Aujourd’hui, c’est en dehors de la ville que je me rends, pour prendre part à une excursion organisée par l’école vers Старая Ладога. C’est un village situé à 125km à l’est de St-Petersburg où se trouve une ancienne place forte et où chaque année est organisé un festival que l’on appellerait chez nous « de type médiéval ». Pour ceux qui sont intéressés par l’histoire du lieu, c’est en 753 qu’a été fondée la ville. C’était un point de passage important pour les bateaux qui venaient de la Baltique et continuaient leur route vers Novgorod et Constantinople. Le lieu est considéré par certains comme la première « capitale » de la Russie.
Comme les trajets en Russie peuvent prendre un certain temps, et pour profiter pleinement de la journée, le départ est fixé à 8h. Bien entendu, le car n’est pas là et c’est donc avec un peu de retard que nous embarquons. Première surprise du jour, les organisateurs (vu le faible nombre d’étudiants intéressés dans l’école, c’est via un autre organisateur que nous sommes passés) avaient acceptés plus de personnes que de places disponibles dans le car. Certains ont donc dû se serrer ou rester debout durant le trajet. Heureusement, nous n’avons eu aucun problème pour sortir de la ville… Malheureusement, les embouteillages nous attendaient un peu plus loin sur la route.
Petite parenthèse sur l’état des routes en Russie. Il est déplorable. A croire que Michel Daerden dans sa quadruple casquette avait en charge les infrastructures russes (vu ce qu’il boit, il est tout à fait compatible avec les mœurs locales). Vous pensiez que les Russes de la classe aisée achetaient des 4x4 de luxe pour la frime ? Un peu, mais la raison principale, c’est pour affronter les nombreux trous dans la route. Si les routes étaient aussi bien entretenues que les autoroutes françaises, ils achèteraient sans doute plus de voitures de sport. Chaque weekend, de nombreux embouteillages se forment sur les routes quittant la ville pour des raisons aussi diverses que la différence de niveau à l’approche d’un passage à niveau (pas de talus), des trous dans la route forçant les voitures à un écart… Bien entendu, vous pouvez aussi rouler au pas à cause d’un automobiliste remorquant un autre et roulant à 20km/h.
Pourquoi avions-nous un embouteillage cette fois-ci ? Parce qu’ils ajoutaient deux bandes de circulation sur une distance d’un kilomètre ou deux. Résultat des courses, nous avons mis plus de 3 heures pour arriver à destination. Il était donc bientôt midi et j’en ai profité pour me prendre une petite brochette. Comme je vous l’ai mentionné précédemment, à cet endroit a été construit une forteresse au 8ème siècle et durant ces deux jours, des figurants rejouaient les différentes scènes de la vie quotidienne à cette époque. Le premier spectacle auquel nous avons eu droit a été l’arrivée des vikings sur les rives du fleuve et bien entendu la tentative par la population locale de les repousser. Chaque enfant rêve de jouer au chevalier avec une épée et un bouclier et ici les « grands enfants » étaient ravis, qui de pouvoir attaquer, qui de pouvoir repousser l’assaillant à l’eau. Dans la forteresse même, se tenait un autre spectacle. Ici encore il s’agissait de montrer comment se comporter les guerriers à cette époque-là. Encore une fois, plusieurs scènes de combat ont été rejouées, mais pour que le public se sente plus impliqué, on l’a également fait participer. Qui voulait pouvait donc prendre un bouclier et foncer vers l’ennemi, prêt à tenir fermement ses positions. Cela a surtout amuser les groupes d’enfants, qui s’en donnaient à cœur joie. Dans la forteresse avait été également construit une fort jolie église. Du haut de la place forte, on avait une vue sur le fleuve. Après avoir fait le tour des lieux, nous avons été mangé dans un restaurant local. Par la suite, nous nous sommes rendus sur une grande plaine, où se tenaient également des démonstrations de combats mais également un marché. Comme vous avez pu le voir sur les photos, ici également les protagonistes s’en donnaient à cœur joie et ne ménageaient pas leurs peines pour rendre le spectacle le plus réaliste possible. J’aurai bien goûté aux boissons artisanales (du Квас notamment) mais vu la file, j’ai décidé de m’en tenir à l’eau de source.
Ce qui m’a le plus marqué je pense, c’est la beauté et le calme des lieux. J’ai d’ailleurs photographié quelques maisons le long du fleuve, près du monastère. Cela doit être bien agréable en été de passer le weekend ici, même si je ne pense pas que la nage dans la fleuve soit conseillée.
Après une agréable journée, il est déjà temps de rentrer en ville. Encore une fois, nous n’avons pas eu de chance. Malgré l’heure tardive, nous avons retrouvé les mêmes embouteillages qu’à l’aller. A croire qu’ils travaillent toute la nuit pour construire cette route. Bref, il a à nouveau fallu 4 heures au car pour arriver à destination. Si on compte le temps de trajet aller et retour, on se rend compte que j’ai passé plus de temps dans le bus que dans la ville même ; c’est plutôt décevant. Heureusement, cela m’a permis de rattraper mon retard dans l’écoute de tous les podcasts de « «La première » et « Pure FM »… Après ça, je n’ai pas pu écouter mon Ipod pendant deux jours…
Un conseil donc pour ceux qui viendraient en Russie et voudraient visiter la campagne russe : prenez le train. « Grand corps malade » dans son slam conseillait plutôt les voyages en bus, mais vu l’état des routes en Russie, je vous conseille le train. C’est parfois lent, mais au moins, on sait à quelle heure on arrive, ce qui permet de planifier quelque peu le voyage.