Pour les plus attentifs d’entre vous, mon premier voyage en Russie s’était terminé par mon succès à l’examen de langues ainsi que deux mois d’été, passés entre autre à chercher du travail en Russie. Malheureusement, je n’avais pas su atteindre cet objectif, le marché du travail russe ayant ses règles propres ; j’y reviendrai un peu plus tard.
Je ne dois pas vous raconter la situation en Belgique, la crise politique, la situation sur le marché du travail (meilleure qu’en Russie), les horaires de la STIB et mon appartement décentré
Comme je me sentais encore jeune et avide de nouvelles expériences, j’ai donc décidé après plusieurs semaines de réflexion de revenir en Russie, toujours à St-Petersbourg, et ce toujours pour les mêmes raisons (on est obstiné ou on ne l’est pas)
Fort de ma propre expérience ainsi que de celle d’amis à moi (merci Ikbal) j’ai opté pour l’option « visa étudiant » ce qui me laissait une plus grande liberté d’action qu’un simple visa touristique ou visa pour raisons personnelles. C’est donc à nouveau l’école de langue Extra-Class qui allait m’accueillir pour un séjour plus ou moins long.
Une fois toutes les formalités administratives remplies, je me suis donc envolé vers la Russie, un beau matin de juin, le cœur léger mais les valises remplies à craquer (38kg en tout, répartis dans 3 sacs, sans payer de surcharge)
Première semaine : samedi 04 juin au samedi 11 juin 2011
Cette fois-ci je m’y étais pris à l’avance pour les formalités administratives, je m’étais préparé également en ce qui concerne de nombreux détails pratiques, mais étrangement, il y a un gros détail que je n’avais pas vraiment réglé, ou alors très partiellement. Il s’agissait de la question du logement : j’avais bien demandé à l’école de me trouver un appartement, mais malheureusement sans trop insister… heureusement, quelques jours avant mon départ, le directeur de l’école m’a proposé de loger dans son appartement pour une semaine, pendant qu’il était à Barcelone avec sa famille. Ce fut donc la première étape de mon périple ici : direction plein nord, dans un nouveau lotissement à quelques stations de métro du centre.
Comment vous décrire mon impression en voyant ce quartier ?
Ma première impression était mitigée : comme toutes les cités à appartement, les immeubles s’étendent à perte de vue, alignés le long de grands boulevards un peu vide, et d’ailleurs il est conseillé de prêter une grande attention aux coordonnées exactes de votre appartement au risque dans le cas contraire de vous retrouver devant une autre porte que la vôtre. Exactement la même situation vécue par le héros de ce grand classique du cinéma soviétique « Ирония Судьбы », qui, ayant été mis saoul dans un avion pour Leningrad se retrouve dans un appartement identique au sien à 600 km de distance. Cela ne m’est heureusement pas arrivé, mais j’ai néanmoins un jour essayé d’introduire le code de la porte d’entrée lorsque je me trouvais face à l’immeuble à côté du mien… Et pour les mauvaises langues, oui j’étais sobre ;-)
Par contre, même si ça ressemble à une banlieue un peu triste, c’est construit de telle manière à ce que vous ne manquiez de rien (vous retrouvez un grand nombre de magasins et vous n’êtes pas obligé de prendre la voiture pour aller au centre commercial qui se trouve à 25km de là) et surtout, les infrastructures de transport existent. Etant assez proche du métro, en 30-35 minutes vous vous retrouvez au centre-ville. Bien entendu, si vous décidez de passer votre soirée en ville, vous devez penser à rentrer pour minuit, sinon votre beau carrosse aura disparu, sans même vous laissez de citrouilles à manger. D’autre part, comme les principaux ponts sur la Neva se lèvent la nuit pour laisser passer les bateaux, il ne faut pas vraiment compter sur les taxis, qui devront faire un détour énorme pour enfin arriver de l’autre côté de la rive. En conclusion, c’est sympa pour les jeunes couples qui ont réussi à économiser un peu d’argent, mais à déconseiller pour les touristes et les gens qui veulent profiter du charme de la ville comme moi.
