vendredi 20 août 2010

quelques musées...


La semaine dernière, j’ai mis à profit les journées de samedi et dimanche pour me rendre au musée. Sachant que je vais partir d’ici la fin du mois et ne sachant pas très bien quand je reviendrai ici, j’ai fait ma petite liste de choses à faire avant de partir. Parmi celles-ci, il y avait la visite de certains musées.

Je commence donc le samedi par me rendre au musée d’ethnographie. Pour être précis, il y a deux musées d’ethnographie dans la ville. Un consacré aux peuples de la Russie et qui se trouve non loin de l’Ermitage, le second, consacré aux peuples du monde, se trouve sur l’île d’en face, près de l’université. Il a été construit à la demande de Pierre Ier qui avait décidé de transférer sa collection personnelle et sa bibliothèque de Moscou vers la nouvelle capitale. Il fût le premier musée ouvert au public en Russie. Je vous invite à faire un saut sur le site web du musée, qui est fort bien fait (kunstkamera).

La visite commence par la présentation des esquimaux et des peuples du nord de la Sibérie. On raconte les expéditions entreprises au cours des siècles pour découvrir et ensuite coloniser ces terres. Au départ, les explications sont uniquement en russe, mais par la suite, je vous rassure, elles sont en anglais également. On part par la suite à la découverte d’autres cultures, via la présentation de vêtements, des reconstructions de village, des masques et autres artefacts.Tous les peuples et tous les continents sont mis à l’honneur dans ce musée. Ce qui m’a le plus impressionné, ce sont les tenues de samurais ainsi que leurs armes, les masques des différentes ethnies du sous-continent indien, mais aussi les maquettes de bateau venues d’Indonésie. Vous pouvez ajoutez à cela diverses expositions temporaires, dont une sur la route de la soie ainsi qu’une autre exposition photographique sur le Pérou pour compléter la visite des deux premiers étages. Le troisième étage est consacré à l’Académie des Sciences de St-Petersbourg au 18ème siècle. On peut y voir un matériel de petit chimiste (cela aurait plu à Tom et à Aurore) ainsi que divers autres instruments de mesure de l’époque. 

Malheureusement, le 4ème étage était fermé au public. C’est là que se trouve l’observatoire de l’Académie des Sciences. De là, on doit avoir une belle vue sur la ville… parce que je pense qu’à présent, espérer observer le ciel de cet endroit, avec la pollution lumineuse, c’est un peu un rêve fou. Il ne me restait donc qu’à rentrer chez moi et à me préparer pour ma visite du lendemain.
  
Dimanche, je suis allé une nouvelle fois au musée russe (cela doit être la 5ème fois depuis le mois de novembre) pour voir une intéressante exposition sur « le monde du travail vu par les artistes » (officiellement, cela s’appelle « hymne au travail » je pense) et qui présente toute une série de tableaux mais également d’affiches et de journaux de la période soviétique. A priori, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais comme les salles consacrées à la peinture soviétique étaient en travaux à chaque fois que je me suis rendu au musée, je me suis dit que cela valait la peine de visiter cette exposition temporaire. Il y avait là des tableaux digne de figurer dans le bureau d’un directeur d’Arcellor Mitall ou des Forges de Clabecq. L’acier, le charbon, les mineurs, les travailleurs modèles de l’Union Soviétique. Ce n’est pas forcément très sexy, mais cela représente bien une tranche d’histoire de la Russie, celle qui s’est déroulée après la révolution de 1917 et la guerre civile, les années 30 et 40, avec la course à l’industrialisation lourde, les projets pharaoniques de Staline. C’est d’autant plus important que cette période a eu une forte influence sur la modélisation du tissu économique russe. Cette politique d’industrialisation lourde produit encore ses effets aujourd’hui, et pas seulement en Russie, mais dans les autres pays de l’ex-empire soviétique. Comme vous le savez, c’est le parti qui contrôlait toutes les sphères de l’activité économique en Russie, mais également de la science. On peut dire que tout était imprégné de l’idéologie bolchévique. Si pour certains domaines bien précis, on peut dire que le système soviétique a enregistré certains succès, comme pour l’enseignement notamment, dans d’autres cas, ce fut une véritable catastrophe, allant parfois à contre-courant de l’histoire et du progrès. Saviez-vous par exemple que Staline fit interdire la génétique et la cybernétique ? Et que sans le « prétexte » de la bombe atomique, certaines branches de la physique comme la relativité générale et la mécanique quantique auraient également été mise à l’écart par le pouvoir soviétique.
Mais je reparlerai de ces anecdotes de la vie durant la période soviétique dans un autre article.

