La semaine dernière, j’ai mis à profit les journées de samedi et dimanche pour me rendre au musée. Sachant que je vais partir d’ici la fin du mois et ne sachant pas très bien quand je reviendrai ici, j’ai fait ma petite liste de choses à faire avant de partir. Parmi celles-ci, il y avait la visite de certains musées.
Je commence donc le samedi par me rendre au musée d’ethnographie. Pour être précis, il y a deux musées d’ethnographie dans la ville. Un consacré aux peuples de la Russie et qui se trouve non loin de l’Ermitage, le second, consacré aux peuples du monde, se trouve sur l’île d’en face, près de l’université. Il a été construit à la demande de Pierre Ier qui avait décidé de transférer sa collection personnelle et sa bibliothèque de Moscou vers la nouvelle capitale. Il fût le premier musée ouvert au public en Russie. Je vous invite à faire un saut sur le site web du musée, qui est fort bien fait (kunstkamera).
La visite commence par la présentation des esquimaux et des peuples du nord de la Sibérie. On raconte les expéditions entreprises au cours des siècles pour découvrir et ensuite coloniser ces terres. Au départ, les explications sont uniquement en russe, mais par la suite, je vous rassure, elles sont en anglais également. On part par la suite à la découverte d’autres cultures, via la présentation de vêtements, des reconstructions de village, des masques et autres artefacts.Tous les peuples et tous les continents sont mis à l’honneur dans ce musée. Ce qui m’a le plus impressionné, ce sont les tenues de samurais ainsi que leurs armes, les masques des différentes ethnies du sous-continent indien, mais aussi les maquettes de bateau venues d’Indonésie. Vous pouvez ajoutez à cela diverses expositions temporaires, dont une sur la route de la soie ainsi qu’une autre exposition photographique sur le Pérou pour compléter la visite des deux premiers étages. Le troisième étage est consacré à l’Académie des Sciences de St-Petersbourg au 18ème siècle. On peut y voir un matériel de petit chimiste (cela aurait plu à Tom et à Aurore) ainsi que divers autres instruments de mesure de l’époque.
Malheureusement, le 4ème étage était fermé au public. C’est là que se trouve l’observatoire de l’Académie des Sciences. De là, on doit avoir une belle vue sur la ville… parce que je pense qu’à présent, espérer observer le ciel de cet endroit, avec la pollution lumineuse, c’est un peu un rêve fou. Il ne me restait donc qu’à rentrer chez moi et à me préparer pour ma visite du lendemain.
Dimanche, je suis allé une nouvelle fois au musée russe (cela doit être la 5ème fois depuis le mois de novembre) pour voir une intéressante exposition sur « le monde du travail vu par les artistes » (officiellement, cela s’appelle « hymne au travail » je pense) et qui présente toute une série de tableaux mais également d’affiches et de journaux de la période soviétique. A priori, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais comme les salles consacrées à la peinture soviétique étaient en travaux à chaque fois que je me suis rendu au musée, je me suis dit que cela valait la peine de visiter cette exposition temporaire. Il y avait là des tableaux digne de figurer dans le bureau d’un directeur d’Arcellor Mitall ou des Forges de Clabecq. L’acier, le charbon, les mineurs, les travailleurs modèles de l’Union Soviétique. Ce n’est pas forcément très sexy, mais cela représente bien une tranche d’histoire de la Russie, celle qui s’est déroulée après la révolution de 1917 et la guerre civile, les années 30 et 40, avec la course à l’industrialisation lourde, les projets pharaoniques de Staline. C’est d’autant plus important que cette période a eu une forte influence sur la modélisation du tissu économique russe. Cette politique d’industrialisation lourde produit encore ses effets aujourd’hui, et pas seulement en Russie, mais dans les autres pays de l’ex-empire soviétique. Comme vous le savez, c’est le parti qui contrôlait toutes les sphères de l’activité économique en Russie, mais également de la science. On peut dire que tout était imprégné de l’idéologie bolchévique. Si pour certains domaines bien précis, on peut dire que le système soviétique a enregistré certains succès, comme pour l’enseignement notamment, dans d’autres cas, ce fut une véritable catastrophe, allant parfois à contre-courant de l’histoire et du progrès. Saviez-vous par exemple que Staline fit interdire la génétique et la cybernétique ? Et que sans le « prétexte » de la bombe atomique, certaines branches de la physique comme la relativité générale et la mécanique quantique auraient également été mise à l’écart par le pouvoir soviétique.
Mais je reparlerai de ces anecdotes de la vie durant la période soviétique dans un autre article.
En face de l’exposition consacrée au travail, se tenait une expo d’art moderne intitulée « Le ciel dans l’art ». Comme vous pouvez vous en douter c’était beaucoup plus drôle. Beaucoup de bleu dans les tableaux, un peu de blanc aussi pour les nuages… Des photos très sympas aussi, bref assez éclectique comme exposition. Le plus drôle était sans doute la projection d’un documentaire sur les aurores boréales. Je me suis assis là deux minutes, c’était en effet très joli. Par contre, il y a des gens qui restaient là des heures, comme hypnotisés. Pour mon prochain voyage, il faut que j’aille voir les aurores boréales :-)
Comme vous aurez eu l’occasion de voir, le temps en Russie s’est sensiblement rafraîchi, abandonnant une zone de chaleur tropicale pour un temps plus conforme à la saison. A St-Petersbourg, qui au niveau du temps ne diffère pas beaucoup de Bruxelles, cela veut dire qu’après quelques journées de soleil, la pluie vous attend, prête à vous tomber dessus au moment le plus inopportun, c'est-à-dire, lorsque vous avez oublié votre parapluie chez vous. Après quelques centaines de mètres, et malgré le fait que je m’étais dépêché pour rentrer, je me suis fait
rattraper par une pluie digne de chez nous, drache nationale. Le temps que je trouve un endroit pour m’abriter, il était déjà trop tard, c’est pourquoi j’ai décidé de parcourir les quelques centaines de mètres qui me restaient sous la pluie, comme si je prenais une douche tout habillé.
L’accès gratuit aux musées et la grande diversité de ceux-ci, cela va me manquer quand je vais rentrer en Belgique.