Samedi 26 décembre 2009
Une fois mes problèmes administratifs reglés, je décide d’initier ma famille au plaisir du snack à la russe. Pour les amateurs de crèpes, se trouvent un peu partout dans la ville des kiosques où l’on prépare devant vous de délicieuses crèpes salées et sucrées. Bien entendu, cela ne vaut pas les crèpes que l’on prépare à la maison me diront certains, mais c’est en tout cas plus sain qu’un détour par un fastfood. Par la suite, nous nous rendons à l’Ermitage. Les gens attentifs auront remarqué que ce n’est pas ma première visite dans ce haut lieu de la culture mondiale, et ce ne sera sans doute pas le dernier. Comme je l’avais fait remarquer la dernière fois, il y a moyen de s’y rendre à de nombreuses reprises en empruntant à chaque visite des chemins différents, ce que j’ai encore fait cette fois-ci. Toute la famille était très impressionnée par la richesse des collections présentées dans le musée, y compris les enfants, qui nous ont gratifié de quelques reflexions intéressantes comme « Je veux le même escalier à la maison » (Arthur, 3 ans, en parlant de l’escalier principal, construit par Rastrelli en marble blanc, symbole de l’opulence du palais) ou je veux les mêmes dessins au plafond (en parlant des peintures qui ornent les plafonds de certaines salles)… Donc si vous avez un peu de marbre en stock chez vous, ou si vous vous sentez une âme de peintre, vous savez ce qu’ils vous restent à faire ;-)
Une des salles étranges que j’ai visité est celle consacrée à la chasse et aux divers festins qui accompagnent celle-ci. C’est très étrange car on y voit de gigantesques natures mortes, ou les victuailles semblent plus vraies que nature, des scènes de chasse… Je dirais que cela en devient même dérangeant après quelques minutes… car cette débauche de nourriture et de violence semblent sortir des tableaux, comme si ce festin nous attendait dans le coin de la pièce.
Dimanche 27 décembre 2009
Nous nous rendons en famille sur l’île « Kristovski », qui se trouve au nord de la ville, seulement à 3 stations de métro de chez moi. Vous pouvez vous imaginer en visitant cette cité que la plupart des gens n’habitent pas dans le centre, soit pour des raisons de confort, soit pour des raisons de prix. Dès que vous franchissez les ponts qui relient le centre à la périphérie, le style architectural est différent, plus proche de celui qu’on peut trouver dans d’autres villes en Russie ou ailleurs. Sur « Kristovski Ostrov » se concentre une partie de la population « aisée » de la ville et l’on comprend vite pourquoi : a proximité se trouvent un lac et des parcs, raison pour laquelle on y a construit de nombreux logements de qualité. Nous nous y rendons donc en métro et dès la sortie de la station, nous suivons le flot des gens qui viennent également prendre l’air loin du bruit et des désagrements des autres quartiers de la ville. Nous entrons dans « Elagin Ostrov », île entièrement boisée et interdite à toute circulation automobile. C’est un vrai coin de paradis à 15 minutes du centre. En cette saison, on y croise des skieurs (ski nordique), de nombreuses luges, des promeneurs ainsi que quelques courageux sportifs, qui malgré la température assez fraîche (-7°C), viennent faire leur jogging. Par rapport aux skieurs, c’est assez amusant également car on voit de nombreuses personnes emporter leurs skis dans le métro. A l’intérieur du parc, se trouvent également une grande patinoire où l’on retrouve également de nombreuses personnes et il est d’ailleurs possible de louer tout le matériel nécessaire sur place. Bien entendu, vu l’absence de tout danger automobile, nous n’avons pas hésité à faire de grandes batailles de boules de neige, à se pousser dans la neige… Le seul inconvénient est qu’à cette température, la composition de la neige est quelque peu différente que chez nous et il est difficile de faire de vraies boules de neige. Qu’à cela ne tienne, nous nous sommes bien amusés. Nous nous sommes également restaurés dans un café sur l’île, où encore une fois j’ai pu montrer mes talents linguistiques à tous, le menu étant exclusivement en russe. Je vous rassure, nous avons mangé ce que nous pensions avoir commandé, preuve indéniable de mes progrès
Le soir, j’ai dû encore utiliser mes capacités linguistiques pour réserver un taxi pour ma sœur pour le lendemain. J’avoue ne pas avoir tout compris, mais en gros, j’ai sû donner l’adresse de départ et d’arrivée, demander le prix… Que demande le peuple ?