En face de l’exposition consacrée au travail, se tenait une expo d’art moderne intitulée « Le ciel dans l’art ». Comme vous pouvez vous en douter c’était beaucoup plus drôle. Beaucoup de bleu dans les tableaux, un peu de blanc aussi pour les nuages… Des photos très sympas aussi, bref assez éclectique comme exposition. Le plus drôle était sans doute la projection d’un documentaire sur les aurores boréales. Je me suis assis là deux minutes, c’était en effet très joli. Par contre, il y a des gens qui restaient là des heures, comme hypnotisés. Pour mon prochain voyage, il faut que j’aille voir les aurores boréales :-)

Comme vous aurez eu l’occasion de voir, le temps en Russie s’est sensiblement rafraîchi, abandonnant une zone de chaleur tropicale pour un temps plus conforme à la saison. A St-Petersbourg, qui au niveau du temps ne diffère pas beaucoup de Bruxelles, cela veut dire qu’après quelques journées de soleil, la pluie vous attend, prête à vous tomber dessus au moment le plus inopportun, c'est-à-dire, lorsque vous avez oublié votre parapluie chez vous. Après quelques centaines de mètres, et malgré le fait que je m’étais dépêché pour rentrer, je me suis fait 
rattraper par une pluie digne de chez nous, drache nationale. Le temps que je trouve un endroit pour m’abriter, il était déjà trop tard, c’est pourquoi j’ai décidé de parcourir les quelques centaines de mètres qui me restaient sous la pluie, comme si je prenais une douche tout habillé.
L’accès gratuit aux musées et la grande diversité de ceux-ci, cela va me manquer quand je vais rentrer en Belgique.

samedi 14 août 2010

Щелкунчик

Pour lutter contre la chaleur estivale, pourquoi ne pas se plonger dans la magie et la féerie d’un conte d’hiver ? C’est ce que j’ai fait ce vendredi 13 août. Les superstitieux se seraient sans doute barricadés chez eux, mais vu la foule qui se promenait dans les rues hier, je suppose que les gens ici ne sont pas frappés par ce genre de superstition (par d’autres sans doute, vu le nombre d’icones que l’on retrouve un peu partout). C’est au théâtre Mikhailovski que je me suis rendu pour assister à la représentation de « Casse-Noisette », le célèbre ballet originellement chorégraphié par Lev Ivanov et dont la musique a été composée par Tchaikovski. Il a été présenté pour la première fois en 1892 à St-Petersbourg au théâtre Mariinsky. Comme je vous le disais précédemment, l’été est le moment où sont joués les grands classiques du ballet. Au théâtre Mikhailovski se produit actuellement une troupe de ballet (Jacobson Ballet) qui joue durant le mois d’août divers classiques comme Лебединое Озеро (Le lac des Cygnes), Щелкунчик (Casse-noisette), Ромео и джульетта (Romeo et Juliette) et Спартак (Spartacus).

Que raconte ce ballet ?

