dimanche 28 février 2010

on avance dans le mois de février


Lundi 08 février 2010
Hier soir, mon grand-père est décédé. Il avait 94 ans. Il était heureux que je voyage tellement, que je découvre d’autres cultures, d’autres pays, que je rencontre d’autres gens. Il a bien vécu je pense et c’est le principal. Je vais peut être me faire un peu philosophe ici, mais la mort, cela nous rappelle l’importance de la vie. Si nous étions immortels, quel intérêt de découvrir le monde, de vivre pleinement sa vie… On peut toujours repousser cela au lendemain. Le fait que la vie est un début et une fin nous montre bien qu’il faut en profiter, faire ce que l’on désire, ne pas remettre au lendemain ce que l’on veut faire aujourd’hui. Personnellement je ne crois pas vraiment à une vie après la mort, à une réincarnation. Je ne sais pas très bien pourquoi on est ici sur terre, mais comme nous sommes là, autant en profiter et expérimenter la vie ici. Personne ne sait ce qui se produira plus tard.
Mardi 09 février 2010
J’expérimente pour vous « l’infection ORL de longue durée ». En revenant de Bruxelles, je me suis bien rendu compte que j’avais pris un peu froid, mais pas très grave. Bien entendu, avec le froid persistant qui règne ici, le simple rhume s’est quelque peu prolongé. Cela me rappelle un peu une planche d’un album de Calvin & Hobbes, ou peut être Kid Paddle (plutôt ce héros-ci) où il se posait la question de savoir combien de litres de morve peut secréter le corps humain. Je pense même que dans l’album, on voyait le cerveau de Kid (ou Calvin) remplit de liquide. Je me pose un peu la même question. Combien de temps peut durer un rhume. Est-ce que le corps humain n’en a pas marre de me faire moucher à la fin ? Je mentionnais « infection ORL de longue durée » car au petit à petit, l’infection a évolué, et j’ai commencé à avoir les oreilles bouchées. Tout ça pour dire que cette semaine, je ne suis pas trop en forme.
Jeudi 11 février 2010
Aujourd’hui, j’ai testé pour vous la bibliothèque nationale et ses salles de lecture. En effet, comme la température dans ma chambre est toujours de 25 degrés et que je suis toujours obligé de laisser la fenêtre ouverte, j’ai décidé de trouver un nouvel endroit pour étudier après les cours. La salle de lecture de la bibliothèque me semblait donc l’endroit le plus approprié. La première étape à remplir est de s’inscrire et de recevoir ma carte de lecteur. Ici, c’est un peu le même principe que pour la carte de téléphone. J’ai besoin de mon passeport, ma carte d’enregistrement (pour le logement) ainsi que ma carte d’identité. De plus, je dois remplir un questionnaire avec notamment les renseignements suivants : dans quel université j’étudie ou j’ai étudié, suis-je déjà diplomé ainsi que les renseignements habituels. Ensuite après avoir laissé mes affaires au vestiaire (on ne peut emporter à l’intérieur que du papier et de quoi écrire, pas de livres), je peux entrer. Le bâtiment est énorme et il y a de nombreuses salles de lecture différentes. Pour ma première visite, je décide de me rendre dans la salle de lecture principale (environ 400 places). Et ici, pour ceux qui se rappellent les différentes salles de la bibliothèque de l’ULB, l’ambiance est un peu différente : on n’entend pas un bruit et les gens travaillent réellement (ou alors ils font rudement bien semblant). Bref, c’est un endroit idéal pour lire et étudier. Le seul inconvénient est que comparé à d’autres salles ou à d’autres bâtiments, ici la température n’est pas de 25 degrés ;-) mais bon ça fait parfois du bien de se sentir en hiver. Cela doit donc être la seule pièce où je porte un pull (comme c'est étrange en plein hiver, surtout quand la température descend parfois jusque -25°C)
Dimanche 14 février 2010
Pour certains c’est le jour des amoureux, pour moi c’est avant tout une grosse fête commerciale. Je suis de ceux qui pensent que la multiplication des fêtes en tout genre tue finalement le message de celles-ci. On commence avec quelques fêtes qui ont un sens, qui ont derrière elle une tradition pour arriver à un point où on place une fête tous les deux moins, histoire de faire marcher la machine marketing, vider les stocks dans les magasins et faire tourner le commerce. C’est un peu le même phénomène avec les « journées mondiales ». J’ai un jour entendu à la radio qu’à chaque jour correspondait sa « journée mondiale » et que certains jours, vu le nombre potentiellement illimité de thèmes, on était obligé de placer deux thèmes en même temps. Le 14 février est donc sans doute en plus de la St-Valentin la journée mondiale des fleuristes, des chocolatiers et des restaurateurs… et pourquoi pas des bougies IKEA ?