Le peuple ? Il demande de ne pas se faire réveiller à 7h15 du matin par la compagnie de taxi pour recevoir le numéro du taxi qui est déjà en face de l’hôtel… Il demande aussi de ne pas recevoir de rappel 30 minutes plus tard parce que les passagers ne sont pas encore arrivés ;-) A part cela, il ne demande pas grand-chose… Heureusement pour ma famille, le vol retour fut plus calme qu’à l’aller, les autorités aeroportuaires russes sachant se servir des moyens mis à leur disposition pour assurer un traffic fluide.
Lundi 28 décembre 2009
Je ne devais pas être très réveillé quand je suis rentré la veille. Ou alors, je suis rentré trop tard. En tout cas, je n’avais pas remarqué que j’avais une nouvelle colocataire. Vous pouvez donc imaginer ma surprise quand je suis sorti de la salle de bain ce lundi matin.
Mon étonnement fut encore plus grand après avoir fait connaissance avec Katya (oui, elle s’appelle Katya, comme mon professeur de Russe, comme mon amie habitant à St-Petersburg). En effet, elle habite Bruxelles et travaille au parlement européen. J’ai donc affronté l’hiver russe et les subtilités grammaticales pour me retrouver à déjeuner avec qqn habitant boulevard Général Jacques :-))
Je suis néanmoins très heureux de son arrivée car l’idée de passer le réveillon de nouvel an avec ma logeuse en regardant un vieux film soviétique commencait déjà à alimenter mes cauchemards.
En raison des fêtes, l’horaire des cours est un peu modifié cette semaine et nous commençons à 15h ce lundi. Les semaines passent et à chaque fois de nouveaux étudiants s’intègrent dans les groupes en fonction de leur niveau. Il me semble qu’au cours de mon apprentissage, je vais en rencontrer des étudiants de tous les coins du monde, avec à chaque fois de nouvelles histoires, de nouvelles motivations. Traditionellement la semaine commence en faisant connaissance avec les nouveaux étudiants du groupe. C’est donc ce que nous faisons en début de cours, cette fois-ci mon vocabulaire est bien rodé pour faire les présentations et poser les questions adéquates. Je me sens déjà prêt à travailler à l’accueil d’une administration, style immigration (ça tombe bien, ce n’est pas très loin de là où j’habite actuellement), c’est bon je progresse là ;-)
Le cours ne sera pas très long ce jour-là. En effet, vers 17h, a lieu la « fête du personnel » de l’école, et bien entendu, les deux courageux étudiants qui ont décidé de passer les fêtes loin de chez eux ont été invités. Cette fois-ci, on ne pourra pas me dire que je n’ai rien fait pour m’intégrer et découvrir les particularités de la culture locale. Pour que vous puissiez mieux vous imaginer la scène, cela se passe dans la plus grande salle de classe, sur la table, de nombreuses victuailles, toasts au caviar, saucisson et autres cochonailles, salades, tomates, choux, cornichons… Au niveau des boissons, c’est assez russe… De la vodka (beaucoup) et quelques jus… En ce qui concerne le déroulement de la fête, c’est assez simple finalement. Chacun à son tour se lève et présente ses vœux aux autres, en souhaitant le meilleur pour l’année à venir. Comme nous étions 8 personnes à table, vous pouvez vous rendre compte que ça fait beaucoup de toasts à porter durant la soirée. Bien entendu, on porte la plupart du temps un toast à la vodka et en général le verre est avalé en une gorgée. J’avoue que j’ai parfois un peu fait quelques infidelités à la tradition en ne terminant pas toujours mon verre, mais bon il fallait bien retrouver le chemin de la maison en fin de soirée ;-) Et je peux vous dire que la soirée a duré pas mal de temps, ce qui m’a permis de faire un peu plus connaissance avec tout le monde. Un détail amusant dans l’école, et je ne sais pas si c’est pour flatter l’égo de chacun, mais la plupart des membres de l’équipe sont managers (managing director, office manager, manager…) On pourra donc dire que j’ai donc assisté à un évènement « high level » avec tous les managers de l’école ;-)