Pour une version détaillée de l’histoire, vous pouvez aller lire l’article sur Wikipedia ou pour les courageux lire le conte d’Hoffman (en allemand pour les très courageux)

Pour les autres, il s’agit d’un conte de noël dans lequel on parle des préparatifs de la fête, de mystérieux cadeaux qui s’animent comme par magie, de souris et surtout de rêves d’enfants… Comme pour le lac des cygnes, la musique a été reprise dans de nombreux films et en assistant au ballet, vous reconnaîtrez donc des airs familiers, comme par exemple celui-ci. Sachez enfin qu’en parlant d’adaptation, certaines musiques et scènes du ballet ont été reprises dans le film d’animation de Walt Disney « Fantasia ».

Mes impressions

Le lieu du spectacle joue évidemment un rôle dans le fait que vous apprécierez une pièce, un ballet. Je dirais que ce théâtre par sa beauté rajoute à la magie du spectacle. C’est un des théâtres impériaux (avec le Mariinsky et le théâtre Alexandriinsky) et les autorités locales ont su restaurés à merveille ce lieu culturel. Pour vous donnez une idée, la salle ressemble à celle de l’opéra de la Monnaie. Détail amusant, comme à l’époque du tsar la langue française était très appréciée et parlée à la cour et par l’aristocratie russe, les noms russes pour désigner les différents endroits de la salle sont des noms d’origine française : on parlera donc de parterre, de baignoire, de bel étage et de loge.Il n’y a que pour les étages supérieurs, là où les nobles ne s’aventuraient sans doute jamais, que les noms utilisés sont d’origine. A l’heure actuelle, même si le prix des places ici est beaucoup plus accessibles (il y a souvent des réductions pour les citoyens de la fédération de Russie), beaucoup de gens ne s’aventurent encore que dans les étages supérieurs. Pour ce spectacle-ci, il n’y avait malheureusement pas de réductions (je suis considéré comme un étudiant russe et par conséquent ai droit aux prix avantageux) mais le spectacle valait largement le prix que j’ai payé.

Une fois assis à ma place, et ayant remarqué qu’il y avait cette fois-ci beaucoup moins de touristes étrangers, je suis prêt à être émerveillé. Et l’on peut vraiment parler de féerie en ce début de spectacle. En faisant abstraction du monde qui nous entoure et en se concentrant sur le ballet et la musique, on se sent transporté au 19ème siècle, dans une riche maison bourgeoise où l’on termine les préparatifs de noël. L’histoire est censée se passer en Allemagne, mais moi cela m’a fait pensé à un noël anglais, à une ambiance comme décrite dans « Peter Pan ». Dehors il neige, à l’intérieur trône un grand sapin, une vingtaine d’enfants jouent et soudain arrive le moment de la distribution des cadeaux par l’oncle de la famille. Parmi les cadeaux un grand soldat de bois mécanique… qui durant la nuit s’animera dans les rêves de la jeune fille qui a reçu ce cadeau. Pour ceux dont l’imagination est plutôt orientée vers les choses anciennes, tout cela ressemble à une scène dans un magasin de jouets en bois du 19ème siècle. Pour ceux qui sont plutôt orientés films d’animation, imaginez-vous dans Toy Story. Par la suite, l’histoire se poursuit dans les rêves de la jeune fille, on voit apparaître les souris, les jouets commencent à s’animer… Dans un autre genre, on pourrait rapprocher cette féerie d’Alice aux pays des merveilles.

Encore une fois, c’est vraiment la musique qui a aidé à me transporter dans la magie de l’histoire. Je ne pense pas que la danse m’intéresse à ce point que pour vraiment apprécier certaines performances techniques des danseurs. C’est plutôt en regardant la scène comme un tableau, en le considérant dans son ensemble et en le voyant s’animer que la magie commence à mon sens à agir. C’est donc quand il y a un grand nombre de danseurs et ballerines sur scène et que la chorégraphie forme un océan de mouvements et de couleurs que je me laisse emporter par la féerie du ballet. Par contre quand il y a des performances techniques solo ou en duo, ce sont plutôt les gens du parterre qui applaudissent.
Dans l’ensemble j’ai vraiment beaucoup apprécié le spectacle et d’ailleurs je vous conseille d’aller voir ce ballet. Fred m’informait justement que se tiendra en décembre plusieurs représentations de ce spectacle à Bruxelles. Je pense que c’est réellement la période idéale pour aller le voir.

Quant à moi, vous serez dans quelques semaines si j’ai succombé à l’appel d’un autre ballet ou si je me suis tenu sage en attendant mon retour en Belgique.

samedi 7 août 2010

Le lac des cygnes


Même ceux qui n’ont jamais été voir ce ballet, ou n’ont jamais écouté la musique de Tchaikovsky chez eux, reconnaîtront cette musique en l’entendant ; il s’agit du « Lac des cygnes » (Лебединое озеро), ballet que j’ai été voir ce dimanche 1 août. Pourquoi un ballet me direz-vous ? La première raison est d’ordre purement pratique… En été à St-Petersbourg, la saison théâtrale s’arrête et ne recommence qu’en septembre, ce qui laisse le temps aux artistes de se reposer ou de partir en tournée participer à différents festivals. Lorsque Dan est venu il y a deux semaines, j’ai d’ailleurs raté le dernier opéra de la saison au Marinsky « Prince Igor ». Un conseil donc pour ceux qui viendraient ici pour profiter de la grande qualité de la scène théâtrale locale : en août, ça ne sert à rien de venir.

Ou alors, il faut être comme moi un peu curieux, ou amateur de ballet. Et pour ceux là, l’offre est abondante. Le jour où je me suis rendu au ballet, on proposait « Le lac des cygnes » dans trois endroits différents. C’est donc par curiosité que je me suis rendu au « Театр Музыкальной Комедии » (théâtre de la comédie musicale, en français) pour assister à mon premier ballet. 

Et je n’étais pas le seul dans ce cas… c’est en effet par car entier que les touristes sont amenés au ballet. Dans mon théâtre, c’était principalement des touristes chinois. Moi qui avait fait un effort sur l’habillement, vu le lieu, il me semble que mes camarades étrangers n’ont pas eu la même délicatesse, en tout cas pas les Chinois ni les Anglais. Quelqu’un peut-il m’expliquer l’utilité de mettre des chaussettes quand on porte des sandales, et que par ailleurs il y a 25°C ? C’est très drôle, comme le théâtre accueille principalement des touristes en été, on y vend des cartes postales et d’autres souvenirs. En tout cas, le bâtiment est vraiment splendide, l’intérieur est aussi luxueux qu’un palais et la salle de concert magnifique. Je ne puis que vous recommander d’y faire un tour si vous passez par ici.

Quant est-il du ballet me demanderez-vous ?

Je partais avec un a-priori pas tout à fait positif, l’idée de regarder et écouter durant deux heures des danseurs faisant des pointes et autres gestes techniques sur de la musique classique ne m’inspirait pas beaucoup. Et bien j’avais entièrement tort. Dès le début, on se laisse emporter par la musique de Tchaikovsky et les mouvements harmonieux des danseurs et ballerines. En parlant de ballerines, certains se rappelleront sans doute le film « Les poupées russes » dont l’action se passe en partie à St-Petersbourg. Un des personnages tombent amoureux d’une ballerine russe en tournée à Londres et décide d’apprendre le russe avant de partir là-bas pour la séduire. Lors d’une des scènes, Xavier et William se retrouvent au ballet, Xavier essayant de reconnaître la future femme de William parmi toutes les ballerines… Et bien, à certains moments j’ai eu la même sensation… Durant certaines scènes, elles se ressemblaient toutes pour moi… Pour vous donnez une idée du ballet, voici une petite vidéo: seconde video
Je dois avouer que je n’ai pas vu le temps passer, en tout cas jusqu’à l’entracte. Par la suite, la musique est un peu moins prenante selon moi, mais cela reste très bien. Un détail assez amusant, c’est qu’il y a eu deux entractes. C’est un peu perturbant, car déjà les gens en temps normal ne savent pas très bien quand les différentes scènes se terminent et donc quand applaudir, alors un second entracte peut être la source de quelques cafouillages dans le public : c’est fini ou pas ? Je ne connais pas la fin de l’histoire donc comment savoir que c’est terminé ? Bizarre, il y a des gens qui semblent partir… De plus je n’ai pas bien compris pourquoi il y avait ce dernier entracte, vu qu’il ne restait pratiquement qu’une scène à jouer. Tout ça pour vous conseiller de ne pas trop vous pressez quand un spectacle semble se terminer, la vraie fin, c’est quand on apporte les fleurs aux artistes. 

