dimanche 25 avril 2010

Début mars

Semaine du  8 mars 2010
Dernière semaine avant le départ en vacances de mon professeur, pour un repos bien mérité en Egypte. Je pense que c’est durant l’hiver que l’on doit le plus entendre que Санкт-Петербург est la grande ville la plus au nord sur terre. En effet, elle abrite 5 millions d’habitants et se trouve à la même latitude que les villes d'Oslo et de Stockholm ainsi que du sud de l'Alaska ou de la pointe sud du Groënland (dixit Wikipedia). Les gens souffrent donc ici, comme en Finlande d’ailleurs d’un manque de soleil durant les longs mois d’hiver (vous vous rappelez, le soleil qui se lève vers 10h et disparaît vers 16h). Raison pour laquelle sans doute les voyages en Egypte et Turquie sont tellement prisés. Une autre raison est que vu la difficulté pour obtenir un visa pour les Russes, les pays qui n’appliquent pas de politique de visa pour les Russes sont donc très prisés par ceux-ci. Si vous voulez savoir où rencontrer des Russes en vacances, il vous suffit de savoir quel pays ne leur demande pas de visa. Autre raison pour laquelle le repos de mon professeur est amplement mérité est que cela fait maintenant bientôt 3 mois que nous avons cours ensemble ;-). Pour ma part, je dois me rendre en Belgique à la fin de cette semaine pour régler un nouveau problème administratif (carte d’identité perdue fin décembre). Heureusement, j’y vais également pour un événement plus sympathique, à savoir l’anniversaire de Guen, son entrée dans le club des trentenaires. A l’école, comme je manquerai les cours lundi et mardi prochain, j’ai droit à une double dose de cours cette semaine-ci, pour compenser. J’ai d’ailleurs l’impression d’avaler des tonnes de grammaire et de vocabulaire. Le fait d’être seul est bénéfique à ce niveau, même si parfois, un bon débat me manque. Bientôt, je vais avoir terminé les 3 livres d’apprentissage du russe, ceux que j’aurais dû parcourir en 3 ou 4 ans si j’étais resté en Belgique et avais poursuivi mon apprentissage au centre culturel. C’est fou le temps qu’on peut gagner en se rendant dans le pays pour apprendre la langue au lieu de rester en Belgique. De ce point de vue-là, je ne regrette aucunement mon choix… d’ailleurs, je ne le regrette à aucun point de vue.
Vendredi soir, je vais encore boire un verre avec d’autres étudiants. Je ne pense pas que je vous ai déjà parlé du Дача. C’est un bar,où l’ambiance est fort sympathique, toujours plein le weekend, rempli d’étudiants, russes pour la plupart et étrangers. Le genre d’endroit où vous êtes toujours sûr de retrouver des amis et de passer un moment sympa dans la bonne humeur et la décontraction. Seul bémol : ne pas être claustrophobe (trop de personnes pour la capacité réelle du bar) et ne pas être allergique à la fumée (mais ça c’est souvent dans les bars). Durant les mois d’hiver, je teste d’ailleurs pour vous le « je danse avec des chaussures de marche ». Au départ, c’est assez déconcertant, mais après cela comporte quelques avantages, comme le fait de pouvoir se faire marcher sur les pieds sans problèmes :-) Bien entendu, pas la peine de vouloir faire un « moonwalk » vous n’y arriverez pas, mais avec un peu d’entraînement, on ne sent quasiment plus que l’on porte ces horribles chaussures.
Le samedi, je prends donc l’avion dans l’après-midi pour arriver dans la soirée à Bruxelles. Et me rendre quasi directement à l’anniversaire de Guen (si ça c’est pas du dévouement ;-), où j’ai la joie de tous vous retrouver, et de vous raconter mes passionantes histoires. Un bon point pour la musique et le bar Guen… Un bon point à Fred pour le super cadeau d’anniversaire… Un bon point à tous d’avoir été là pour se retrouver (en général c’est dur d’accorder les agendas, ici tout le monde quasiment était présent dans la même salle.