Arrivé à l’appartement, je me suis vite rendu compte que celui-ci se transformait en serre dès que le soleil tapait un peu fort et que d’autre part, il faudrait que je m’habitue à nouveau aux « Nuits blanches » locales… soleil qui se couche vers minuit pour réapparaître quelques heures plus tard… Les premières nuits, mes yeux s’ouvraient déjà vers 5.30 du matin, la chambre étant déjà inondée de lumière. Heureusement, je n’étais pas seul dans l’appartement : je devais m’occuper d’un petit zoo – 3 tortues et une bande de poissons qui se sentaient sans doute bien seuls dans ces grandes pièces vides. L’endroit était assez sympa, plutôt grand pour la Russie (80m²) et très lumineux. Par contre, nous n’avons pas la même vision de l’aménagement intérieur. Peut-être que lorsque vous doublez la surface de votre logement, vous ne savez pas quoi faire de l’espace libre, ou alors mes goûts sont très éloignés des préférences russes… Mais au point de mettre une table de ping-pong dans une des chambres, je dois avouer que ça m’a scié. Surtout que la table prend tout l’espace de la pièce : pour vous décrire la situation, les parents ont la plus petite chambre, les enfants une plus grande et enfin, une chambre de surface égale est dévolue à la « salle de ping-pong »
Pour le reste, je me suis assez vite acclimater aux mœurs locales, et, j’ai rapidement pu reprendre mes marques ici.
Le lundi après-midi, c’est avec une grande joie que j’ai repris les cours avec ma prof de russe, Katya, celle qui m’avait appris la plupart des choses que je connais en russe. Après avoir raconté quelques éléments de ma « pause bruxelloise », nous avons immédiatement repris les choses sérieuses, en commençant par corriger les travaux que j’avais fait à Bruxelles par rapport aux conseils à donner aux étudiants, jeunes diplômés et autres travailleurs quant à la mise en forme et l’écriture de leur CV, lettre de motivation et quelle attitude adopter lors d’une interview avec un employeur.
En effet, voulant faire profiter de ma fructueuse expérience dans ce domaine, aidé en cela par mon ami Xav’, le magicien de la retouche, le poète des lettres de motivation, j’avais écrit, lorsque j’étais encore à Bruxelles, quelques présentations à ce sujet et mon but ici était de proposer ce service à des candidats potentiels, qui en passant par des écoles de langue, qui en étant recruté par du marketing personnalisé. Mais pour ce faire, il fallait que mes présentations soient parfaites, raison pour laquelle j’ai fait appel à ma prof de langues.
Les jours suivants, je me suis donc renseigné auprès des centres de langue potentiellement intéressés, et c’est avec une grande joie que j’ai vu que mon idée avait de l’avenir, certaines écoles proposant déjà ce service. Il fallait donc trouver des candidats potentiels.
Pour le reste, sachant que je ne pouvais rester qu’une semaine dans l’appartement du directeur de l’école, je me suis également mis à la recherche d’un logement, chose qui ne fut pas simple.
Il faut savoir en effet qu’en Russie, vous ne pouvez pas compter sur un site comme « vlan immo » ou « immoweb » pour vous aider à trouver un appartement. Les transactions se font uniquement entre amis ou connaissances ou alors, il faut passer par les services d’une agence immobilière. Au départ, j’ai bien essayé de trouver des sites sur internet ou des annonces dans les journaux proposant des locations de particulier à particulier, mais ce fut peine perdue, et j’ai donc dû me résoudre à faire appel aux services d’une agence. A ce propos, je tiens à avertir les futurs candidats locataires en Russie : les prix dans les grandes villes sont élevés, la commission de l’agence est énorme et les réticences des propriétaires peuvent être assez grandes. De plus, les locations proposées sur les sites de l’agence sont souvent là pour attirer le client mais s’avèrent être déjà louées ou indisponibles quand vous téléphonez pour prendre des renseignements. Bref, il faut avoir beaucoup de chance, de courage et de patience pour trouver chaussure à son pied.