En résumé pour 600 roubles (15 euros) vous avez droit à un spectacle de grande qualité, dans un endroit fastueux. Si vous ajoutez à cela qu’il ne faut même pas se presser pour acheter les places 3 mois à l’avance (l’offre est pléthorique, donc si vous vous procurez les places la veille ou le jour même c’est encore bon), un excellent plan culture comme il en existe heureusement de nombreux ici à St-Petersbourg.

dimanche 1 août 2010

L'examen

L’examen, c’est souvent une des seules raisons pour laquelle on étudie, en tout cas quand on est à l’école, et parfois encore à l’université. Pour moi, ce n’est évidemment pas le cas, c’est juste pour avoir un papier prouvant que je n’ai pas flâné ici pendant la moitié de l’année. C’est également un bon moyen de voir où j’en suis dans l’apprentissage du russe. Comme beaucoup de gens, j’ai décidé de passer l’examen correspondant au niveau européen B1 (ici il est appelé ТРКИ-1). C’est le plus souvent passé je pense, car c’est celui qui permet de postuler pour une place dans une université en Russie. Ici, contrairement à la Belgique, une fois son diplôme en poche, on ne peut pas rentrer dans l’université de son choix simplement car on le désire. Pour faire simple, vous pouvez postuler pour une des places gratuites dans l’université de votre choix, mais bien entendu le fait d’être accepté ou non dépendra de vos résultats à différents examens. Si vous n’êtes pas éligibles pour une des places gratuites, il vous reste la possibilité de payer un minerval mais là encore si vous êtes un mauvais étudiant, l’argent ne vous aidera pas. En tout cas, pas officiellement. Comme dans beaucoup de sphères d’activité, il y a toujours moyen de « s’acheter » un bon résultat. Pour moi, c’est un bon système (qui serait encore meilleur si il n’y avait pas le biais des résultats achetés) car il permet aux étudiants qui entreprennent des études de le faire en connaissance de cause. Cela évite également de nombreuses désillusions aux étudiants en fin de première année (cf. notre magnifique taux d’échec de 50%).
A ce propos, sans aller aussi loin que les examens d’entrée, il y avait dans « La Libre » un article fort intéressant sur un « test d’orientation » à faire passer aux étudiants en fin de secondaire (ici)

A la mi-juin, je me suis donc mis à réviser ma grammaire russe et à me préparer pour les différentes parties qui composent l’examen. Il y en a 5 :

a) Écrire une lettre d’une part et d’autre part formuler une réponse écrite (une page) par rapport à des questions concernant un texte à lire
b) Grammaire : il s’agit ici d’un choix multiple de 165 questions, à répondre impérativement en une heure. Vous avez donc tout intérêt à prêt car vous n’avez pas vraiment le temps de réfléchir aux questions.
c) Lecture d’un texte avec par la suite un questionnaire à choix multiple
d) Une partie orale avec des fragments audios à écouter
e) Conversation avec un examinateur

