des gens n’habitent pas dans le centre, soit pour des raisons de confort, soit pour des raisons de prix. Dès que vous franchissez les ponts qui relient le centre à la périphérie, le style architectural est différent, plus proche de celui qu’on peut trouver dans d’autres villes en Russie ou ailleurs. Sur « Kristovski Ostrov » se concentre une partie de la population « aisée » de la ville et l’on comprend vite pourquoi : a proximité se trouvent un lac et des parcs, raison pour laquelle on y a construit de nombreux logements de qualité. Nous nous y rendons donc en métro et dès la sortie de la station, nous suivons le flot des gens qui viennent également prendre l’air loin du bruit et des désagrements des autres quartiers de la ville. Nous entrons dans « Elagin Ostrov », île entièrement boisée et interdite à toute circulation automobile. C’est un vrai coin de paradis à 15 minutes du centre. En cette saison, on y croise des skieurs (ski nordique), de nombreuses luges, des promeneurs ainsi que quelques courageux sportifs, qui malgré la température assez fraîche (-7°C), viennent faire leur jogging. Par rapport aux skieurs, c’est assez amusant également car on voit de nombreuses personnes emporter leurs skis dans le métro. A l’intérieur du parc, se trouvent également une grande patinoire où l’on retrouve également de nombreuses personnes et il est d’ailleurs possible de louer tout le matériel nécessaire sur place. Bien entendu, vu l’absence de tout danger automobile, nous n’avons pas hésité à faire de grandes batailles de boules de neige, à se pousser dans la neige… Le seul inconvénient est qu’à cette température, la composition de la neige est quelque peu différente que chez nous et il est difficile de faire de vraies boules de neige. Qu’à cela ne tienne, nous nous sommes bien amusés. Nous nous sommes également restaurés dans un café sur l’île, où encore une fois j’ai pu montrer mes talents linguistiques à tous, le menu étant exclusivement en russe. Je vous rassure, nous avons mangé ce que nous pensions avoir commandé, preuve indéniable de mes progrès 
Le soir, j’ai dû encore utiliser mes capacités linguistiques pour réserver un taxi pour ma sœur pour le lendemain. J’avoue ne pas avoir tout compris, mais en gros, j’ai sû donner l’adresse de départ et d’arrivée, demander le prix… Que demande le peuple ?

Le peuple ? Il demande de ne pas se faire réveiller à 7h15 du matin par la compagnie de taxi pour recevoir le numéro du taxi qui est déjà en face de l’hôtel… Il demande aussi de ne pas recevoir de rappel 30 minutes plus tard parce que les passagers ne sont pas encore arrivés ;-) A part cela, il ne demande pas grand-chose… Heureusement pour ma famille, le vol retour fut plus calme qu’à l’aller, les autorités aeroportuaires russes sachant se servir des moyens mis à leur disposition pour assurer un traffic fluide.

Lundi 28 décembre 2009

Je ne devais pas être très réveillé quand je suis rentré la veille. Ou alors, je suis rentré trop tard. En tout cas, je n’avais pas remarqué que j’avais une nouvelle colocataire. Vous pouvez donc imaginer ma surprise quand je suis sorti de la salle de bain ce lundi matin.

Mon étonnement fut encore plus grand après avoir fait connaissance avec Katya (oui, elle s’appelle Katya, comme mon professeur de Russe, comme mon amie habitant à St-Petersburg). En effet, elle habite Bruxelles et travaille au parlement européen. J’ai donc affronté l’hiver russe et les subtilités grammaticales pour me retrouver à déjeuner avec qqn habitant boulevard Général Jacques :-))

Je suis néanmoins très heureux de son arrivée car l’idée de passer le réveillon de nouvel an avec ma logeuse en regardant un vieux film soviétique commencait déjà à alimenter mes cauchemards.