Le mercredi soir, je me suis donc retrouvé devant un immeuble situé non loin de l’école pour une première visite. Le propriétaire des lieux étant en retard, l’agent immobilier commence à me décrire l’appartement, me dit également le plus grand bien du propriétaire, bref, me met en condition pour que j’accepte de louer. Une fois le propriétaire arrivé, nous entrons dans l’appartement. Ma première impression est qu’il n’est pas très grand, par contre tout vient d’être refait, un ouvrier travaillant encore sur les dernières finitions. Je ne suis pas le seul sur le coup, une autre personne visite également les lieux, mais repart assez rapidement, estimant que l’appartement est trop petit. Après avoir regardé dans tous les coins, et posé les questions d’usage sur la tranquillité des lieux ainsi que sur les modalités pratiques au niveau du paiement, j’ai fait ce qu’il ne faut jamais faire : faire une liste des points positifs et négatifs pour contrebalancer une impression générale un peu mitigée. Avec le recul, je pense qu’il faut avoir un sentiment positif sur les lieux avant de faire ça. Bien entendu, il y avait de nombreux points positifs comme le fait que tout était neuf, que ça semblait calme et qu’il ne faisait pas trop chaud, ce qui en période de canicule était un avantage… Par contre, j’aurai dû faire plus attention aux points négatifs comme le fait que c’était au rez-de-chaussée et que ce n’était pas très grand ni lumineux. Résultat des courses, j’ai pris l’appartement. Est apparu alors un premier problème : le fait de devoir payer en liquide tous les frais. Cela représentait avec la commission de l’agence environ 1600 euros, à tirer au distributeur automatique. Heureusement, j’avais également de l’argent liquide sur moi, que j’ai pu échanger, sinon, j’aurais été bloqué par la limite imposée sur ma carte de crédit… Donc, si vous avez l’intention de louer un appartement à l’étranger, sans y avoir de compte en banque, le mieux est d’avoir prévu de l’argent liquide avec soi, au cas où vous devriez débourser immédiatement une forte somme.
Le samedi matin, j’ai donc déménagé mes affaires et j’ai pris possession de l’appartement (qu’on peut franchement appeler « studio »)
J’allais enfin pouvoir commencer ma nouvelle aventure à St-Pétersbourg, enfin, c’est ce que je pensais. Car évidemment, ce n’est qu’une fois que j’ai passé plus de temps dans le studio que je me suis rendu compte de ses défauts. Je vous passe les détails sur le fait que j’ai dû moi-même nettoyer partout pour enlever la poussière et la saleté des travaux, ce n’était pas très sympa, mais ce n’était pas non plus le plus important. Un des premiers points gênants est que le studio ne comportait qu’une fenêtre, ce qui allait poser des problèmes pour l’aération. D’autant plus qu’on y avait placé une moustiquaire, ce qui réduisait encore la circulation de l’air frais. Le deuxième point est que, même si j’avais une entrée privative (une porte qui donnait sur la cour destinée à mon usage personnel) et que la cour était fermée par une grille dotée d’un digicode, on savait bizarrement accéder à ma fenêtre par une cour annexe. Cela n’aurait pas encore été trop grave si je ne m’étais pas rendu compte le premier jour que des gens avaient installé un business de recyclage de bouteilles et canettes usagées dans la cave en dessous de chez moi. Je voyais donc apparaître sous ma fenêtre des clochards qui apportaient des bouteilles et marchandaient.
Le second jour, j’ai remarqué que les odeurs dans l’appartement ne partaient pas, odeurs dont l’origine se trouvait selon moi dans le fait que le studio était neuf (peinture) ainsi que par le commerce dans ma cave. Heureusement, il faisait beau et je décidais donc d’explorer la ville. Ce n’est que le soir que je me suis rendu compte que cela deviendrait vite impossible : d’une part parce que le commerce de bouteilles se poursuivait 7 jours sur 7 et d’autre part par les odeurs qui commençaient à me prendre au nez.
Le lundi, j’ai donc décidé d’appeler mon propriétaire pour trouver une solution. Encore une fois, c’est ma prof de russe qui est venue à mon secours en téléphonant elle-même au propriétaire pour expliquer mieux que je n’aurais pu le faire les problèmes : elle a été tellement précise et convaincante que le propriétaire a accepté de me rendre l’argent du loyer ainsi que ma garantie. Il fallait encore que je trouve un logement et que j’essaye de récupérer la commission versée à l’agence, mais cela allait encore demander quelques efforts que je vous raconterai la prochaine fois.
En conclusion, ce que je garde comme impression de cette première semaine est qu’il faut toujours faire confiance à son intuition, ne pas hésiter à voir un grand nombre d’appartements quand on veut louer, ne pas céder à la pression des agents immobiliers, mais surtout mon impression générale à ce jour est qu’avoir des amis fidèles, ça peut vraiment compter quand on se trouve dans une situation difficile.
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