lundi 7 décembre 2009

fin de la deuxième semaine

En cette fin de seconde semaine, le temps se rafraichit, on approche maintenant de la barre du zéro degré. Mon opération “dévalisons Decathlon” n’aura pas été inutile. Le premier vrai jour de froid pour moi aura été ce samedi 5 décembre. Etant prudent, je prends mon parapluie avec moi, vu la fréquence des averses de pluie dans le coin. Malheureusement, j’aurai dû plutôt prendre un second bonnet ou des gants… Lorsque le vent souffle de face, on a l’impression de se retrouver en t-shirt et en short au rayon frais de chez Colruyt, bref il est temps d’accumuler les couches avant de sortir (Les jeunes, sortez couvert)
Le weekend commence se vendredi avec une soirée au cirque. C’était la première fois pour moi et je ne savais pas très bien à quoi m’attendre. Regarder le cirque à la TV ne me passionnait pas vraiment, mais je me suis dit qu’après tout, la télévision ne pouvait traduire et retransmettre toutes les émotions et que l’ambiance serait tout autre sous un grand châpiteau. Il ne s’agit d’ailleurs pas ici d’un châpiteau à proprement parlé, mais plutôt d’une structure permanente qui abrite plusieurs fois par an les spectacles. Avant d’y entrer, je m’étais d’ailleurs toujours demandé s’il y avait un vrai cirque à l’intérieur ou s’il s’agissait plutôt d’une salle de spectacle, comme le cirque royal à Bruxelles.

Peu après 19h, le spectacle commence… Durant deux heures, nous aurons droit aux magiciens, voltigeurs, équilibristes, clowns ainsi qu’à la présence de certains animaux tels les lions, chevaux, singes, lapins… La qualité du spectacle est un peu inégale selon moi mais dans l’ensemble j’ai été assez impressionné et agréablement surpris. Plusieurs numéros ont retenus mon attention, comme celui d’un couple qui voltigeait dans les airs grâce à des cables tels des personnages de films d’action asiatiques ou ces magiciens/clowns qui dévoilaient leurs secrets au fur et à mesure que le numéro avançait. Les numéros avec les animaux m’ont en général plus laissé de marbre, mais heureusement il y avait beaucoup de diversité dans le spectacle. Le numéro final étant le plus impressionant: un groupe de voltigeurs en combi fluos (imaginez une tenue complète de la couleur de mon gilet pour vélo) virevoletant dans les airs, la salle étant plongée dans le noir, se déplacant d’un trapèze à l’autre, tombant parfois de plusieurs mètres.
Je suis donc ressorti satisfait et heureux du spectacle et j’y retournerai à l’occasion. Une seule remarque pour ceux qui seraient tentés par l’aventure: ne pas prendre des places au premier rang. Premièrement, les places sont plus chères et celà n’en vaut pas vraiment la peine et deuxièmement, les artistes demandent très régulièrement aux gens des premiers rangs de participer au numéro. Heureusement, le dompteur de lion ne l’a pas fait, mais mieux vaut ne pas tenter le diable ;-)

Samedi 5 décembre 2009

Ce jour est placé sous le signe de la balade. Un peu plus tard dans la journée, je réaliserai qu’il est également synonyme de froid. Avec Ludmila et son amie, nous partons en direction de Nevsky Prospect et à l’extremité d’un des canaux qui la croisent, l’église au nom à rallonge (Saint-sauveur sur le sang versé), typique de l’architecture des églises orthodoxes, qui ressemblent à un gâteau à la crème ou une illustration de conte pour enfants. Pourtant, sa construction reste liée à un évènement tragique : l’assassinat du tsar Alexandre II en 1881, évènement qui marqua profondément le règne de ses deux successeurs. J’avais déjà visité cette église et selon moi les prix demandés étaient fort élevés par rapport à ce que l’on peut y voir. Nous avons cependant essayé d’y entrer, en tant qu’étudiant. Malheureusement, après quelques minutes de discussions, nous nous entendons répondre que l’on nous appliquera le tarif étudiant étranger, ce qui rend le prix par minute passé dans l’église fort cher. Nous décidons donc de continuer notre chemin vers le champ de Mars, énorme plaine à la mémoire