En raison des fêtes, l’horaire des cours est un peu modifié cette semaine et nous commençons à 15h ce lundi. Les semaines passent et à chaque fois de nouveaux étudiants s’intègrent dans les groupes en fonction de leur niveau. Il me semble qu’au cours de mon apprentissage, je vais en rencontrer des étudiants de tous les coins du monde, avec à chaque fois de nouvelles histoires, de nouvelles motivations. Traditionellement la semaine commence en faisant connaissance avec les nouveaux étudiants du groupe. C’est donc ce que nous faisons en début de cours, cette fois-ci mon vocabulaire est bien rodé pour faire les présentations et poser les questions adéquates. Je me sens déjà prêt à travailler à l’accueil d’une administration, style immigration (ça tombe bien, ce n’est pas très loin de là où j’habite actuellement), c’est bon je progresse là ;-)

Le cours ne sera pas très long ce jour-là. En effet, vers 17h, a lieu la « fête du personnel » de l’école, et bien entendu, les deux courageux étudiants qui ont décidé de passer les fêtes loin de chez eux ont été invités. Cette fois-ci, on ne pourra pas me dire que je n’ai rien fait pour m’intégrer et découvrir les particularités de la culture locale. Pour que vous puissiez mieux vous imaginer la scène, cela se passe dans la plus grande salle de classe, sur la table, de nombreuses victuailles, toasts au caviar, saucisson et autres cochonailles, salades, tomates, choux, cornichons… Au niveau des boissons, c’est assez russe… De la vodka (beaucoup) et quelques jus… En ce qui concerne le déroulement de la fête, c’est assez simple finalement. Chacun à son tour se lève et présente ses vœux aux autres, en souhaitant le meilleur pour l’année à venir. Comme nous étions 8 personnes à table, vous pouvez vous rendre compte que ça fait beaucoup de toasts à porter durant la soirée. Bien entendu, on porte la plupart du temps un toast à la vodka et en général le verre est avalé en une gorgée. J’avoue que j’ai parfois un peu fait quelques infidelités à la tradition en ne terminant pas toujours mon verre, mais bon il fallait bien retrouver le chemin de la maison en fin de soirée ;-) Et je peux vous dire que la soirée a duré pas mal de temps, ce qui m’a permis de faire un peu plus connaissance avec tout le monde. Un détail amusant dans l’école, et je ne sais pas si c’est pour flatter l’égo de chacun, mais la plupart des membres de l’équipe sont managers (managing director, office manager, manager…) On pourra donc dire que j’ai donc assisté à un évènement « high level » avec tous les managers de l’école ;-)

La soirée avançant et l’alcool aidant, Oleg, notre manager a eu la bonne idée de lancer une invitation au sauna russe. Et finalement c’est ça que j’admire dans la mentalité russe, c’est que lorsqu’ils s’amusent, ils ont réellement une bonne mentalité « La fête » sans se soucier des obstacles qui pourraient se présenter sur la route. Malheureusement pour la suite du récit, ni moi ni Katya n’avons accepté l’invitation, ils ont donc continué la fête entre Russes. Il faut dire que nous n’étions pas les premiers à abandonner. Mon professeur avait déjà quitté la fête bien avant que l’idée du sauna soit lancée. Elle nous a dit qu’elle avait un cours à donner le lendemain… Je me demande pourquoi elle s’en faisait, vu que ses étudiants étaient encore là, en immersion totale avec les autres membres de l’équipe ;-)

En tout cas, les amis, je ne sais pas si j’ai eu raison de m’arrêter là, mais en tout cas après le sauna, ils ont tous terminés dans un club situé pas très loin de l’école. Et bizarrement, on n’a pas vu grande monde le lendemain à l’école ;-)

On peut donc dire que ma première plongée dans l’univers festif 100% russe fut donc une réussite. Ils ont un sens de la convivialité et de la fête, une simplicité et une hospitalité, bref tous les éléments pour que la soirée soit réussie.