Semaine du 15 mars 2010
Le 15 mars, je me rends à la maison communale pour demander ma carte d’identité, ce qui je le rappelle était la raison officielle de mon retour. Comme à mon habitude, j’arrive relativement tôt au guichet du service à la population et remplis toutes les formalités. La bonne nouvelle est que je ne serai pas obliger de revenir en Belgique pour réceptionner ma nouvelle carte d’identité. Le côté frustrant est que chaque fois que je reviens, la formalité administrative pour laquelle je reviens dure chaque fois au maximum 10 minutes, ce qui fait un peu cher la minute administrative. Mais bon, cette fois-ci j’ai réussi à combiner mes formalités administratives avec une super anniversaire.
Sur les bons conseils de ma maman, je me rends également chez le médecin, qui m’apprend que je ne suis pas vraiment guéri. Je vous épargne les termes techniques, mais en gros, l’infection à l’oreille n’a pas disparu comme par enchantement, le problème aux bronches n’ont plus. Bref, je repars en Russie avec quelques médicaments supplémentaires. Je pense honnêtement que quelques degrés en plus au thermomètre m’aideraient plus que ces médicaments, mais comme on dit ici « Что же делать » (que faire ?). Ici les microbes sont donc plutôt tenaces, et je pourrai donc dire quelques semaines plus tard que j’ai survécu à l’hiver russe :-) (Я пережил русскую зимну)
Le 16 mars, je reviens donc à St-Petersbourg, je retrouve ma famille d’accueil, l’accueil enthousiaste du chien, les plats un peu trop caloriques de la maman, l’hiver russe toujours aussi rude. En même temps, comme tout bon étudiant qui se respecte, je fais mes devoirs, ceux qui étaient prévus pour ce weekend, mais bon comme nul n’est parfait. En effet, quand je rentres à Bruxelles et que je vais donc ne pas avoir la possibilté de parler russe durant quelques jours, mon cher professeur me prépare quelques exercices supplémentaires, histoire que je n’oublie rien de ma grammaire. Bref, j’ai toujours pour 3 jours de devoir, que je fais toujours l’après-midi de mon retour.
Le 17 mars, je ne le sais pas encore, mais ce sera mon dernier jour (en tout cas pour l’instant) avec mon professeur de russe. En effet, elle part demain en vacances pour une dizaine de jours et entretemps, j’aurai un autre professeur. Encore une fois, comme elle est très prévoyante, elle m’a gentillement préparé une foule de choses à faire pour le lundi suivant. Et ça tombe très bien, car comme on venait justement d’apprendre ce jour-là les différentes formes du participe, je vais pouvoir m’entraîner comme un vrai sportif cérébral (je ne sais pas si le terme existe, un champion de Sudoku ou de mots-croisés est-il un sportif ?). Contrairement à la langue française, en russe, on utilise assez peu les participes dans la langue parlée. Ils sont principalement utilisés dans la langue écrite, et encore, c’est le signe d’une éducation supérieure. En résumé, si vous avez été à l’université, vous utiliserez les différentes formes du participe à l’écrit, car durant vos années d’université, on vous aura poussé à le faire. Par contre, à l’oral on utilise très souvent une autre formulation. Et quand vous savez comment ils se forment vous comprenez aisément pourquoi on ne les utilise qu’à l’écrit.
Comme en français, on distingue le participe présent et passé. Ensuite, dans chaque catégorie, on distingue la forme active de la forme passive. Bien entendu, les verbes du premier et du second groupe forment leurs participes différement et on ajoute à cela quelques exceptions. Bref, ce n’est pas toujours simple à former, encore moins à prononcer (en tout cas pour moi) et enfin on l’accord bien entendu avec le nom auquel il se rapporte. Contrairement au français, il n’y a heureusement pas 200 règles d’accord différentes, mais il y a toujours bien moyen de s’amuser, je vous rassure.
