dimanche 28 février 2010

on avance dans le mois de février


Lundi 08 février 2010
Hier soir, mon grand-père est décédé. Il avait 94 ans. Il était heureux que je voyage tellement, que je découvre d’autres cultures, d’autres pays, que je rencontre d’autres gens. Il a bien vécu je pense et c’est le principal. Je vais peut être me faire un peu philosophe ici, mais la mort, cela nous rappelle l’importance de la vie. Si nous étions immortels, quel intérêt de découvrir le monde, de vivre pleinement sa vie… On peut toujours repousser cela au lendemain. Le fait que la vie est un début et une fin nous montre bien qu’il faut en profiter, faire ce que l’on désire, ne pas remettre au lendemain ce que l’on veut faire aujourd’hui. Personnellement je ne crois pas vraiment à une vie après la mort, à une réincarnation. Je ne sais pas très bien pourquoi on est ici sur terre, mais comme nous sommes là, autant en profiter et expérimenter la vie ici. Personne ne sait ce qui se produira plus tard.
Mardi 09 février 2010
J’expérimente pour vous « l’infection ORL de longue durée ». En revenant de Bruxelles, je me suis bien rendu compte que j’avais pris un peu froid, mais pas très grave. Bien entendu, avec le froid persistant qui règne ici, le simple rhume s’est quelque peu prolongé. Cela me rappelle un peu une planche d’un album de Calvin & Hobbes, ou peut être Kid Paddle (plutôt ce héros-ci) où il se posait la question de savoir combien de litres de morve peut secréter le corps humain. Je pense même que dans l’album, on voyait le cerveau de Kid (ou Calvin) remplit de liquide. Je me pose un peu la même question. Combien de temps peut durer un rhume. Est-ce que le corps humain n’en a pas marre de me faire moucher à la fin ? Je mentionnais « infection ORL de longue durée » car au petit à petit, l’infection a évolué, et j’ai commencé à avoir les oreilles bouchées. Tout ça pour dire que cette semaine, je ne suis pas trop en forme.
Jeudi 11 février 2010
Aujourd’hui, j’ai testé pour vous la bibliothèque nationale et ses salles de lecture. En effet, comme la température dans ma chambre est toujours de 25 degrés et que je suis toujours obligé de laisser la fenêtre ouverte, j’ai décidé de trouver un nouvel endroit pour étudier après les cours. La salle de lecture de la bibliothèque me semblait donc l’endroit le plus approprié. La première étape à remplir est de s’inscrire et de recevoir ma carte de lecteur. Ici, c’est un peu le même principe que pour la carte de téléphone. J’ai besoin de mon passeport, ma carte d’enregistrement (pour le logement) ainsi que ma carte d’identité. De plus, je dois remplir un questionnaire avec notamment les renseignements suivants : dans quel université j’étudie ou j’ai étudié, suis-je déjà diplomé ainsi que les renseignements habituels. Ensuite après avoir laissé mes affaires au vestiaire (on ne peut emporter à l’intérieur que du papier et de quoi écrire, pas de livres), je peux entrer. Le bâtiment est énorme et il y a de nombreuses salles de lecture différentes. Pour ma première visite, je décide de me rendre dans la salle de lecture principale (environ 400 places). Et ici, pour ceux qui se rappellent les différentes salles de la bibliothèque de l’ULB, l’ambiance est un peu différente : on n’entend pas un bruit et les gens travaillent réellement (ou alors ils font rudement bien semblant). Bref, c’est un endroit idéal pour lire et étudier. Le seul inconvénient est que comparé à d’autres salles ou à d’autres bâtiments, ici la température n’est pas de 25 degrés ;-) mais bon ça fait parfois du bien de se sentir en hiver. Cela doit donc être la seule pièce où je porte un pull (comme c'est étrange en plein hiver, surtout quand la température descend parfois jusque -25°C)
Dimanche 14 février 2010
Pour certains c’est le jour des amoureux, pour moi c’est avant tout une grosse fête commerciale. Je suis de ceux qui pensent que la multiplication des fêtes en tout genre tue finalement le message de celles-ci. On commence avec quelques fêtes qui ont un sens, qui ont derrière elle une tradition pour arriver à un point où on place une fête tous les deux moins, histoire de faire marcher la machine marketing, vider les stocks dans les magasins et faire tourner le commerce. C’est un peu le même phénomène avec les « journées mondiales ». J’ai un jour entendu à la radio qu’à chaque jour correspondait sa « journée mondiale » et que certains jours, vu le nombre potentiellement illimité de thèmes, on était obligé de placer deux thèmes en même temps. Le 14 février est donc sans doute en plus de la St-Valentin la journée mondiale des fleuristes, des chocolatiers et des restaurateurs… et pourquoi pas des bougies IKEA ?
Le 14 février est surtout le jour de mon déménagement. Après plusieurs semaines d’attente, je peux enfin découvrir mon nouveau logement. Contrairement à l’ancien, il s’agit ici d’un plus grand appartement, avec une configuration différente, qui ressemble plus à un appartement et moins à un hôtel. En effet, dans l’ancien appartement, il y avait un long couloir, 3 chambres, une cuisine, la salle de bain et les toilettes. Bref pas vraiment d’endroit pour se retrouver en famille, pour discuter. Ici, c’est différent et l’accueil est également tout autre. Je ne suis plus considéré comme un « locataire » mais plutôt comme un membre de la famille. Détail amusant : plusieurs animaux vivent ici et parfois la situation fait penser aux gags de Gaston Lagaffe. Le chien court après le chat, celui-ci épiant les perruches. Etrangement, tout cela se passe dans la bonne humeur, le chat et le chien jouent ensemble, le matin et durant la journée, on entend les perruches. Bref, un véritable zoo. De plus, si j’avais encore un doute sur une quelconque allérgie, je pense que je suis à présent fixé. Avec le chien qui veut jouer avec moi et me saute dessus, le chat qui cherche toujours un endroit chat et se couche toujours sur le clavier de mon ordinateur, je pense que si je devais être allergique à qqch, mon corps aurait déjà réagi.
Lundi 15 février 2010
Je suis toujours seul dans mon groupe (on ne change pas une formule qui marche), par contre, un nouvel étudiant est arrivé d’Italie. Et devinez où il loge ? Chez Valentina, mon ancienne logeuse. Bien entendu, après avoir un peu râlé auprès de l’école, les choses avaient évolué, preuve qu’elle sait accueillir les étudiants et que si elle lutte contre ses propres instincts de radinerie, elle peut même être une hôte quasiment recommendable. Par exemple, elle m’avait durant les dernières semaines laissé acheter mon petit-déjeuner et avait arrêté de me faire payer quand j’utilisais la machine à laver. De plus elle m’encourageait même à inviter des amis à la maison. Ce point-là étant très drôle, l’intention étant fort louable mais la formulation employée un peu plus étrange. En gros, elle m’avait dit que je devais me sentir comme à la maison, que je pouvais inviter des amis et surtout que je ne devais pas vivre comme un moine dans son monastère. J’imagine qu’elle n’est pas au courant que les moines des abbayes trappistes brassent la bière et que la vie monacale a parfois du bon, mais soit, la formulation et l’intonation dans la voix qu’elle avait utilisé à cette occasion était assez marrante.