Mardi 29 décembre 2009

J’ai toujours dit qu’en tant que fêtard responsable, il fallait savoir assumer ses actes et ne pas se cacher derrière la fatigue ou les tournées de bière pour tirer au flanc le lendemain. Vous ne serez donc pas étonné de me retrouver en ce mardi matin à l’école, fidèle au poste, à 10 heures précises. Et comme les professeurs sont également des gens sérieux et responsables, nous nous sommes tous retrouvés, comme si de rien n’était, dans les locaux où la veille avaient eu lieu les réjouissances.

Je pense d’ailleurs avoir définitivement gagné mon grade d’étudiant sérieux ce matin-là, en annonçant que malgré la fête, j’avais encore fait mes devoirs en rentrant à la maison. D’ailleurs, nous avons agit, Katya et moi, comme à notre habitude la veille, en prenant notre repas et revisant notre leçon de russe… Ce ne sont pas quelques verres de vodka qui vont mettre à mal mes habitudes et ma perséverance.
Heureusement pour nous, les jours qui suivirent furent beaucoup plus calme et nous pûmes en toute tranquilité nous préparer pour le réveillon de nouvel an.

Jeudi 31 décembre 2009

En cette veille de nouvel an, tout est prêt pour faire la fête. Un podium géant a été amenagé sur la place principale, devant l’Ermitage, les magasins se sont réapprovisionnés en denrée de fêtes, les stocks de champagne russe sont au maximum et il y a assez de feux d’artifices que pour faire exploser la future tour Gazprom (édifice décrié par de nombreux habitants de la ville, car, au vu de sa hauteur, il risque de casser l’harmonie architecturale de la ville)

Bien entendu, en voyant le menu de fête envoyé par Xavier, je regrette un peu de ne pas pouvoir me régaler avec vous, ça doit être la première fois en 10 ans que je rate l’évènement. Mais qu’à cela ne tienne, l’esprit de la fête sera là, même si le repas de fête fera un peu défaut.

Ici, tout est possible pour les fêtes, cela ne dépend que de l'énergie que vous y mettez et de l'argent que vous êtes prêt à consacrer pour votre repas de fête. D’ailleurs en regardant la presse pour expatriés ici, je réalise à quel point les inégalités de richesse sont importantes en Russie. Par exemple, le magazine vous propose des adresses de restaurants pour le réveillon, avec menu de fêtes et tout le bazar… Les prix varient entre 10000 et 40000 roubles ! Pour info et pour les plus nostalgiques d’entre nous, un rouble ça vaut plus ou moins un ancien franc belge. Quand on sait que de l’autre côté de l’échelle sociale, les pensionnés comme ma logeuse gagnent environ 5000 roubles par mois, on se dit que ce genre de menu est réservé à une certaine élite… qui est prêt à dépenser sans compter pour faire la fête.

Comme je ne fais pas encore partie de l’élite, j’aurai donc droit ce soir-là à un menu de fête avec salades diverses, mais sans gibier.

Le soir, nous aurions dû aller, Katya et moi, chez une amie russe de Xav’, notre exilé monégasque. Ce qui ne s’est pas fait, la raison étant qu’on s’y est pris trop tard, et que nous ne voulions pas nous retrouver à minuit dans le métro ;-)

