Il y a de cela quelques mois, je vous avais déjà parlé de cet endroit. C’est un des trois palais situés à la périphérie de la ville, construit au 18ème siècle par l’architecte italien Rastrelli et ressemblant comme deux gouttes d’eau au palais d’hiver (Ermitage). Par la suite, le célèbre poète Poushkine a étudié dans les environs et à également passé une partie de sa vie, raison pour laquelle on a rebaptisé la ville de son nom.
L’avantage de venir en hiver en Russie, c’est que vous pouvez visiter l’intérieur des palais à votre aise, sans devoir faire trop de file. Il y a tellement de monde qui souhaitent le visiter que l’on a instauré des heures pour les groupes et pour les visiteurs individuels. Cette fois-ci, je n’étais pas venu voir le palais, mais le parc. Le but avoué en construisant cette édifice avait été de construire le plus beau palais au monde (en copiant le palais de Versailles), vous pouvez donc vous imaginer qu’ils n’ont pas laissé les jardins autour en friche…
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous raconter mon voyage jusque là.
M’étant déjà rendu sur les lieux en hiver, j’étais assez confiant de trouver sans trop de détours le parc. J’avais choisi la journée de samedi car c’était la plus fraîche de la semaine : on annonçait seulement 26°C à l’ombre, pour peu, on aura mis un pull. Je pars donc en début d’après-midi, pour un trajet d’une heure en métro et bus, afin de rejoindre le parc. Arrivé à la station de métro, je vois le bus qui m’attendait, bref tout allait bien. Grâce à ma connaissance du russe, je savais même lire le nom des différents arrêts, bref, dans peu de temps, j’allais me retrouver à flâner dans le parc.
Et bien non… Le sort en a voulu autrement… Bien qu’ayant regardé attentivement la route, je me suis retrouvé à Pavlovsk, le second château, construit par Catherine II pour se débarrasser de son fils Paul. Pour la petite histoire, le château de Pavlovsk a été construit en retrait de celui de Tsarkoe Selo par rapport à la ville, et ce pour une raison bien simple : Catherine II voulait avoir un œil sur son fils, sans pour autant l’avoir dans les pattes, mais comme elle voulait contrôler ses déplacements, elle a fait en sorte que lorsque le futur Paul Ier devait se rendre dans la capitale, il soit obligé de passer devant son palais à elle. Tout ça pour vous dire que j’avais dépassé mon objectif, et tel Paul Ier, je devais faire marche arrière pour arriver à l’endroit désiré. J’ai donc repris le bus, en regardant à nouveau attentivement le nom de chaque arrêt, et malgré cela, je me suis à nouveau trompé !!!
Comme dans tout bon tour de magie, vous allez me dire qu’il y a un truc. Je ne pouvais pas avoir raté à deux reprises l’arrêt sans que quelque chose d’autre m’échappe.
Ce qui m’était sorti de la tête, c’est qu’en hiver, je ne me suis pas arrêté à la station « Tsarkoe Selo » ou « Poushkine ». L’arrêt ne pouvait forcément pas s’appeler « gare de Poushkine »
Lassé par les trajets en bus, je me suis mis à marcher vers la ville, son palais et son parc. Et là, j’ai compris quelle avait été mon erreur. Le bus s’arrête bien à la gare, mais derrière celle-ci. Impossible si on ne connaît pas l’arrêt de devenir que c’est bien là qu’il faut descendre.
Après deux trajets de bus, j’étais tellement furieux contre moi-même que malgré la distance, j’étais bien résolu à ne pas prendre le bus à nouveau. Par conséquent, c’est seulement une heure et demie plus tard que je me suis retrouvé devant l’entrée du parc. Heureusement pour moi, celui-ci est ouvert assez tard (jusque minuit il me semble) et j’ai donc pu acheter une place. Ici encore, ce fut toute une aventure. En général, en montrant ma carte d’étudiant, j’ai droit à une très forte réduction ou l’entrée gratuite. Ici, et c’est bien la première fois, on m’a posé de nombreuses questions sur l’école, sur les études que je faisais ici. A croire qu’ils pensaient que j’avais falsifié ma carte d’étudiant. Résultat : j’ai payé le prix «étudiant étranger », la honte… A croire que je ne parle pas assez bien le russe…
Après toutes ses aventures, je suis enfin rentré dans le parc, et je peux vous dire que cela en valait vraiment la peine… Comme vous pourrez le voir sur les photos, il s’agit d’un jardin à la française, avec en son centre un grand lac artificiel ainsi qu’une île. Le parc est bien évidemment pourvu de divers pavillons, histoire de pouvoir prendre le thé ou comploter à son aise. Plusieurs monuments commémorent de grandes batailles, notamment la victoire sur les Turcs.
Dans le parc, malgré un nombre élevé de visiteurs, le calme règne, tout invite à se détendre, se promener, simplement profiter du beau temps pour flâner. J’y suis resté plusieurs heures, et c’est seulement vers 20 heures que j’ai repris le bus (le bon cette fois-ci) vers la ville.
Pour la petite histoire, j’y suis retourné une semaine plus tard avec Dan qui était en visite ici. En plus d’éviter de me tromper de bus (c’est le 545 qu’il faut prendre) j’ai en prime réussi à me faire passer pour un étudiant russe et obtenu l’entrée gratuite. Tout n’est donc pas perdu, en faisant des efforts et avec du personnel conciliant, je peux encore me faire passer pour un étudiant russe. Dan quant à lui s’est fait passé pour un étudiant étranger.
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