Mardi 16 février 2010
Manuel, l’étudiant italien qui habite chez Valentina a compris en une soirée ce que j’avais mis plusieurs jours à comprendre. Il m’a demandé si on recevait toujours aussi peu à manger, m’a confié que la veille, il s’était réveillé à minuit parce qu’il avait faim et qu’il comptait se faire son propre plat de pâtes si les portions n’étaient pas plus grandes. J’ai donc bien été obligé de lui dire que c’est moi qui avait demandé de changer de logement, parce que j’en avais un peu marre de la vie avec Valentina, mais qu’il devait faire comme moi et réagir, sinon rien n’allait changer.
Au niveau de mon bulletin de santé, j’ai toujours mal à l’oreille. Elle est toujours bouchée et mon nez coule toujours.
Le soir, je teste pour vous « le film en famille devant l’écran géant installé dans le salon ». A cette occasion, j’en apprends plus sur les goûts cinématographiques de ma famille d’accueil. Ce sont plutôt des amateurs de film d’action que des films (trop) intellectuels d’un Mikael Haneke par exemple. Nous avons donc regardé « Daybreakers ». Si vous ne connaissez pas, c’est normal (peut être que Xav, grand amateur de daubes connait ?) le fim est assez récent, et je doute qu’il connaisse une grande carrière au cinéma en Belgique (c’est du genre « direct to DVD »). Après cette brève introduction, je suis certain que vous êtes tous impatients de connaître le pitch du film. Il s’agit d’une histoire de vampires. Mais là où le scénariste a tenté l’originalité, c’est que dans le monde décrit dans le film, les vampires font partie de la majorité, et par conséquent c’est plutôt l’être humain « normal » qui est pourchassé en tant qu’espèce rare (pour son sang bien entendu). Dans ce monde un peu étrange, un hématologue (joué par Ethan Hawk) tente de mettre au point un antidote pour renverser le processus et retransformer les vampires. En effet, c’est sympa d’être vampire, mais cela demande quelques modifications au niveau de l’architecture des villes et du mode de vie d’une part, et d’autre part, il semble qu’une partie des vampires dégènerent et ne sont plus que des bêtes sauvages en recherche de sang (un peu comme des zombies finalement)
L’idée de départ n’est pas mauvaise, mais cela tombe assez vite dans le film d’action pur jus où les humains tirent sur les vampires avec des arbalètes et où le sang coule à flot.
Jeudi 18 février 2010
Après m’être reposé la veille (ce qui n’a pas servi à grand-chose, j’ai toujours l’oreille bouchée), je retrouve l’école. Il faut noter qu’aujourd’hui, je suis arrivé en retard, et ce n’était même pas ma faute. Pour comprendre, il faut savoir que mon nouvel appartement se situe un peu plus loin de l’école que l’ancienne. Il me faut à pied une trentaine de minutes pour rejoindre l’école, ou s’il faut mauvais (trop froid/ trop de pluie) ou si je suis malade, deux stations de métro. Par conséquent, je me lève plus tôt qu’auparavant, au environ de 8.40 donc ;-) Bref tout irait bien dans le meilleur des mondes si mon hôte ne prenait pas son bain le matin. Et je peux vous affirmer que lorsqu’il prend son bain, il ne bloque pas la salle de bain pour 15 minutes… mais plutôt 40 minutes. Quand j’ai raconté cela à mon prof, elle l’a traité d’aristocrate (en russe on utilise le même terme), je suppose que ce n’était pas un complément.
A la pause, Manuel m’apprend une bonne nouvelle : il a pu s’arranger avec Valentina et a enfin obtenu un petit-déjeuner digne d’un sportif. Il faut dire qu’il fait du sport également, ce qui explique peut-être sa grande faim. ;-) A mon avis, après mon départ, elle a sans doute eu peur de perdre d’autres étudiants ; elle est par conséquent beaucoup plus à l’écoute à présent. Et en entendant ce qu’il a reçu à manger, je peux facilement m’imaginer la peur qu’elle a éprouvé quand il s’est plaint par rapport au repas : céréales, pain, fromage, saucisson…
Le soir, je retente une séance de « regardons un film en famille » et le film est tout aussi orienté action que le premier. Par contre, au niveau du scénario, je préférais le premier. Il faut dire que cette fois-ci, c’était un film de Steven Seagal, dont le titre devait être « Dangerous man » ou qqch du style. Moi je vous dis, un tel concentré de conneries, c’est surtout dangereux pour vos neurones. C’est super mal tourné, Steven Seagal ne peut vraiment pas se définir comme acteur je pense et en plus s’il veut avoir un minimum de crédibilité dans les films d’actions, il ferait bien de perdre 30 kilos.
Le tableau est-il si noir en ce qui concerne mes moments TV ? Nullement. Je dirais même que depuis que je suis ici, je regarde plus souvent la TV, ce qui m’aide dans mon apprentissage de la langue : d’une part, j’entends de nouveaux mots que je peux parfois comprendre en fonction du contexte et d’autre part, je me rends compte que je comprends de plus en plus des dialogues simples. Vous allez sans doute rire, mais je regarde régulièrement des séries TV un peu idiotes, style « Sous le soleil » ou d’autres conneries du genre, bien entendu adapté à l’environnement culturel russe. Chaque jour, en soirée, il y a deux épisodes de « Универ » une série qui se déroule dans des kots étudiants et qui met en scène plusieurs personnages (étudiants, jeunes travailleurs, oligarque). Le scénario n’est sans doute pas très élaboré mais au moins cela a l’avantage d’être compréhensible par un débutant comme moi. En général, c’est assez intéressant car il y a pas mal de chaînes différentes, certaines étant plus spécialisées que d’autres (chaîne cinéma généraliste, cinéma fantastique et science-fiction, chaîne sport) et donc on a toujours quelque chose à regarder. D’ailleurs, le grand événement sportif du moment étant les Jeux Olympiques de Vancouver, je passe également du temps à regarder certains sports. Ici, c’est plutôt le hockey ainsi que le patinage artistique qui sont très populaires, mais en général, ,dès qu’il y a des athlètes russes dans la compétition, les gens s’y intéressent. Malheureusement, les résultats de la délégation russe ne sont pas excellents (8ème au général je pense) ce qui refroidit peut être l’intérêt de certains spectateurs potentiels. Bien entendu, on parle déjà beaucoup sur les chaînes russes des prochaines olympiades d’hiver, qui se tiendront en Russie, les travaux se poursuivant pour construire les différents sites, c’est toujours l’occasion de montrer à la télévision Poutine en train d’écouter le chef des travaux ou se rendre sur les lieux. En parlant de Sotchi, je me demande d’ailleurs comment ils ont pu choisir un tel emplacement pour les jeux. Si je ne conteste pas du tout le choix de la Russie comme pays organisateur, je me demande toujours comment l’organisation des jeux va se faire en pratique. D’une part, je ne suis pas certain qu’il y aura assez de neige (merci les canons à neige) et d’autre part, le site est tout de même situé à proximité de la frontière géorgienne, dans une région séparatiste. Mais je m’emporte ici, les sages du comité olympique ont sans doute eu d’excellents arguments pour choisir cette ville, en toute transparence et sans pression d’aucune sorte.

dimanche 21 février 2010

Остров сокровищ


Триста лет назад известный пират «Антон Маленков» спрятал клад на острове. В течение трёхсот лет никто не знал, где находился этот клад. Сейчас, ты нашёл карту и хочешь искать клад.
Ты собираешь вещи и вызываешь такси. Ты едешь в аэропорт и уезжаешь из России на Кубу. Через пятнадцать часов ты наконец приезжаешь на Кубу.
Там наш герой встречается с журналистом, который знает тайны района. Наш герой задаёт ему вопросы об островах региона. Журналист отвечает, что по-мнению некоторых людей корабль потонул триста лет назад недалеко от острова Краб. Но остров – очень опасное место. Там живут крокодилы, пауки, змеи. Наш герой не боится и решает поехать в порт.
Чтобы доехать до острова ему надо найти корабль и ему нужен рыбак, который хочет поплыть туда. Рыбаки боятся и говорят, что остров был проклят. Потом он идёт в город и заходит в бар. Там люди думают что, он сумасшедший и не хотят говорить с ним.
Он выходит из бара и гуляет по улице. Кто-то его зовёт и говорит, что он согласен доплыть до острова Краб. Наш герой согласен заплатить много денег за переезд. Тайнственный незакомец говорит, что им надо будет проплыть шестьдесят километров, обплыть остров слева. Когда они подплывут к острову, им надо будет обратить внимание на акул.
Конец первой части
После разговора наш герой ищет гостиницу. Ему нужно подумать о следующем путешествии, а ещё нужно отдохнуть.
Люди ещё не узнали о его путешествии но много людей всегда боялись его и не хотели сдавать комнату. Наш герой долго гулял по улице. Наконец он нашёл комнату в отвратительной гостинице недалеко от порта. Место очень шумное и грязное, и в комнате воздух тяжёлый и влажный. Всю ночь, он думает о карте, о сокровищах, и он не может спать.
На следующий день он идёт в порт чтобы встретиться с таинственным незакомцем. В течение ночи все рыбаки заходили в бар, пили, все говорили о предстоящем плаванье, и поэтому все люди узнали о путешествии. Сейчас рыбаки хотят выгнать человека, который согласен довести нашего героя до острова. По-мнению некоторых рыбаков, если кто-нибудь приедет на остров, тогда духи восстанут и несчастье придёт в город.
Когда наш герой приходит в порт, все на него смотрят. Он встречается с человеком, но он не хочет уплывать сейчас, потому что другие рыбаки не разрешат, чтобы корабль уплывал. Тайнственный незнакомец говорит, что не возможно плыть сейчас, но если они останутся, может быть им повезёт и они смогут доплыть до острова, когда все рыбаки будут пьяны. Они решают встретиться в три часа, и потом они уплывут на остров.
Время идёт медленно, и сегодня наш герой не знает что делать. В городе все люди остерегаются его, поэтому он решает пойти в гостиницу и попробовать поспать. К сожалению, он не может заснуть. Весь день он думает о сокровищах, о карте. Наконец приходит ночь. Скоро он встретится с тайнственным незнакомцем.
Конец второй части
 C'est un texte que j'ai écrit ici. J'essaye chaque semaine de compléter l'histoire. Donc pour les gens qui parlent le russe, j'espère que cela les intéressera. Pour les autres, c'est une bonne occasion d'apprendre. :-)