J’ai donc vécu un réveillon typiquement russe. Après le repas traditionnel, j’ai rejoins la foule de jeunes qui se dirigeaient vers la place principale. C’est assez impressionant car au vu de l’importance de la foule, la police empêche la circulation des voitures sur Nevsky Prospect (c’est un peu comme si à Bruxelles, on bloquait la rue de la loi ou l’avenue louise pour permettre aux gens de se rendre au feu d’artifice). Comme je vous l’ai dit, une scène et des écrans géants ont été installés au centre de la place. Peu avant minuit, la foule peut donc entendre le discours présidentiel (qui est également retransmis à la télevision, j’imagine) et par la suite décompter tous ensemble les secondes qui nous séparent de l’an neuf. Deux particularités ici. La première est qu’ils ne commencent pas à 10 secondes, mais bien avant (20 ou 30 sec), ce qui est un peu déconcertant.
D’autre part, vu son statut de capitale, c’est l’heure de Moscou qui définit quand on passe à l’an neuf. On voit donc sur grand écran une grande horloge (j’imagine qu’elle se trouve sur la place rouge) où les secondes défilent jusqu’à l’heure fatidique. Une fois arrivé dans l’an neuf, j’ai ouvert notre bouteille de champagne russe. Ce n’est pas mauvais, un peu sucré. Bien évidemment, vu le prix, ça n’a pas le même goût que du vrai champagne mais je trouve que de temps à autre, il faut consommer local. C’est donc en dégustant notre méthode champegnoise locale que nous avons admiré le feu d’artifice, qui était grandiose je dois dire. A minuit également, le père noël, accompagné de son groupe, s’est transformé en rockeur et tout le monde s’est mis à danser sur des classiques du rock, remis à jour à la sauce russe. D’ailleurs, vu la température extérieure, c’était la meilleure chose à faire car j’avais oublié de vous dire qu’il y avait -12°C ce soir-là. Il faisait d’ailleurs tellement froid que sur le chemin du retour, nous sommes rentrés dans le hall d’un immeuble, en espérant qu’il soit chauffé. Ce ne fut pas le cas, mais abrité du vent, il faisait tout de monde un peu meilleur. C’est là que j’ai fait ma rencontre le plus étonnante depuis que je suis ici. Il y avait en effet déjà un autre groupe à l’intérieur, avec qui nous avons discuté. Il s’agissait de Kirghizes, établis depuis quelques années ici. Nous avons discuté pendant 5 minutes, posant les questions d’usage. Par la suite, nous nous sommes encore balladés dans le centre, réchauffé dans un café (vive le réveillon à l’intérieur)

Bref c’était un réveillon assez sympathique, différent de ce que j’avais pu vivre les années différentes. Bien entendu, l’année prochaine, je suis avec vous les amis, pour festoyer et danser sur des musiques festives (Thomas, comment vont tes « Tomettes » ? ;-))

lundi 4 janvier 2010

On se rapproche de noël

Jeudi 17 décembre 2009 et fin de semaine

Cette fin de semaine est beaucoup plus calme, je me retrouve seul avec ma logeuse Valentina. Détail amusant, je déménage de chambre, pas seulement car Valentina veut récupérer une chambre plus grande, mais simplement car dans la grande chambre se trouve l’ordinateur de la maison. Ma logeuse serait-elle une « hardcore gamer », fan de « Call of Duty » ou de « World of Warcraft » ? Au risque d’en décevoir certains, non…. Ce serait évidemment très drôle de se savoir que chaque soir, elle s’en va revêtir sa cape d’elfe ou son habit de Shaman et qu’elle part tuer de l’orc dans les plaines d’Azeroth. Non, ma logeuse est tout simplement une fan de « solitaire » sur pc… :-) Je pense qu’elle est assez accroc, elle passe une bonne partie de ses journées à y jouer, en plus de regarder la TV. Vous pouvez donc imaginer sa joie lorsqu’elle récupera son ordinateur. Mais pourquoi ne pas avoir déplacé l’ordinateur me direz-vous ? Je vous répondrais que dans le monde de Valentina, certaines choses sont faites pour rester à leur place. Je pense qu’elle craint tellement une catastrophe, pas seulement avec l’ordinateur mais également avec les autres meubles de l’appartement d’ailleurs, qu’elle préfère laisser les choses là où elles se trouvent. Pour vous donner un autre exemple, elle n’ouvre jamais une partie des fenêtres (il s’agit d’un système de deux fenêtres successives et non de double vitrage classique) de peur de ne pas pouvoir les refermer.