Le 14 février est surtout le jour de mon déménagement. Après plusieurs semaines d’attente, je peux enfin découvrir mon nouveau logement. Contrairement à l’ancien, il s’agit ici d’un plus grand appartement, avec une configuration différente, qui ressemble plus à un appartement et moins à un hôtel. En effet, dans l’ancien appartement, il y avait un long couloir, 3 chambres, une cuisine, la salle de bain et les toilettes. Bref pas vraiment d’endroit pour se retrouver en famille, pour discuter. Ici, c’est différent et l’accueil est également tout autre. Je ne suis plus considéré comme un « locataire » mais plutôt comme un membre de la famille. Détail amusant : plusieurs animaux vivent ici et parfois la situation fait penser aux gags de Gaston Lagaffe. Le chien court après le chat, celui-ci épiant les perruches. Etrangement, tout cela se passe dans la bonne humeur, le chat et le chien jouent ensemble, le matin et durant la journée, on entend les perruches. Bref, un véritable zoo. De plus, si j’avais encore un doute sur une quelconque allérgie, je pense que je suis à présent fixé. Avec le chien qui veut jouer avec moi et me saute dessus, le chat qui cherche toujours un endroit chat et se couche toujours sur le clavier de mon ordinateur, je pense que si je devais être allergique à qqch, mon corps aurait déjà réagi.
Lundi 15 février 2010
Je suis toujours seul dans mon groupe (on ne change pas une formule qui marche), par contre, un nouvel étudiant est arrivé d’Italie. Et devinez où il loge ? Chez Valentina, mon ancienne logeuse. Bien entendu, après avoir un peu râlé auprès de l’école, les choses avaient évolué, preuve qu’elle sait accueillir les étudiants et que si elle lutte contre ses propres instincts de radinerie, elle peut même être une hôte quasiment recommendable. Par exemple, elle m’avait durant les dernières semaines laissé acheter mon petit-déjeuner et avait arrêté de me faire payer quand j’utilisais la machine à laver. De plus elle m’encourageait même à inviter des amis à la maison. Ce point-là étant très drôle, l’intention étant fort louable mais la formulation employée un peu plus étrange. En gros, elle m’avait dit que je devais me sentir comme à la maison, que je pouvais inviter des amis et surtout que je ne devais pas vivre comme un moine dans son monastère. J’imagine qu’elle n’est pas au courant que les moines des abbayes trappistes brassent la bière et que la vie monacale a parfois du bon, mais soit, la formulation et l’intonation dans la voix qu’elle avait utilisé à cette occasion était assez marrante.
Mardi 16 février 2010
Manuel, l’étudiant italien qui habite chez Valentina a compris en une soirée ce que j’avais mis plusieurs jours à comprendre. Il m’a demandé si on recevait toujours aussi peu à manger, m’a confié que la veille, il s’était réveillé à minuit parce qu’il avait faim et qu’il comptait se faire son propre plat de pâtes si les portions n’étaient pas plus grandes. J’ai donc bien été obligé de lui dire que c’est moi qui avait demandé de changer de logement, parce que j’en avais un peu marre de la vie avec Valentina, mais qu’il devait faire comme moi et réagir, sinon rien n’allait changer.
Au niveau de mon bulletin de santé, j’ai toujours mal à l’oreille. Elle est toujours bouchée et mon nez coule toujours.
Le soir, je teste pour vous « le film en famille devant l’écran géant installé dans le salon ». A cette occasion, j’en apprends plus sur les goûts cinématographiques de ma famille d’accueil. Ce sont plutôt des amateurs de film d’action que des films (trop) intellectuels d’un Mikael Haneke par exemple. Nous avons donc regardé « Daybreakers ». Si vous ne connaissez pas, c’est normal (peut être que Xav, grand amateur de daubes connait ?) le fim est assez récent, et je doute qu’il connaisse une grande carrière au cinéma en Belgique (c’est du genre « direct to DVD »). Après cette brève introduction, je suis certain que vous êtes tous impatients de connaître le pitch du film. Il s’agit d’une histoire de vampires. Mais là où le scénariste a tenté l’originalité, c’est que dans le monde décrit dans le film, les vampires font partie de la majorité, et par conséquent c’est plutôt l’être humain « normal » qui est pourchassé en tant qu’espèce rare (pour son sang bien entendu). Dans ce monde un peu étrange, un hématologue (joué par Ethan Hawk) tente de mettre au point un antidote pour renverser le processus et retransformer les vampires. En effet, c’est sympa d’être vampire, mais cela demande quelques modifications au niveau de l’architecture des villes et du mode de vie d’une part, et d’autre part, il semble qu’une partie des vampires dégènerent et ne sont plus que des bêtes sauvages en recherche de sang (un peu comme des zombies finalement)
L’idée de départ n’est pas mauvaise, mais cela tombe assez vite dans le film d’action pur jus où les humains tirent sur les vampires avec des arbalètes et où le sang coule à flot.