début février

Dimanche 31 janvier 2010 

Comme pour mon premier départ en Russie, je me retrouve un peu avant 6 heures du matin à l’aéroport. De plus comme il avait neigé la veille, j’avais demandé au taxi d’arriver relativement tôt. Bref, et cela devient un peu une habitude lorsque je pars, je n’étais pas très réveillé ce matin-là. Malgré l’heure assez matinale, il y avait déjà pas mal de monde à l’aéroport. Il s’agit principalement de charters, affretés par des tours-opérateurs, et ayant comme destination l’Egypte ou la Turquie. Il y avait donc également un groupe scolaire dans le hall de l’aéroport et vu la façon dont certains étaient déjà habillés, j’imagine qu’ils avaient plutôt choisis la Turquie ou l’Egypte à la Russie. Cette fois-ci, plus de problèmes de bagages, je peux tranquillement passer les contrôles de sécurité et prendre mon sac dans l’avion. La cargaison de chocolat arrivera donc à bon port cette fois-ci. Pour le premier vol vers Varsovie, j’ai déjà l’impression que l’avion n’est pas très grand, 80 places au maximum, impression renforcée par le fait que beaucoup de gens prennent comme moi leurs bagages en cabine. Heureusement, je monte parmis les premiers dans l’avion et je peux déposer mon sac, ce qui ne sera pas le cas de tout le monde. Le second avion est encore plus petit, style « jet d’affaire », avec 50 places au maximum. Et là, impossible de mettre mon sac ou tout autre valise dans les compartiments à bagages. Heureusement, l’avion n’est pas rempli, mais j’ai tout de même l’impression d’être serré comme dans une boîte à sardine. Si c’est ça voyager en jet d’affaire, je préfère encore un gros airbus ;-) Evidemment, il n’y avait pas non plus de jolies hôtesses pour servir le champagne et le foie gras, ce qui arrive peut être plus souvent dans un vrai jet privé :-)

Le voyage est assez rapide et à 15.00, je suis de retour à St-Petersbourg. Pourtant, quelque chose a changé durant ces quelques jours passés en Belgique. La température est remontée d’une vingtaine de degrés, et on frôle à présent la barre du zéro. Cela donne une première idée de ce qui arrivera dans quelques semaines, un mois ou deux au maximum, lorsque les températures repasseront pour de bon au dessus du zéro degré. Et ce n’est pas très joli et plaisant à voir. La neige a un peu fondu, remplacée par une espèce de boue. Pour en avoir discuté par après avec mon professeur, il paraît qu’en mars/avril, la neige fond, remplacée par de la boue, ce qui transforme la ville en une énorme mare, des milliers de litres d’eau devant être évacué ; les parcs sont en général fermés au public, bref la joie totale. Espérons qu’ils ont un meilleure système d’évacuation des eaux qu’à Bruxelles, sinon on peut s’attendre à une bonne innondation.

Lundi 01 février 2010

Les Américains ont débarqué à St-Petersbourg. Certes, c’est moins impressionant que le débarquement annuel de Deauville ou celui dans les vignobles du Bordelais, mais tout de même, comparativement aux effectifs de notre école, c’est une petite invasion. Un nouveau groupe d’étudiants arrive donc à l’école en provenance directe des USA. Ils sont là pour étudier le russe mais également je pense pour découvrir la ville et la culture russe. En effet, ils suivent un programme différent des autres, avec 3 leçons par semaine. J’imagine donc que le reste du temps, ils visitent la ville. Pour la plupart, ce sont de « vrais débutants » et c’est assez rigolo de les entendre déchiffrer l’alphabet et prononcer leurs premiers mots en russe. Autre particularité : ils sont 8 ou 9 je pense et ont décidé d’étudier ensemble. Leur groupe est donc un peu grand je trouve et ce ne doit pas être très simple d’assimiler les bases dans ces conditions-là, mais comme c’est leur choix. Cela me rappelle un peu les cours au centre culturel à Bruxelles. Là-bas , nous étions douze au cours et par conséquent, nous n’avions pas beaucoup l’occasion de parler russe. Je réalise donc encore une fois le luxe que représente mes leçons privées ici à St-Petersbourg.
Pour le reste, il fait toujours froid, même si la température a bien remonté depuis la semaine dernière, il n’y a pour l’instant plus personne qui partage l’appartement de Valentina avec moi. Il faut également noter qu'il s'est remis à neiger cette semaine, sans doute pour bien montrer que l'hiver était loin d'être fini.

Vendredi 05 février 2010

C’est le dernier jour de cours pour Stéphanie, étudiante anglaise qui est restée ici un mois et qui dans une semaine commencera à travailler dans un cabinet d’avocats. Pour respecter la coûtume, nous nous retrouvons donc dans un café avec tous les étudiants de l’école. Un peu avant dans la journée, a eu lieu la traditionnelle remise de diplôme et les festivités relatives à cet évènement. Encore une fois, le fait d’être un peu le vétéran du groupe a des bons et des mauvais côtés. Le mauvais côté est que l’on voit arriver et partir beaucoup de monde, parfois avec un peu d’indifférence mais souvent avec un peu de regret quand les gens partent.

Samedi 06 février 2010

Comme il est de tradition le weekend, j’essaye de faire une visite dans un des nombreux musées de la ville ou d’assister à une représentation théâtrale ou à un spectacle culturel. Ce soir, en route pour l’opéra. Ce sera la Traviata, au théâtre « Michaelovski »

Pour info, c’est là que j’avais été lors de ma première visite à St-Petersbourg, quand j’avais été voir Faust avec Katya. Ne parlant pas russe à l’époque, il avait fallu un peu rusé pour ne pas devoir payer le supplément qui est appliqué aux spectateurs étrangers (en fait, les Russes ainsi que les étrangers habitant en Russie ou travaillant ici ont droit à une réduction sur le prix du billet). Avec beaucoup d’imagination, nous étions passés sans encombres. Cette fois-ci, je n’ai pas vraiment dû ruser. Je ne sais pas s’ils sont moins attentifs à présent ou si c’est mon niveau de russe qui a progressé ;-)

Vous savez de quoi parle cette opéra ? Durant la première partie, avant de lire le livret, je ne savais pas non plus. Comme souvent dans les opéras, il s’agit d’une histoire d’amour qui tourne mal. Nos deux héros s’aiment, mais leur amour est contrarié par la famille et le regard des autres. S’en suit de nombreuses explications, disputes, humiliations… Tout ça pour que 2 heures plus tard, arrive la scène finale, où les deux amants se retrouvent et puissent enfin s’aimer… pour un éphemère instant… avant que la dame ne succombe à une horrible maladie.

Vous avez donc compris que ce n’est pas vraiment pour l’histoire qu’on se rend à l’opéra, mais plutôt pour la musique (nous étions juste au dessus de l’orchestre), les chants, la mise en scène. Et pour tout cela, je n’ai pas été déçu. C’était d’ailleurs très intéressant de se retrouver juste au dessus de l’orchestre et de pouvoir observer les différents musiciens. Voir quels instruments sont les plus solicités durant l’opéra, voir ceux qui doivent attendre plus ou moins longtemps avant d’intervenir. Par exemple, tout ce qui touche à la partie violon est beaucoup plus sollicité que les percussions. Je ne dirais pas que certains ont l’air de s’embêter, mais cela doit être assez stressant de devoir attendre parfois de longues minutes et par la suite de savoir exactement à quel moment intervenir à nouveau, pour quelques mesures, pour ensuite retomber dans un long silence.

Par la suite, je me suis rendu chez des amis russes pour manger une pizza et boire un verre. C’était aussi l’occasion de parler de la vie en Russie, de parler entre étudiants de nos diverses expériences chez nos hôtes… En tout cas, si parfois je peux me plaindre de certaines choses, j’ai en tout cas eu de la chance pour la nourriture. Vera, une étudiante norvégienne est hébergée chez une végétarienne. L’horreur ! Du chou et de la salade à longueur de repas. Je noircis un peu le tableau, mais tout de même. Elle m’a confié que de temps en temps, elle ira bien chez Macdo pour avoir sa dose de viande. D’ailleurs, la veille, après être tous sortis du café, nous nous sommes arrêtés chez un vendeur de kebabs, pour que certain(e)s aient leur « dose de viande » (mais je ne citerai personne ;-))

Dimanche 07 février 2010

Aujourd’hui, je vais assister à un concert de Stravinsky, dans la salle de concert du théâtre Marinsky. Il s’agit d’une salle entièrement rénovée, à l’accoustique excellente. Cerise sur le gâteau, c’est un des meilleurs chefs d’orchestre qui dirigera aujourd’hui l’orchestre.
En arrivant dans la salle, je suis impressioné par l’architecture, mais également par la proximité des spectateurs avec l’orchestre. Si vous voulez vous faire une idée de ce à quoi ressemble la salle, cliquez sur ce lien : http://www.mariinsky.ru/en/about/concert_hall/
On dit toujours que les grands artistes sont les plus capricieux, et aussi ceux qui savent se faire le plus attendre. Dans le cas présent, le public a attendu le chef d’orchestre une bonne trentaine de minute. Mais comme la première partie était assez intéressante, cela valait la peine d’attendre. Je dois avouer que je ne suis pas un grand habitué des salles de concert, donc je ne vous ferai pas de commentaires sur la virtuosité technique des musiciens, je vous dirai juste que j’ai beaucoup apprécié le concert, que j’ai ressenti une grande émotion en écoutant la musique de Stravinsky. En seconde partie, toujours la musique de Stravinsky, mais cette fois en accompagnement d’un conte. C’est un peu plus surprenant comme mélange, mais intéressant aussi, surtout si l’on ferme les yeux, on peut s’imaginer les personnages défiler devant nous, rien qu’en écoutant la musique et en faisant attention aux différentes variations de rythme.

Après l’entracte, c’était un peu moins intéressant, une sorte d’opéra pour enfant, je n’ai pas bien compris.C'est d'ailleurs pour cette raison que honte à moi, j'ai quitté la salle plus tôt, comme de nombreuses personnes d'ailleurs.

Donc je retiendrai de ce concert la première partie qui fut vraiment intéressante ainsi que l’architecture et l’accoustique de la salle de concert.

lundi 8 février 2010

Quelque part en janvier...


Lundi 18 janvier 2010
Une fois n’est pas coutume, j’aurai encore droit cette semaine à mes cours particuliers avec Katya (ma professeur, pour ceux qui n’arriverait pas à suivre). Cette semaine-ci j’ai même droit à la pièce réservée aux cours particuliers.
Que retenir de cette semaine de cours ?
J’ai l’impression de parler encore plus en classe et pas seulement pour répondre aux exercices. A présent, quand une reflexion me vient en rapport avec le sujet en cours, j’essaye de le dire en russe. C’est bien car de cette manière, j’en apprends plus sur la vie courante en Russie et j’apprends également à Katya des choses sur la Belgique. Preuve que je parle plus, on avance également moins rapidement dans les leçons du livre. J’ai par exemple essayer de faire comprendre à mon professeur comment fonctionnait le système fiscal et les tranches d’imposition sur les revenus en Belgique. J’ai dessiné un graphe avec différents paliers et tenté d’expliquer le système progressif qui prévaut en Belgique.
Pour information, le système est fort différent en Russie. Ici l’Etat applique un taux fixe sur les revenus, la progressivité de l’impôt, ils ne connaissent pas. Bien entendu, la situation n’est pas comparable, je ne pense pas qu’en Russie, la part de l’imposition sur les revenus est importante dans le budget de l’Etat, celui-ci disposant encore d’importantes ressources grâce au pétrole et au gaz. Dans quelques semaines ou mois, je serai peut être capable de me lancer en russe dans un débat sur la bonne gestion des deniers publics en Russie et en Belgique. J Et dans quelques années, après une longue pratique de la langue russe, et après une longue préparation personnelle, je tenterai d’expliquer le système institutionnel belge. ;-)
Comme je vous l’ai déjà dit, j’étais passé au second livre début janvier. Pour faire simple, je dirais que les thèmes abordés sont différents mais que cela permet de revoir à chaque leçon des points précis de grammaire et de les approfondir. Ce que l’on pensait donc avoir compris il y a un moins peut donc être remis en cause à présent, par l’ajout de nouvelles subtilités. Le processus d’apprentissage est donc un éternel recommencement, une répétition générale continuelle comme si la pièce de théâtre dans laquelle on allait jouer était à chaque fois postposée. Quand maîtrise-t-on une langue ? Difficile à dire… D’ailleurs pour illustrer ce propos, il existe une subtilité dans la langue russe. Je vous avais déjà parlé des verbes d’aspect et de la différence qu’il peut avoir entre un verbe exprimant un résultat et un autre, ayant la même signification mais exprimant un processus ou une habitude. Et bien, sachez que pour le verbe « apprendre » (изучать) on n’utilise jamais la forme « perfective », c'est-à-dire celle exprimant un résultat. La preuve donc qu’on n’a jamais terminé d’apprendre une langue ;-)
Durant cette semaine, un peu partout dans la ville, nous avons eu droit aux grandes manœuvres de la part des ouvriers communaux. Ceux-ci se sont attaqués aux tonnes de neige qui recouvraient encore la ville, rendaient difficile la circulation dans certaines rues ou sur certains trotoirs. Ici, il ne sert à rien d’attendre le dégel pour voir fondre la neige… A part quelques jours où la tepérature remontera légèrement, je ne m’attends pas vraiment à des températures positives avant quelques mois. Raison pour laquelle, la municipalité a utilisé les grands moyens pour dégager les endroits encore recouverts de neige, comme ma rue par exemple. Un matin, cela devait être mardi ou mercredi, j’ai vu arrivé 3 grands camions ainsi que des pelleteuses. Ils ont travaillé une partie de la journée (et même une partie de la nuit) dans le quartier pour rendre les rues propres. Il faut dire qu’ici c’était bien nécessaire. On en était arrivé à une situation où les voitures ne pouvaient plus se croiser (circulation alternée, juste devant ma fenêtre), les voitures devant se garer à 4m du trottoir à cause des congères. A ce propos, je me suis d’ailleurs demandé si lorsqu’on achetait une voiture en Russie, la pelle faisait partie des accessoires de base, tant elle est nécessaire en hiver pour dégager la voiture. Ici en hiver, c’est un peu « Paris-Dakar » chaque matin, on risque toujours de voir sa voiture embourbée ;-)
J’ai également vu à l’œuvre les ouvriers/alpinistes, qui retirent la neige des toits et font tomber les stalagctites. Cela semble être un vrai métier ici durant les longs mois d’hiver. Je ne sais pas si ce sont des spécialistes ou simplement des inconscients qui aiment se ballader sur les toits, mais en tout cas, on les voit un peu partout dans la ville à cette époque. Vous pouvez d’ailleurs voir ci-dessous une photo de ce qui pendait à ma corniche, c’est plutôt impressionant et si par malheur cela tombe sur la tête de quelqu’un je pense que le dénouement ne peut être que tragique. Et c'est un peu comme cela partout dans la ville. Près de l'école, il y a un cabinet de stomatologie et je me dis à chaque fois que je passe et que je vois ces stalactites que si ça tombe sur la tête de quelqu'un, ce n'est pas d'un stomatologue qu'il aura besoin, mais directement d'un médecin légiste.
J’ai également profité de mon temps libre pour avancer dans mes lectures. J’ai fini « Les âmes mortes » de Gogol. C’est un livre très intéressant que je vous conseille. Grâce à cet ouvrage, on part à la rencontre de nombreux personnages dans la Russie du 19ème siècle, chacun ayant des caractéristiques physiques ou morales assez prononcées (on y retrouve un avare, un homme représentant l’exubérance…) C’est donc un voyage assez intéressant à travers la Russie, mais également une critique à peine voilée de la situation prévalant à l’époque dans les campagnes russes, où le servage n’a été aboli que dans les années 1860. Braver les deux tabous que sont premièrement le servage à une époque où il était encore d’actualité et deuxièment utiliser le terme « âme » qui touche évidemment à une dimension spirituelle et ce dans un pays encore fort marqué par la religion n’a rien fait pour faciliter le travail de Gogol. Les critiques par rapport à ces deux points ont été assez nombreuses, avant et après la sortie du premier tome, ce qui, comme vous pourez le lire plus loin a eu un impact malheureux sur la publication de l’entièreté des aventures de notre héros.
Pour vous résumer l’histoire en quelques mots, on suit les aventures de Tchitchikof, homme éduqué et ingénieux, qui parcourt la campagne russe à la recherche de serfs à racheter, ou plutôt de serfs décédés mais se trouvant encore dans les listes du rescencement officiel. Idée assez étrange me direz-vous mais qui s’avère assez ingénieuse. Le but de notre héros étant double, d’une part d’être considéré comme un propriétaire terrien important et d’engranger tous les avantages qui s’en suit, d’autre part de mettre en gage les serfs en échange de monnaie sonnante et trébuchante. On suit avec plaisir les aventures de notre ami, ses entrevues avec les différents propriétaires, tous ayant un caractère bien trempé et surtout l’évolution de la stature de notre héros et de son aura grandissante auprès des habitants de la ville qu’il essaye de rouler dans la farine. Un des ressorts dramatiques étant d’ailleurs repris de la pièce « Revizor » dans lequel un escroc/dilletant de la capitale profitait de la peur et de la naiveté des autorités corrompues d’un chef-lieu de province pour se faire passer pour un contrôleur officiel (Revizor)
Le seul problème du livre est qu’il est malheureusement incomplet, seul le premier tome ayant été publié. A la base, l’œuvre était prévue comme une trilogie, malheureusement Gogol lui-même a brûlé les copies du tome 2. Et je peux vous dire qu’après avoir terminé le premier tome, on a réellement envie de savoir ce qui va arriver à notre héros. Surtout que dans la version publiée par Gallimard, on a inclus ce qu’il restait du brouillon du second tome, et c’est particulièrement énervant de lire des fragments d’une telle histoire, sans pouvoir remplir les blancs.  
Par la suite, j’ai bien entendu commencé « Crimes et châtiments ». L’histoire de l’assassinat de la vieille usurière par l’étudiant Raskolnikov et ensuite le poids de la culpabilité qui l’envahit m’a évidemment séduit, surtout que comme je vous le disait plus haut, j’habite non loin de la « scène du crime ».
Samedi 23 janvier 2010
Enfin un nouveau weekend culturel. Et comme cela faisait longtemps que je n’avais plus été me promener dans le palais d’hiver, je décide donc de me rendre à l’Ermitage, avec quelques amis. Cette fois-ci, c’est la section « Art italien de la Renaissance » que je visiterai. Ce n’est pas forcément ma période préférée, mais comme cela faisait longtemps que je n’avais pas visité cette section, j’ai profité de l’occasion que les autres y allaient aussi pour me perdre dans le dédale des couloirs du palais d’hiver. Si les tableaux semblent parfois monotones (vu les contraintes de l’Eglise, principale mécène et jouissant d’une énorme influence à l’époque, on ne peignait pas grand-chose d’autres que des scènes d’évangile, ce qui à la longue peut sembler monotone), les pièces dans lesquels ils sont exposés sont de toute beauté. J’ai donc plus souvent regardé au plafond et à terre qu’en direction des tableaux, mais cela valait vraiment la peine. C’est inimaginable les moyens mis dans l’édification et l’embelissement des palais à l’époque. Il fallait impressioner les visiteurs et montrer sa puissance. Je pense que de ce côté-là, le contrat a été pleinement rempli. Nous avons également admiré de nombreuses peintures de Rembrandt et d’autres artistes hollandais du 17ème siècle.
Si vous êtes intéressés par une petite visite virtuelle du musée, au cas où vous viendrez me rendre visite et ne savez pas par quoi commencer ou simplement pour la beauté des collections :  http://www.hermitagemuseum.org/html_En/03/hm3_0.html
Le soir, nous avons été au théâtre, voir une pièce de Tchekov, Oncle Vanya. Encore une expérience supplémentaire pour moi dans mon immersion russe, vu que la pièce est bien évidemment jouée en russe. Avant d’y aller, je ne connaissais pas vraiment l’histoire, je savais seulement que les ingrédients habituels d’une bonne intrigue à savoir « amour, passion, jalousie, déception » étaient présents. Après avoir vu la pièce, je ne peux malheureusement pas vous en dire plus ;-) J’ai compris quelques passages, mais malheureusement le niveau était un peu trop avancé pour moi. Je pense que je vais donc lire la pièce en français, je vous raconterai après de quoi il est question. Par contre, j’ai pu pleinement apprécié la beauté de la salle, qui ressemble un peu à l’opéra de la monnaie. Vous pouvez donc vous imaginer un magnifique théâtre à l’italienne, entièrement rénové. Pour ne pas payer trop cher, nous avions pris des places un peu en retrait, au deuxième ou troisième balcon, mais nous avions néanmoins une vue excellente sur la scène. Et figurez-vous qu’au niveau technique, on avait également mis le paquet, vu qu’il a même plu sur la scène (et c’était prévu dans le scénario ;-)
Je suis donc ressorti séduit par la mise en scène et par la jeu des acteurs, même si je n’ai malheureusement pas compris beaucoup. La prochaine fois, j’irai à l’opéra, l’intrigue est moins développée et donc sans doute plus simple à comprendre (c’est ici que je me fais descendre par tous les amateurs d’opéra ;-))
En ressortant du théâtre, j’ai d’ailleurs appris une anecdote assez intéressante sur une petite statue féline, érigée dans le quartier et placée à quelques mètres de hauteur, à l’abri du regard de la plupart des passants. Que vient faire une statue de chat dans une ville impériale me direz-vous? La raison est assez simple. Durant le blocus de Leningrad (pour rappel, la ville subit le blocus de l’armée allemande pendant plus de 900 jours, de 1941 à 1944) les vivres étaient non seulement rares, mais devaient également subir la voracité des rats. C’étaient bien entendu sans compter sur les nombreux chats de la ville, qui sauvèrent une partie des vivres de la ville. C’est la raison pour laquelle on retrouve à présent cette statue dans la ville.
Lundi 25 janvier 2010
Une certaine routine s’installe à l’école. Les nouveaux étudiants ne semblent pas encore pointer le bout de leurs nez, mes leçons quotidiennes sont toujours riches de nombreux dialogues avec Katya, mes soirées sont en partie remplies par mes heures d’études, les nombreux exercices que me donnent Katya et également de nouvelles découvertes cinématographiques en Russe. Bref, tout roule. Mais, c’était sans compter sur l’ONEM, qui est venu se rappeler à mon bon souvenir par l’intermédiaire d’une convocation envoyée à mon domicile bruxellois. En résumé, je dois prouver que je vis encore bien en Belgique, et pour ce faire, me présenter à l’ONEM ou à l’administration communale avant le 29 janvier.
Mardi 26 janvier 2010
Je réserve mon billet d’avion, heureusement pour moi, le prix n’atteint plus les sommets d’il y a quelques années. Je m’en tire donc avec un billet à 300 euros, ce qui vu l’urgence n’est pas trop cher payé. Bien entendu, je vais devoir modifier quelque peu l’horaire de mes cours de russe, vu que je ne serai pas là jeudi et vendredi. Heureusement, Katya est très prévoyante et me prépare une tonne de devoirs à faire ainsi que de textes à écouter, afin que je n’oublie pas trop ce que j’ai appris durant mon séjour en Belgique. Heureusement, j’ai déjà appris les bases du russe, la probabilité de perdre tout ce que j’ai appris en quelques jours est donc assez limitée.
D’ailleurs, le soir en m’endormant je commence un peu à mélanger les différentes langues dans ma tête. En général, quand je suis à Bruxelles, je pense encore à certains évènements de la journée, mais je le fais bien entendu en français. Ici, les choses se corsent un peu.. Bien entendu, mon cerveau fonctionne toujours en français, mais comme je parle avec les autres étudiants en anglais ou en russe et que j’essaye de parler en russe le plus souvent possible, ça provoque parfois une soupe le soir dans ma tête… Il y a des phrases qui surgissent dans ma tête en russe, en anglais… Donc si je n’ai personne à qui parler en russe durant mon séjour à Bruxelles, je pourrai toujours me parler à moi-même, c’est rassurant. ;-)
Jeudi 28 janvier 2010
C’est à 15h que je décolle. Cela ne devrait pas poser de problèmes, je n’ai pas de bagages à enregistrer, je suis en possession de mon visa multi-entrée et pour une fois, je suis bien à temps à l’aéroport. En fait, je me demande un peu ce qui va se passer à la douane avec mon visa, mais je n’ai pas d’inquiétudes particulères. En fait, le document se présente comme un triptique, et lorsqu’on passe la frontière, le contrôleur garde une partie et tamponne l’autre.
Je décolle avec 40 minutes de retard, l’avion n’étant pas arrivé à temps à Pulkovo. Comme il n’y a pas de vol direct vers Bruxelles, je fais dans un premier temps escale à Zurich, puis reprend l’avion pour Bruxelles. Pour une fois, il y a eu un peu d’animation dans l’avion.
Au moment de prendre le repas, la passagère assise à côté de moi demande au steward un verre vide. Je ne fais pas vraiment attention à cela, mais quelques minutes plus tard, elle ouvre discrètement la bouteille de champagne qu’elle avait acheté à l’aéroport et me propose un verre. Bien évidemment, j’ai accepté sa proposition. Le plus drôle est quand les stewards se sont rendus compte qu’elle buvait son propre champagne. On lui a fait remarquer qu’il était interdit de boire son propre champagne dans l’avion, mais elle a répondu qu’elle faisait également escale à Zurich, avant de rejoindre Rome et que donc sa bouteille serait sans doute confisquée lors de l’embarquement. Pourquoi donc gaspiller une bonne bouteille de champagne ? J’approuve entièrement sa démarche, je pense que certaines règles aeroportuaires deviennent trop contraignantes et n’empêcheront pas un incident facheux de se produire un jour.
En parlant de cela, j’ai également eu droit à une seconde surprise dans l’avion. Ceux qui prennent souvent l’avion savent que les contrôles sont de plus en plus poussés, que le moindre objet contondant est interdit en cabine… A Saint-Petersbourg, lors du passage des contrôles de sécurité, tout le monde ou presque doit enlever ses chaussures, passer au détecteur de métaux et de surcroit subir une fouille corporelle. Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour se sentir en sécurité en montant dans l’avion, n’est-ce pas ?
Mais que dire alors lorsque c’est la compagnie aérienne qui fournit elle-même les armes ? En effet, au lieu de fournir des couverts en plastique, comme la plupart des compagnies, SWISS fournit de vrais couteaux et fourchettes. Et dire que l’on se fait arrêter pour un coupe-ongle ou une minuscule paire de ciseaux lorsqu’on passe les différents contrôles. Lorsque j’ai remplis mon enquête de satisfaction à propos du vol, je n’ai évidemment pas manqué de mentionner ce point.
Le deuxième vol vers Bruxelles fut beaucoup moins rigolo, rien de bien inhabituel, un avion plein à craquer, des voisins qui prenaient trop de place…
Je suis arrivé peu après 19h à Bruxelles. Ma maman m’attendait et nous avons directement pris la direction du commissariat de police, pour déclarer la perte de ma carte d’identité et de mon permis de conduire (vous vous rappelez sans doute de l’aventure qui m’est arrivée à noël) 
Vendredi 29 janvier 2010
Comme prévu, je me présente à la maison communale, pour prouver que j’habite bien en Belgique. Rien de bien particulier à dire, sauf que je suis tombé sur une employée qui était soit négligente, soit en était à sa 50ème demande de la journée. Au vu de la crise actuelle, c’est peut être devenu normal de se présenter à la commune pour prouver sa résidence en Belgique auprès de l’ONEM. En tout cas, j’aurai pu éviter ce voyage et envoyer n’importe qui, on ne m’a même pas demandé mon nom, ce qui, au vu des démarches entreprises, est un peu frustrant. Ayant rempli ma mission officielle, j’ai pu m’occuper de toutes les autres choses que je devais faire en Belgique.
Samedi 30 janvier 2010
Un retour en Belgique ne pouvait évidemment que se terminer après une soirée chez Fred. Je le remercie donc, ainsi que tous ceux qui ont pu venir. Ca m’a fait très plaisir de vous revoir, de boire quelques bières avec vous…