Je me retrouve donc dans une chambre un peu plus petite, mais également plus jolie, sans les icônes au mur et la décoration un peu kitsch à la sauce soviétique. Et j’ai toujours droit à un téléviseur, où passe bien entendu les mêmes programmes qu’expliqués auparavant.

Dehors, la température est toujours négative et je profite encore du weekend pour me promener en ville et découvrir un des marchés de noël de la ville. Et oui, comme beaucoup de villes au monde, St-Petersburg a succombé à la mode des marchés de noël. Il se trouve près d’un parc, sous le regard bienveillant de la statue de Catherine II. On y vend toutes les bricoles habituelles dans des petites cabanes, du miel à la cochonaille, en passant par les DVD piratés. On y trouve également une grande patinoire, qui vu la température extérieure n’a sans doute pas besoin d’être maintenue gelée comme à Bruxelles ;-)
Détail amusant par rapport à ce parc; il s’agit en été d’un lieu de rencontre pour les homosexuels de la ville. Cela drague donc à fond à l’ombre de la statue de Catherine II, ce qui est assez normal, vu le nombre d’amants que lui prête les historiens.


Lundi 21 décembre 2009
Début de ma cinquième semaine de cours, nous sommes toujours deux étudiants en classe, prêt à affronter le froid et la neige, à déjouer les pièges et nous frayer un chemin à travers les subtilités de la langue russe. Aujourd’hui, c’est également l’anniversaire de ma sœur, qui s’apprête à venir me rendre visite pour fêter noël et mon anniversaire en famille.
Je me prépare donc à jouer plusieurs fois le taxi et guide touristique durant la semaine, ma maman arrivant le lendemain et ma sœur le jeudi.
Si en Russie il a énormément neigé ces derniers jours, la Belgique et d’autres pays européens n’ont pas été épargnés par la vague de froid hivernale, ce qui comme vous le verrez a eu des conséquences pour la suite de cette semaine.
Ici, même si les autorités et les services concernés ne sont pas toujours efficaces selon la population locale, je trouve que la situation n’est pas catastrophique au vu de la quantité de neige qui s’est abbatue sur la ville. Sur les grands axes, les voitures circulent, le traffic aérien ne semble pas être perturbé, bref on pourrait quasiment faire croire aux touristes que la situation est sous contrôle. Bien entendu, en se balladant en dehors des itinéraires vantés par les guides de voyage, la situation se complique quelque peu pour les piétons, et dans une moindre mesure pour les voitures. Comme vous pourrez le voir sur les photos, la neige atteint parfois 10cm ou plus, les plaques de verglas sont nombreuses (ou devrais-je dire, les endroits où le risque de tomber est réduit sont rares ?) et atteignent souvent 5cm d’épaisseur, bref le trottoir n’est pas vraiment un lieu accueillant durant les longs hivers russes.
Mardi 22 décembre 2009
Je suis un peu inquiet par l’évolution de la situation tant en Belgique qu’en Russie au niveau des conditions météorologiques. Ici, il neige depuis plusieurs jours et même si ce n’est plus le cas en Belgique, il semble que les autorités belges sont retombées dans leurs travers habituels. Peut être que le belge ne se considère pas comme un habitant du nord de l’Europe et agit donc en conséquence, mais à chaque grosse intempérie, tout le monde dans ce pays semble dépassé par la situation. Comme si la neige était un phénomène tellement exceptionnel en Belgique (mais à quoi servent donc ces camions d’épandage garés dans le garage ? Et tout ce sel, c'est pour les frites? Mais où est donc le camion de sauce Samurai?) que le moindre flocon paralyse toute circulation sur les autoroutes, empêche les avions d’atterir et plonge le pays dans un état léthargique prolongé. Au lieu de se payer des voyages d’étude en Californie ou dans d’autres contrées ensoleillées, je conseille à nos responsables de venir une semaine en Russie et de voir comment les différents services gèrent la situation avec des températures de -15°C, des chutes de neige quasi hebdomadaires et ce pendant plusieurs mois par an. Je ne pense pas que les vols en partance de Pulkovo (aéroport de Saint-Petersburg) aient eu à subir des retards… Ce qui ne fut pas le cas de Zaventem.