En son centre, une flamme brûle pour commémorer le souvenir de tous les petersbourgeois morts durant les guerres et révolutions. Détail intéressant : par temps de grand froid, de nombreuses personnes viennent s’y réchauffer pour quelques minutes avant de continuer leurs routes, ce que nous avons fait bien évidemment.
Nous traversons ensuite un des ponts (le plus long) enjambant la Neva pour nous retrouver devant la forteresse Pierre et Paul (Petropavlovskaia Krepost). A l’origine construit pour repousser les attaques des envahisseurs, principalement suédois (dans les années 1700, nos amis suédois étaient plus intéressés par le design des canons que celui des étagères Billy de chez Ikea), elle fut entre autre reconvertie en prison. La basilique en son centre accueille la dépouille de nombreux tsars et membres de la famille impériale. Actuellement, on peut visiter de nombreux bâtiments comme la prison, la basilique, un très intéressant musée de la ville de Petersburg, faire une balade le long des fortifications… Comme le temps ne se prêtait pas vraiment à la balade, nous avons décidé de visiter le musée de la ville. Si au départ on nous présente dans un style assez classique avec maquette à l’appui la vie des premiers habitants de la région, la visite devient beaucoup plus intéressante par la suite, chaque salle abordant un thème bien précis de la vie des habitants au 19ème siècle, lors de l’essor de la cité… Ainsi on nous parle des différents marchés, de l’évolution des transports publics, l’arrivée du capitalisme et des banquiers, de l’évolution des conditions de vie dans la cité, des logements… Si vous ne devez choisir qu’une activité « payante » dans la forteresse, je vous conseille donc celle-ci.

Surprise pour nous à la caisse, étant considéré comme étudiants russes (c’est pas trop tôt, avec tous les efforts qu’on fait pour essayer de parler) l’entrée est gratuite.
Fait amusant, sur l’île, se trouve un musée des cosmonautes. Je ne sais pas très bien ce que l’on y trouve, n’ayant pas eu le temps de le visiter, mais je n’hésiterais pas à y retourner pour vous dire si l’on y trouve des sabres lasers, des martiens dans du formol ou autres étrangetés de l’espace (peut être des photos de Sarkozy sur la lune ;-))

Après nous être restauré dans la cantine de l’île, nous continuons notre parcours vers le croiseur Aurora. En soi, il n’a rien d’extraordinaire, mais il est étroitement lié à l’histoire de la ville et de la Russie. On l’associe souvent à la révolution de 1917, quoique selon certains, il n’y participa pas vraiment. Fait étonnant, il semblerait qu’il soit toujours répertorié comme faisant partie de la flotte de la Baltique. Pour la petite histoire, et pour montrer le caractère parfois décadant de certains « nouveaux riches », le croiseur fut loué pour une journée au mois de mai. Vous pouvez aisément vous imaginer les fêtes et autres délires qui s’y déroulèrent, le champagne coulant à flot. Et c’est d’ailleurs ce même champagne qui mit fin à la fête. Ayant décidé de se servir du canon et de remplacer les obus par le champagne, les fêtards virent arriver la police qui apparement mit fin aux festivités.

Samedi soir, je découvre également une particularité quant à la vente de boissons dans la ville. Apparement, il est interdit de vendre de l’alcool (>25°) dans les supermarchés après 23h. Bien entendu j’imagine que la plupart des gens se rabattent sur la bière ou font leurs provisions avant. Tout le monde, sauf les pauvres touristes et nouveaux arrivants bien entendu, qui ne sont pas au courant de la mesure. C’est étonnant de comparer cette mesure avec le laxisme qui règne dans d’autres pays européens comme la Belgique, où n’importe qui peut acheter n’importe quoi à toutes heures de la journée (bien entendu, pas dans les supermarchés, vu que ceux-ci ferment à 20h, contrairement à la Russie, où ils sont ouverts toute la nuit)

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