L’examen est étalé sur deux jours, le troisième jour, on connaît déjà son résultat (vive les questionnaires à choix multiples).
La première bonne nouvelle, c’est qu’ayant demandé une préparation spécifique pour l’examen, j’ai eu droit à des cours individuels, et c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Katia, mon professeur favori, avec qui j’ai passé les longs mois d’hiver à découvrir les joies de la grammaire russe. La seconde bonne nouvelle c’est que de ce fait, j’ai également largué mon groupe. Comme je vous l’expliquerai dans un autre article, le groupe s’était fort agrandi, passant de 3 étudiants à 5 et même 9 durant la seconde semaine de ma préparation. Ayant été bien préparé lors de ces derniers mois, je n’ai pas ressenti de difficultés particulières pour me remettre en tête toute la matière, le seul souci étant la gestion du temps. Ce qui est très bien aussi, c’est que la matière d’examen est très précisément exposée et disponible par tous, il n’y a donc aucune surprise à attendre de ce côté-là. En gros, on attend de l’étudiant qu’il connaisse parfaitement sa grammaire, qu’il puisse s’exprimer sur des sujets de conversation courant (son travail, sa famille, ses loisirs), qu’il comprenne des textes de longueur moyenne (une à deux pages) et qu’il puisse également parler de ses sujets au cours d’une conversation d’une dizaine de minutes. Durant ces deux semaines, j’ai donc passé des tests de grammaire, écrit de nombreuses lettres (pour couvrir tous les sujets demandés, donc à ma famille, mes amis, mon futur patron), beaucoup discuté avec mon professeur…

Après deux semaines, vint enfin le jour de l’examen, le dernier mercredi du mois de juin pour être exact.

J’ai eu droit à deux surprises ce jour-là : la première, c’est que bien qu’étant arrivé à temps à l’arrêt de bus, celui-ci n’est jamais arrivé. J’ai donc dû faire preuve d’un peu de débrouillardise pour en trouver un autre, qui allait dans la même direction (mais s’arrêtait avant le centre d’examen). La seconde surprise, c’est que je m’étais quelque peu trompé sur l’ordre des matières à passer… Je ne pensais pas devoir écrire ma lettre en premier lieu, à vrai dire, je pensais que c’était le second jour. Heureusement, cela n’a pas porté à conséquence, quoique mon résultat pour cette partie était moins bon que pour les autres.


Comme je vous l’ai mentionné, je passais l’examen de « premier niveau ». J’ai été étonné de voir que certaines personnes passaient les examens de second ou troisième niveau. Pour vous donnez une idée, le second correspond à un niveau obtenu après 5 ans d’études universitaires en Russie. Le troisième étant réservé aux traducteurs je pense. Je n’ose même pas imaginer le temps qu’ils ont passé à étudier la langue.

Une dernière chose qui m’a étonné, c’est que pour acquérir la nationalité russe, il faut également passer un test de langue, test qui est d’un niveau plus élevé que celui que j’ai passé. Je ne sais pas s’il existe des exceptions, et d’ailleurs je ne connais pas toutes les conditions pour l’acquisition de la nationalité, mais en comparaison de ce qui se passe chez nous, c’est assez strict je trouve. Et dire que certains se plaignent parce qu’on les invite à apprendre gratuitement le néerlandais pour favoriser leur intégration. Si vous voulez on peut toujours envoyer O. Maingain dans une école de langue en Sibérie, ça nous ferait des vacances et de plus il pourrait nous parler de la protection des minorités linkebeekoise dans la périphérie de Komsomol’sk na amure. ;-)
Après deux demi-journées d’examen, quelques heures d’attente, j’ai obtenu un joli listing avec mes résultats (moyenne de 96%, seule la partie « lettre » un peu plus décevante). Une semaine plus tard, j’ai même obtenu un joli diplôme, mais malheureusement sans la note finale.

En définitive, je conseille à tout ceux qui viennent apprendre le russe pour au moins un semestre de passer l’examen. Si vous voulez trouver un travail ici, ou en relation avec la Russie ou la langue russe, il vous sera sans doute beaucoup plus utile que n’importe quel autre diplôme venant d’une école de langue ou université. Vous avez au moins la preuve officielle que vous avez atteint un niveau dans la connaissance de la langue russe. De plus, même si cela demande une certaine préparation, ce n’est pas non plus hors de portée pour un étudiant plus ou moins consciencieux et appliqué.