En ce belle journée de mardi, ma mère essaya donc de me rejoindre en avion à St-Petersburg pour fêter la noël et visiter la ville. Je vous passe les différents retards, mais sachez qu’il était prévu que le vol arrive à 16h00 ici. Après plusieurs heures d’attente, ma maman peut partir, trop tard néanmoins pour prendre sa correspondance à Prague. On la dirige donc sur un vol vers Moscou, dernière escale avant sa destination finale. Sachant cela, je rentre donc tranquillement chez moi, le vol n’arrivant qu’à 00h30 à l’aéroport.
Vers 23h00, je ressors pour affronter les températures hivernales et je m’engouffre dans le métro, en espérant que j’aurai encore un bus pour parcourir les derniers kilomètres me séparant de Pulkovo. Ca ne devait pas être mon jour, ni surtout celui de ma maman…. Qui rata sa correspondance à Moscou, et dû parlementer pendant plus d’une heure pour obtenir une chambre d’hôtel. Elle prendra donc en tout 24h pour parcourir les 2000km qui séparent la Belgique de la Russie… Autant sans doute que si elle avait été en Nouvelle Zélande…
Mercredi 23 décembre 2009
8.30 : je reçois un sms de ma maman disant qu’elle est arrivée. Bien entendu, n’ayant rien reçu avant, et suivant mes habitudes « russes », je sors seulement de mon lit JJ C’est donc le froid qui me réveillera, à défaut d’une douche
Dans la matinée, nous nous retrouvons et après avoir pris une douche (oui je précise sinon des gens malintentionnés pourraient croire que je ne me lave pas, moi qui ai la chance d’avoir mon « sauna » personnel à la maison ;-) et un petit-déjeuner, je lui montre l’école et le quartier dans lequel je vis, ses montagnes de neige, ses marchands, ses restaurants asiatiques. C’est également l’occasion pour moi de jouer mon rôle de dealer officiel de chocolat belge auprès des gens de l’école et de faire connaître la qualité de notre production chocolatière en leur proposant un large assortiment de produits.
L’après-midi sera consacrée à une première visite de la ville, à une promenade le long de Nevsky Prospect, du champs de Mars et des rives gelées de la Neva. Le soir, nous allons dans un restaurant russe, faisant partie d’une chaîne de restaurant. Ce n’est sans doute pas le plus typique, mais la nourriture est bonne. Et surtout, j’ai su commander en russe en me faisant comprendre ;-)
Jeudi 24 décembre 2009
Jour de noël, en tout cas pour nous, la fête orthodoxe étant décalée de 2 semaines par rapport à la fête chrétienne. Pour les Russes, c’est donc un jour normal, même si l’influence de la publicité et du marketing a fait apparaître dans les devantures des vitrines certains « Merry Christmas ». Mais comme je vous le disais, ceci n’est qu’un argument purement marketing, pour attirer les touristes ou faire vendre certains articles. Ici, pas de crèches, pas de dindes ni de marrons chauds, pas de père noël. Ou en tout cas, pas sous appellation père Noël. En Belgique, le mois de décembre est assez riche en fêtes et célébrations. Le 6 décembre, St-Nicolas arrive avec ses cadeaux et son chocolat, accompagné de Zwarte Piet. Quelques semaines après, Père Noël, son traineau et ses rennes se frayent un chemin à travers vos cheminées pour apporter cadeaux, dindes et soirées arrosées. Ici en Russie, c’est très différent.