En quittant le cours ce mercredi 17 mars, je m’imagine donc libre comme l’air pour les 4 prochains jours, libre de gérer mon temps comme je l’entends, de réviser ma grammaire et en même temps, si le temps est clément de me balader en ville. Et pourtant, comme si je le sentais, je reste un peu plus tard ce jour-là après les cours. Et voilà que ma chère Anna, notre charmante secrétaire vient me prévenir que quelqu’un a téléphoné à l’école pour savoir si elle pouvait apprendre le français, que l’on lui a naturellement répondu que c’était possible et surtout qu’elle arrivait dans 15 minutes. Je dirais que c’est un peu typique de la mentalité russe, de savoir vendre à merveille les compétences de quelqu’un, sans que celui-ci ne soit réellement au courant et sans qu’il ait vraiment toutes les compétences requises pour la fonction ;-). Je vais donc devoir m’improviser professeur de français et apprendre un peu sur le tas, par la pratique, comment donner cours.
Me voila donc, 15 minutes plus tard, en train de discuter avec ma future étudiante, pour savoir ce qu’elle recherche exactement, quel est son niveau en français et quand elle veut commencer. Mon étudiante, Yana, souhaite se rendre l’année prochaine en France, dans le cadre d’un échange d’étudiants entre universités (un peu comme un Erasmus) et pour ce faire à besoin de se perfectionner en français avant de rentrer à l’université. Une des raisons pour laquelle elle se rend à l’école, en plus de pouvoir profiter de mes conseils avisés et de mon aura réconfortante (mais cela vous n’en doutiez pas j’en suis certain ;-) c’est que l’école peut lui fournir le document nécessaire pour que tout soit en ordre au niveau des papiers avec son université. Elle paie pour les heures de cours, et comme nous sommes certains de son potentiel, on lui accorde déjà le précieux sésame, en tout cas c’est ce que j’en ai compris, et c’est ce qui explique sans doute qu’elle a dû s’engager pour 100 heures de cours. Vous vous ferez donc votre propre opinion sur les pratiques en cours en Russie, pour ma part, je trouve cela un peu étrange. Néanmoins, j’accepte de lui enseigner le français, en échange, je recevrai des heures de russe. Il n’empêche que je suis un peu paniqué, n’ayant jamais enseigné quelque matière que ce soit. Je pars donc à la recherche d’un livre pour enseigner. Je fais plusieurs librairies mais peu d’ouvrages me plaisent réellement. En tout cas, je ne trouve pas de « méthode de français » qui soit à mon goût. Je me rabats donc sur un livre de grammaire (exercices + tableaux de conjugaison) et le soir, je commence à chercher sur internet tout ce qui pourrait m’aider pour construire mon cours. Grâce entre autre à ma sœur, j’établis un plan des premières leçons.
Jeudi 18 mars 2010
On peut dire que cela démarre fort au niveau des cours. Mon étudiante, très motivée, voulait déjà commencer les cours hier, mais j’ai heureusement obtenu un délai de quelques heures, afin de préparer de manière consciencieuse la première leçon. Le fait d’apprendre le russe m’aide d’ailleurs grandement, je peux en effet reprendre en partie l’architecture de mes premières leçons. On commence donc par les présentations. Cela me permet d’évaluer son niveau et d’en connaître plus sur elle.
Yana est chanteuse de jazz, étudiante en faculté de philo à l’université de St-Petersbourg et à présent, étudiante à l’école de langue « Extra-Class » avec comme professeur, Vincent ;-). A l’université, elle étudie l’influence réciproque des musiques européennes et américaines sur la musique russe. Elle donne des concerts assez régulièrement dans des salles et cafés en ville. Si vous êtes curieux, elle a un site web où elle présente ses différents projets musicaux : http://www.yanafortep.com/
Vendredi 19 mars 2010
Les cours continuent… Nous avons convenu d’un horaire assez ambitieux, puisque nous sommes censés avoir cours chaque jour. Hier et aujourd’hui, ça ne pose pas de problèmes, vu que je n’ai pas cours de russe, mais je commence déjà à me demander comment ce sera la semaine prochaine. Preuve de sa motivation, elle m’a demandé des articles à lire concernant la musique ou la culture en général. Nous continuons également à explorer les différents points de grammaire. Le problème ici est que comme elle a déjà eu des cours de français, je dois vérifier qu’elle maîtrise la grammaire, en utilisant des exercices récapitulatifs. Et c’est assez étrange comment fonctionne la mémoire, car elle maîtrise certains points compliqués et fait parfois des erreurs pour des choses assez simples.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire