L’examen, c’est souvent une des seules raisons pour laquelle on étudie, en tout cas quand on est à l’école, et parfois encore à l’université. Pour moi, ce n’est évidemment pas le cas, c’est juste pour avoir un papier prouvant que je n’ai pas flâné ici pendant la moitié de l’année. C’est également un bon moyen de voir où j’en suis dans l’apprentissage du russe. Comme beaucoup de gens, j’ai décidé de passer l’examen correspondant au niveau européen B1 (ici il est appelé ТРКИ-1). C’est le plus souvent passé je pense, car c’est celui qui permet de postuler pour une place dans une université en Russie. Ici, contrairement à la Belgique, une fois son diplôme en poche, on ne peut pas rentrer dans l’université de son choix simplement car on le désire. Pour faire simple, vous pouvez postuler pour une des places gratuites dans l’université de votre choix, mais bien entendu le fait d’être accepté ou non dépendra de vos résultats à différents examens. Si vous n’êtes pas éligibles pour une des places gratuites, il vous reste la possibilité de payer un minerval mais là encore si vous êtes un mauvais étudiant, l’argent ne vous aidera pas. En tout cas, pas officiellement. Comme dans beaucoup de sphères d’activité, il y a toujours moyen de « s’acheter » un bon résultat. Pour moi, c’est un bon système (qui serait encore meilleur si il n’y avait pas le biais des résultats achetés) car il permet aux étudiants qui entreprennent des études de le faire en connaissance de cause. Cela évite également de nombreuses désillusions aux étudiants en fin de première année (cf. notre magnifique taux d’échec de 50%).
A ce propos, sans aller aussi loin que les examens d’entrée, il y avait dans « La Libre » un article fort intéressant sur un « test d’orientation » à faire passer aux étudiants en fin de secondaire (ici)
A la mi-juin, je me suis donc mis à réviser ma grammaire russe et à me préparer pour les différentes parties qui composent l’examen. Il y en a 5 :
a) Écrire une lettre d’une part et d’autre part formuler une réponse écrite (une page) par rapport à des questions concernant un texte à lire
b) Grammaire : il s’agit ici d’un choix multiple de 165 questions, à répondre impérativement en une heure. Vous avez donc tout intérêt à prêt car vous n’avez pas vraiment le temps de réfléchir aux questions.
c) Lecture d’un texte avec par la suite un questionnaire à choix multiple
d) Une partie orale avec des fragments audios à écouter
e) Conversation avec un examinateur
L’examen est étalé sur deux jours, le troisième jour, on connaît déjà son résultat (vive les questionnaires à choix multiples).
La première bonne nouvelle, c’est qu’ayant demandé une préparation spécifique pour l’examen, j’ai eu droit à des cours individuels, et c’est avec un grand plaisir que j’ai retrouvé Katia, mon professeur favori, avec qui j’ai passé les longs mois d’hiver à découvrir les joies de la grammaire russe. La seconde bonne nouvelle c’est que de ce fait, j’ai également largué mon groupe. Comme je vous l’expliquerai dans un autre article, le groupe s’était fort agrandi, passant de 3 étudiants à 5 et même 9 durant la seconde semaine de ma préparation. Ayant été bien préparé lors de ces derniers mois, je n’ai pas ressenti de difficultés particulières pour me remettre en tête toute la matière, le seul souci étant la gestion du temps. Ce qui est très bien aussi, c’est que la matière d’examen est très précisément exposée et disponible par tous, il n’y a donc aucune surprise à attendre de ce côté-là. En gros, on attend de l’étudiant qu’il connaisse parfaitement sa grammaire, qu’il puisse s’exprimer sur des sujets de conversation courant (son travail, sa famille, ses loisirs), qu’il comprenne des textes de longueur moyenne (une à deux pages) et qu’il puisse également parler de ses sujets au cours d’une conversation d’une dizaine de minutes. Durant ces deux semaines, j’ai donc passé des tests de grammaire, écrit de nombreuses lettres (pour couvrir tous les sujets demandés, donc à ma famille, mes amis, mon futur patron), beaucoup discuté avec mon professeur…
Après deux semaines, vint enfin le jour de l’examen, le dernier mercredi du mois de juin pour être exact.
J’ai eu droit à deux surprises ce jour-là : la première, c’est que bien qu’étant arrivé à temps à l’arrêt de bus, celui-ci n’est jamais arrivé. J’ai donc dû faire preuve d’un peu de débrouillardise pour en trouver un autre, qui allait dans la même direction (mais s’arrêtait avant le centre d’examen). La seconde surprise, c’est que je m’étais quelque peu trompé sur l’ordre des matières à passer… Je ne pensais pas devoir écrire ma lettre en premier lieu, à vrai dire, je pensais que c’était le second jour. Heureusement, cela n’a pas porté à conséquence, quoique mon résultat pour cette partie était moins bon que pour les autres.
Comme je vous l’ai mentionné, je passais l’examen de « premier niveau ». J’ai été étonné de voir que certaines personnes passaient les examens de second ou troisième niveau. Pour vous donnez une idée, le second correspond à un niveau obtenu après 5 ans d’études universitaires en Russie. Le troisième étant réservé aux traducteurs je pense. Je n’ose même pas imaginer le temps qu’ils ont passé à étudier la langue.
Une dernière chose qui m’a étonné, c’est que pour acquérir la nationalité russe, il faut également passer un test de langue, test qui est d’un niveau plus élevé que celui que j’ai passé. Je ne sais pas s’il existe des exceptions, et d’ailleurs je ne connais pas toutes les conditions pour l’acquisition de la nationalité, mais en comparaison de ce qui se passe chez nous, c’est assez strict je trouve. Et dire que certains se plaignent parce qu’on les invite à apprendre gratuitement le néerlandais pour favoriser leur intégration. Si vous voulez on peut toujours envoyer O. Maingain dans une école de langue en Sibérie, ça nous ferait des vacances et de plus il pourrait nous parler de la protection des minorités linkebeekoise dans la périphérie de Komsomol’sk na amure. ;-)
Après deux demi-journées d’examen, quelques heures d’attente, j’ai obtenu un joli listing avec mes résultats (moyenne de 96%, seule la partie « lettre » un peu plus décevante). Une semaine plus tard, j’ai même obtenu un joli diplôme, mais malheureusement sans la note finale.
En définitive, je conseille à tout ceux qui viennent apprendre le russe pour au moins un semestre de passer l’examen. Si vous voulez trouver un travail ici, ou en relation avec la Russie ou la langue russe, il vous sera sans doute beaucoup plus utile que n’importe quel autre diplôme venant d’une école de langue ou université. Vous avez au moins la preuve officielle que vous avez atteint un niveau dans la connaissance de la langue russe. De plus, même si cela demande une certaine préparation, ce n’est pas non plus hors de portée pour un étudiant plus ou moins consciencieux et appliqué.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire