lundi 26 juillet 2010

Visite à Старая Ладога – Samedi 3 juillet 2010


Aujourd’hui, c’est en dehors de la ville que je me rends, pour prendre part à une excursion organisée par l’école vers Старая Ладога. C’est un village situé à 125km à l’est de St-Petersburg où se trouve une ancienne place forte et où chaque année est organisé un festival que l’on appellerait chez nous « de type médiéval ». Pour ceux qui sont intéressés par l’histoire du lieu, c’est en 753 qu’a été fondée la ville. C’était un point de passage important pour les bateaux qui venaient de la Baltique et continuaient leur route vers Novgorod et Constantinople. Le lieu est considéré par certains comme la première « capitale » de la Russie.
Comme les trajets en Russie peuvent prendre un certain temps, et pour profiter pleinement de la journée, le départ est fixé à 8h. Bien entendu, le car n’est pas là et c’est donc avec un peu de retard que nous embarquons. Première surprise du jour, les organisateurs (vu le faible nombre d’étudiants intéressés dans l’école, c’est via un autre organisateur que nous sommes passés) avaient acceptés plus de personnes que de places disponibles dans le car. Certains ont donc dû se serrer ou rester debout durant le trajet. Heureusement, nous n’avons eu aucun problème pour sortir de la ville… Malheureusement, les embouteillages nous attendaient un peu plus loin sur la route.
Petite parenthèse sur l’état des routes en Russie. Il est déplorable. A croire que Michel Daerden dans sa quadruple casquette avait en charge les infrastructures russes (vu ce qu’il boit, il est tout à fait compatible avec les mœurs locales). Vous pensiez que les Russes de la classe aisée achetaient des 4x4 de luxe pour la frime ? Un peu, mais la raison principale, c’est pour affronter les nombreux trous dans la route. Si les routes étaient aussi bien entretenues que les autoroutes françaises, ils achèteraient sans doute plus de voitures de sport. Chaque weekend, de nombreux embouteillages se forment sur les routes quittant la ville pour des raisons aussi diverses que la différence de niveau à l’approche d’un passage à niveau (pas de talus), des trous dans la route forçant les voitures à un écart… Bien entendu, vous pouvez aussi rouler au pas à cause d’un automobiliste remorquant un autre et roulant à 20km/h.
Pourquoi avions-nous un embouteillage cette fois-ci ? Parce qu’ils ajoutaient deux bandes de circulation sur une distance d’un kilomètre ou deux. Résultat des courses, nous avons mis plus de 3 heures pour arriver à destination. Il était donc bientôt midi et j’en ai profité pour me prendre une petite brochette. Comme je vous l’ai mentionné précédemment, à cet endroit a été construit une forteresse au 8ème siècle et durant ces deux jours, des figurants rejouaient les différentes scènes de la vie quotidienne à cette époque. Le premier spectacle auquel nous avons eu droit a été l’arrivée des vikings sur les rives du fleuve et bien entendu la tentative par la population locale de les repousser. Chaque enfant rêve de jouer au chevalier avec une épée et un bouclier et ici les « grands enfants » étaient ravis, qui de pouvoir attaquer, qui de pouvoir repousser l’assaillant à l’eau. Dans la forteresse même, se tenait un autre spectacle. Ici encore il s’agissait de montrer comment se comporter les guerriers à cette époque-là. Encore une fois, plusieurs scènes de combat ont été rejouées, mais pour que le public se sente plus impliqué, on l’a également fait participer. Qui voulait pouvait donc prendre un bouclier et foncer vers l’ennemi, prêt à tenir fermement ses positions. Cela a surtout amuser les groupes d’enfants, qui s’en donnaient à cœur joie. Dans la forteresse avait été également construit une fort jolie église. Du haut de la place forte, on avait une vue sur le fleuve. Après avoir fait le tour des lieux, nous avons été mangé dans un restaurant local. Par la suite, nous nous sommes rendus sur une grande plaine, où se tenaient également des démonstrations de combats mais également un marché. Comme vous avez pu le voir sur les photos, ici également les protagonistes s’en donnaient à cœur joie et ne ménageaient pas leurs peines pour rendre le spectacle le plus réaliste possible. J’aurai bien goûté aux boissons artisanales (du Квас notamment) mais vu la file, j’ai décidé de m’en tenir à l’eau de source.
Ce qui m’a le plus marqué je pense, c’est la beauté et le calme des lieux. J’ai d’ailleurs photographié quelques maisons le long du fleuve, près du monastère. Cela doit être bien agréable en été de passer le weekend ici, même si je ne pense pas que la nage dans la fleuve soit conseillée.
Après une agréable journée, il est déjà temps de rentrer en ville. Encore une fois, nous n’avons pas eu de chance. Malgré l’heure tardive, nous avons retrouvé les mêmes embouteillages qu’à l’aller. A croire qu’ils travaillent toute la nuit pour construire cette route. Bref, il a à nouveau fallu 4 heures au car pour arriver à destination. Si on compte le temps de trajet aller et retour, on se rend compte que j’ai passé plus de temps dans le bus que dans la ville même ; c’est plutôt décevant. Heureusement, cela m’a permis de rattraper mon retard dans l’écoute de tous les podcasts de « «La première » et « Pure FM »… Après ça, je n’ai pas pu écouter mon Ipod pendant deux jours… 
Un conseil donc pour ceux qui viendraient en Russie et voudraient visiter la campagne russe : prenez le train. «  Grand corps malade » dans son slam conseillait plutôt les voyages en bus, mais vu l’état des routes en Russie, je vous conseille le train. C’est parfois lent, mais au moins, on sait à quelle heure on arrive, ce qui permet de planifier quelque peu le voyage.

lundi 19 juillet 2010

Visite à Tsarkoe Selo - Samedi 10 juillet 2010


Il y a de cela quelques mois, je vous avais déjà parlé de cet endroit.  C’est un des trois palais situés à la périphérie de la ville, construit au 18ème siècle par  l’architecte italien Rastrelli et ressemblant comme deux gouttes d’eau au palais d’hiver (Ermitage). Par la suite, le célèbre poète Poushkine a étudié dans les environs et à également passé une partie de sa vie, raison pour laquelle on a rebaptisé la ville de son nom.
L’avantage de venir en hiver en Russie, c’est que vous pouvez visiter l’intérieur des palais à votre aise, sans devoir faire trop de file. Il y a tellement de monde qui souhaitent le visiter que l’on a instauré des heures pour les groupes et pour les visiteurs individuels. Cette fois-ci, je n’étais pas venu voir le palais, mais le parc. Le but avoué en construisant cette édifice avait été de construire le plus beau palais au monde (en copiant le palais de Versailles), vous pouvez donc vous imaginer qu’ils n’ont pas laissé les jardins autour en friche… 
Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous raconter mon voyage jusque là.
M’étant déjà rendu sur les lieux en hiver, j’étais assez confiant de trouver sans trop de détours le parc. J’avais choisi la journée de samedi car c’était la plus fraîche de la semaine : on annonçait seulement 26°C à l’ombre, pour peu, on aura mis un pull. Je pars donc en début d’après-midi, pour un trajet d’une heure en métro et bus, afin de rejoindre le parc. Arrivé à la station de métro, je vois le bus qui m’attendait, bref tout allait bien. Grâce à ma connaissance du russe, je savais même lire le nom des différents arrêts, bref, dans peu de temps, j’allais me retrouver à flâner dans le parc.
Et bien non… Le sort en a voulu autrement… Bien qu’ayant regardé attentivement la route, je me suis retrouvé à Pavlovsk, le second château, construit par Catherine II pour se débarrasser de son fils Paul. Pour la petite histoire, le château de Pavlovsk a été construit en retrait de celui de Tsarkoe Selo par rapport à la ville, et ce pour une raison bien simple : Catherine II voulait avoir un œil sur son fils, sans pour autant l’avoir dans les pattes, mais comme elle voulait contrôler ses déplacements, elle a fait en sorte que lorsque le futur Paul Ier devait se rendre dans la capitale, il soit obligé de passer devant son palais à elle. Tout ça pour vous dire que j’avais dépassé mon objectif, et tel Paul Ier, je devais faire marche arrière pour arriver à l’endroit désiré. J’ai donc repris le bus, en regardant à nouveau attentivement le nom de chaque arrêt, et malgré cela, je me suis à nouveau trompé !!!
Comme dans tout bon tour de magie, vous allez me dire qu’il y a un truc. Je ne pouvais pas avoir raté à deux reprises l’arrêt sans que quelque chose d’autre m’échappe.
Ce qui m’était sorti de la tête, c’est qu’en hiver, je ne me suis pas arrêté à la station « Tsarkoe Selo » ou « Poushkine ». L’arrêt ne pouvait forcément pas s’appeler « gare de Poushkine »
Lassé par les trajets en bus, je me suis mis à marcher vers la ville, son palais et son parc. Et là, j’ai compris quelle avait été mon erreur. Le bus s’arrête bien à la gare, mais derrière celle-ci. Impossible si on ne connaît pas l’arrêt de devenir que c’est bien là qu’il faut descendre.
Après deux trajets de bus, j’étais tellement furieux contre moi-même que malgré la distance, j’étais bien résolu à ne pas prendre le bus à nouveau. Par conséquent, c’est seulement une heure et demie plus tard que je me suis retrouvé devant l’entrée du parc. Heureusement pour moi, celui-ci est ouvert assez tard (jusque minuit il me semble) et j’ai donc pu acheter une place. Ici encore, ce fut toute une aventure. En général, en montrant ma carte d’étudiant, j’ai droit à une très forte réduction ou l’entrée gratuite. Ici, et c’est bien la première fois, on m’a posé de nombreuses questions sur l’école, sur les études que je faisais ici. A croire qu’ils pensaient que j’avais falsifié ma carte d’étudiant. Résultat : j’ai payé le prix «étudiant étranger », la honte… A croire que je ne parle pas assez bien le russe…
Après toutes ses aventures, je suis enfin rentré dans le parc, et je peux vous dire que cela en valait vraiment la peine… Comme vous pourrez le voir sur les photos, il s’agit d’un jardin à la française, avec en son centre un grand lac artificiel ainsi qu’une île. Le parc est bien évidemment pourvu de divers pavillons, histoire de pouvoir prendre le thé ou comploter à son aise. Plusieurs monuments commémorent de grandes batailles, notamment la victoire sur les Turcs. 
Dans le parc, malgré un nombre élevé de visiteurs, le calme règne, tout invite à se détendre, se promener, simplement profiter du beau temps pour flâner. J’y suis resté plusieurs heures, et c’est seulement vers 20 heures que j’ai repris le bus (le bon cette fois-ci) vers la ville.
Pour la petite histoire, j’y suis retourné une semaine plus tard avec Dan qui était en visite ici. En plus d’éviter de me tromper de bus (c’est le 545 qu’il faut prendre) j’ai en prime réussi à me faire passer pour un étudiant russe et obtenu l’entrée gratuite. Tout n’est donc pas perdu, en faisant des efforts et avec du personnel conciliant, je peux encore me faire passer pour un étudiant russe. Dan quant à lui s’est fait passé pour un étudiant étranger.