D’une part car les Russes sont orthodoxes et d’autre part car la fête mise en avant durant la période communiste étant la célébration de la nouvelle année, c’est donc encore cette fête qui est le plus fêté ici de nos jours. Depuis la chute du communisme, il y a eu un regain important de l’influence de l’église en Russie, mais je ne suis pas capable de vous dire si la fête de noël est célébrée comme chez nous.
Tout ça pour vous dire que « geen Zwarte Piet, Sinterklas ou kerstman hier ». Mais, et là je dois me renseigner sur son origine, les Russes ont un « Ded Moroz », un « père gel », ce qui vu les températures polaires est une appelation qui ne m’étonne pas. C’est assez différent de chez nous car il n’a pas son jour dédié je pense, mais il est présent dans les histoires pour enfants, les publicités à la TV… Et bien entendu, il n’est pas accompagné de « Zwarte Piet ». En un mois ici, j’ai dû voir un black, donc on se rend bien compte ici que l’Afrique, c’est loin. Par contre, s’ils ont inventé Ded Moroz pour faire rêver les petits, ici, pour faire un peu rêver certains parents, ils ont inventé « Snegurochka », qui est la fille aînée de Ded Moroz. En Russie, les petits garçons se déguisent donc avec un costume rouge et blanc de Ded Moroz et les petites filles rêvent d’être la plus belle des « Snegurochka ». Pour les personnes intéressées, ils vendent des costumes de Snegurochka au magasin, qui ressemblent à un costume de mère noël en mini jupe J J’ai d’ailleurs vu quelqu’un avec ce genre de costume à l’Ermitage, mais ça, c’est une autre histoire.
Jour de noël, mais également le moment de l’année où je suis sensé me sentir un peu plus vieux. Même si apparemment je ne les fais pas (toutes les personnes interrogées ici m’ont donné un âge compris entre 23 et 28 ans), j’ai 32 ans aujourd’hui. Quand j’étais plus jeune (et moins grand aussi) je considérais les gens de 15 ans comme « grandes », je pensais devenir adulte à 18 ou 20 ans et je m’imaginais sans doute une vie rangée à partir de 25 ans… Une maison unifamiliale (la brique dans le ventre des Belges), une femme et deux enfants, une opel kadett blanche et un abonnement au câble TV. Maintenant que j’ai passé la trentaine, Opel est quasi en faillite, ma brique dans le ventre a dû se diluer sous les litres de thé et café que j’ai déjà dû boire, je suis encore loin d’assister à ma première réunion des parents à l’école…
Quant au mot adulte, je ne suis pas certain de savoir exactement le définir, je n’ai pas l’impression d’avoir changé quelque chose dans mon comportement, d’avoir été frappé par la foudre ou le saint esprit du monde des adultes. Sans doute que face aux événements, je m’adapte et je réagis en conséquence. Je n’ai pas de plan précis pour le futur, juste des idées et des envies, que j’essaye de faire correspondre le plus fidèlement possible à mon parcours.
Pour ceux qui pensait que la maturité arrivait automatiquement le cap des 30 ans passés, que j’allais m’abonner à « Test-Achats », m’acheter un Loden et postuler comme fonctionnaire au Ministère des Finances ou dans une banque, c’est encore raté… Il faudra encore attendre un an. Pour l’instant, c’est plutôt les accusatifs animés et autres « instrumentals » qui occupent mon esprit, la quantité de neige et la température de mon sauna. Quant à ce qui occupe mon regard, venez me rendre visite et venez découvrir par vous-même.
Pour l’occasion, un goûter avait été organisé à l’école. J’ai donc eu droit à mon gâteau, orné de 32 bougies, à une chanson russe chantée par Katya, Anna et Oleg et des cadeaux. Pour les curieux, il s’agit de 2 DVD « 8 en 1 » avec les films de deux acteurs connus en Russie. Je vais donc pouvoir me mettre à regarder de vrais films russes, et non plus des films d’actions holywoodiens doublés en russe. On me conseille d’ailleurs un des films pour le nouvel an. Il s’agit en français de « l’ironie du destin », un film qui est reprogrammé chaque année par la TV russe pour les fêtes de fin d’année, un peu comme « Le père noël est une ordure » chez nous. En échange je leur ai apporté des chockotoff, inconnu ici en Russie mais que Katya identifie comme ayant une origine russe, vu la terminaison en « -OFF » du patronyme. Qui sait, c’est peut être un bon argument marketing si « Côte d’Or » veut se lancer à l’assaut du marché russe. ;-)