Jeudi 18 février 2010
Après m’être reposé la veille (ce qui n’a pas servi à grand-chose, j’ai toujours l’oreille bouchée), je retrouve l’école. Il faut noter qu’aujourd’hui, je suis arrivé en retard, et ce n’était même pas ma faute. Pour comprendre, il faut savoir que mon nouvel appartement se situe un peu plus loin de l’école que l’ancienne. Il me faut à pied une trentaine de minutes pour rejoindre l’école, ou s’il faut mauvais (trop froid/ trop de pluie) ou si je suis malade, deux stations de métro. Par conséquent, je me lève plus tôt qu’auparavant, au environ de 8.40 donc ;-) Bref tout irait bien dans le meilleur des mondes si mon hôte ne prenait pas son bain le matin. Et je peux vous affirmer que lorsqu’il prend son bain, il ne bloque pas la salle de bain pour 15 minutes… mais plutôt 40 minutes. Quand j’ai raconté cela à mon prof, elle l’a traité d’aristocrate (en russe on utilise le même terme), je suppose que ce n’était pas un complément.
A la pause, Manuel m’apprend une bonne nouvelle : il a pu s’arranger avec Valentina et a enfin obtenu un petit-déjeuner digne d’un sportif. Il faut dire qu’il fait du sport également, ce qui explique peut-être sa grande faim. ;-) A mon avis, après mon départ, elle a sans doute eu peur de perdre d’autres étudiants ; elle est par conséquent beaucoup plus à l’écoute à présent. Et en entendant ce qu’il a reçu à manger, je peux facilement m’imaginer la peur qu’elle a éprouvé quand il s’est plaint par rapport au repas : céréales, pain, fromage, saucisson…
Le soir, je retente une séance de « regardons un film en famille » et le film est tout aussi orienté action que le premier. Par contre, au niveau du scénario, je préférais le premier. Il faut dire que cette fois-ci, c’était un film de Steven Seagal, dont le titre devait être « Dangerous man » ou qqch du style. Moi je vous dis, un tel concentré de conneries, c’est surtout dangereux pour vos neurones. C’est super mal tourné, Steven Seagal ne peut vraiment pas se définir comme acteur je pense et en plus s’il veut avoir un minimum de crédibilité dans les films d’actions, il ferait bien de perdre 30 kilos.
Le tableau est-il si noir en ce qui concerne mes moments TV ? Nullement. Je dirais même que depuis que je suis ici, je regarde plus souvent la TV, ce qui m’aide dans mon apprentissage de la langue : d’une part, j’entends de nouveaux mots que je peux parfois comprendre en fonction du contexte et d’autre part, je me rends compte que je comprends de plus en plus des dialogues simples. Vous allez sans doute rire, mais je regarde régulièrement des séries TV un peu idiotes, style « Sous le soleil » ou d’autres conneries du genre, bien entendu adapté à l’environnement culturel russe. Chaque jour, en soirée, il y a deux épisodes de « Универ » une série qui se déroule dans des kots étudiants et qui met en scène plusieurs personnages (étudiants, jeunes travailleurs, oligarque). Le scénario n’est sans doute pas très élaboré mais au moins cela a l’avantage d’être compréhensible par un débutant comme moi. En général, c’est assez intéressant car il y a pas mal de chaînes différentes, certaines étant plus spécialisées que d’autres (chaîne cinéma généraliste, cinéma fantastique et science-fiction, chaîne sport) et donc on a toujours quelque chose à regarder. D’ailleurs, le grand événement sportif du moment étant les Jeux Olympiques de Vancouver, je passe également du temps à regarder certains sports. Ici, c’est plutôt le hockey ainsi que le patinage artistique qui sont très populaires, mais en général, ,dès qu’il y a des athlètes russes dans la compétition, les gens s’y intéressent. Malheureusement, les résultats de la délégation russe ne sont pas excellents (8ème au général je pense) ce qui refroidit peut être l’intérêt de certains spectateurs potentiels. Bien entendu, on parle déjà beaucoup sur les chaînes russes des prochaines olympiades d’hiver, qui se tiendront en Russie, les travaux se poursuivant pour construire les différents sites, c’est toujours l’occasion de montrer à la télévision Poutine en train d’écouter le chef des travaux ou se rendre sur les lieux. En parlant de Sotchi, je me demande d’ailleurs comment ils ont pu choisir un tel emplacement pour les jeux. Si je ne conteste pas du tout le choix de la Russie comme pays organisateur, je me demande toujours comment l’organisation des jeux va se faire en pratique. D’une part, je ne suis pas certain qu’il y aura assez de neige (merci les canons à neige) et d’autre part, le site est tout de même situé à proximité de la frontière géorgienne, dans une région séparatiste. Mais je m’emporte ici, les sages du comité olympique ont sans doute eu d’excellents arguments pour choisir cette ville, en toute transparence et sans pression d’aucune sorte.

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