Ce jeudi, c’est également le jour où arrivent ma sœur, mon beau-frère ainsi que mes deux neveux. Ils sont censés suivre le même horaire que ma maman et arriver en milllieu d’après-midi à St-Petersburg. Heureusement pour nous tous, ils ont eu malgré le retard à Bruxelles un peu plus de chance que ma maman et grâce à un excellent sprint à Prague, ils arrivent à prendre leur correspondance et arrivent donc selon l’horaire prévu. En sachant qu’ils avaient pris du retard sur l’horaire prévu à Bruxelles, je m’étais imaginé passer une partie de mon réveillon de noël à l’aéroport, en attendant un hypothétique vol venant de Prague ou de Moscou. Heureusement, il n’en est rien. Et c’est donc au restaurant que je passerai mon anniversaire. Nous ne sommes pas allés dans un établissement typique ; c’était plutôt une curiosité pour touristes, mais c’était sympa. Il s’agit du « café littéraire », où le préposé au vestiaire vous accueille en habit de Pouchkine, la salle où l’on mange rappelle également un intérieur « 19e siècle » et l’on y chante et joue du piano. Vous pouvez donc vous imaginer que j’ai surtout entendu parler anglais ou français aux autres tables et très peu le russe. En tout cas, nous y avons bien mangé.
Vendredi 25 décembre 2009
Le 25 décembre n’étant pas ferié en Russie, j’assiste donc aux cours normalement et ce n’est que dans l’après-midi que je rejoins ma famille sur la place Dvortsovaya. Les enfants s’amusent beaucoup avec la neige et j’essaie également de leur montrer les beautés architecturales du centre ville.
Après une courte ballade, nous décidons au vu des températures de nous réchauffer dans un café. Mais ce n’est que pour mieux repartir par la suite. En effet, en début de soirée, nous décidons d’aller manger des sushis dans le restaurant de la maman de Katya, une amie vivant à St-Petersburg. J’avais déjà été dans cet endroit, mais vous connaissez mon sens de l’orientation infaillible. Arrivé à la station de métro « Sportivnaya » et malgré les explications de Katya, j’ai réussi à emmener ma famille dans la mauvaise direction. Heureusement, je m’en suis rendu compte assez rapidement et après avoir reçu l’adresse exacte, j’ai su guider tout le monde à bon port. Si vous passez en ville, je vous le conseille, le cadre est très sympa, la nourriture est excellente et variée et pour un prix fort raisonnable. De plus, comme c’était encore un peu mon anniversaire, on nous a offert le dessert ainsi qu’une réduction sur l’addition finale. Katya (mon amie de Petersburg, pas ma prof ;-) est arrivée au moment du dessert et nous avons encore pu discuter jusqu’à la fermeture.
Malheureusement, en revenant à l’hôtel, en voulant acheter de l’eau pour ma sœur, je me suis rendu compte que j’avais perdu mon portefeuille L Ce n’est pas tellement l’argent qui était à l’intérieur qui était important mais plutôt les documents. Il y avait mes cartes de banque, que j’ai pu bloquer (ce qui est ironique quand on se rappelle l’aventure avec ma carte de crédit… Je venais de recevoir la nouvelle), ma carte d’identité belge ainsi que mon permis de conduire. Le seul point positif, c’est la nouvelle photo que j’aurai sur mon permis de conduire, qui remplacera avantageusement l’ancienne photo prise quand j’avais 17 ans ;-)
Heureusement, j’ai pu m’arranger avec ma sœur le lendemain, et je m’en sors donc à ma connaissance sans trop de complications administratives.