La soirée avançant et l’alcool aidant, Oleg, notre manager a eu la bonne idée de lancer une invitation au sauna russe. Et finalement c’est ça que j’admire dans la mentalité russe, c’est que lorsqu’ils s’amusent, ils ont réellement une bonne mentalité « La fête » sans se soucier des obstacles qui pourraient se présenter sur la route. Malheureusement pour la suite du récit, ni moi ni Katya n’avons accepté l’invitation, ils ont donc continué la fête entre Russes. Il faut dire que nous n’étions pas les premiers à abandonner. Mon professeur avait déjà quitté la fête bien avant que l’idée du sauna soit lancée. Elle nous a dit qu’elle avait un cours à donner le lendemain… Je me demande pourquoi elle s’en faisait, vu que ses étudiants étaient encore là, en immersion totale avec les autres membres de l’équipe ;-)
En tout cas, les amis, je ne sais pas si j’ai eu raison de m’arrêter là, mais en tout cas après le sauna, ils ont tous terminés dans un club situé pas très loin de l’école. Et bizarrement, on n’a pas vu grande monde le lendemain à l’école ;-)
On peut donc dire que ma première plongée dans l’univers festif 100% russe fut donc une réussite. Ils ont un sens de la convivialité et de la fête, une simplicité et une hospitalité, bref tous les éléments pour que la soirée soit réussie.
Mardi 29 décembre 2009
J’ai toujours dit qu’en tant que fêtard responsable, il fallait savoir assumer ses actes et ne pas se cacher derrière la fatigue ou les tournées de bière pour tirer au flanc le lendemain. Vous ne serez donc pas étonné de me retrouver en ce mardi matin à l’école, fidèle au poste, à 10 heures précises. Et comme les professeurs sont également des gens sérieux et responsables, nous nous sommes tous retrouvés, comme si de rien n’était, dans les locaux où la veille avaient eu lieu les réjouissances.
Je pense d’ailleurs avoir définitivement gagné mon grade d’étudiant sérieux ce matin-là, en annonçant que malgré la fête, j’avais encore fait mes devoirs en rentrant à la maison. D’ailleurs, nous avons agit, Katya et moi, comme à notre habitude la veille, en prenant notre repas et revisant notre leçon de russe… Ce ne sont pas quelques verres de vodka qui vont mettre à mal mes habitudes et ma perséverance.
Heureusement pour nous, les jours qui suivirent furent beaucoup plus calme et nous pûmes en toute tranquilité nous préparer pour le réveillon de nouvel an.
Jeudi 31 décembre 2009
En cette veille de nouvel an, tout est prêt pour faire la fête. Un podium géant a été amenagé sur la place principale, devant l’Ermitage, les magasins se sont réapprovisionnés en denrée de fêtes, les stocks de champagne russe sont au maximum et il y a assez de feux d’artifices que pour faire exploser la future tour Gazprom (édifice décrié par de nombreux habitants de la ville, car, au vu de sa hauteur, il risque de casser l’harmonie architecturale de la ville)
Bien entendu, en voyant le menu de fête envoyé par Xavier, je regrette un peu de ne pas pouvoir me régaler avec vous, ça doit être la première fois en 10 ans que je rate l’évènement. Mais qu’à cela ne tienne, l’esprit de la fête sera là, même si le repas de fête fera un peu défaut.
Ici, tout est possible pour les fêtes, cela ne dépend que de l'énergie que vous y mettez et de l'argent que vous êtes prêt à consacrer pour votre repas de fête. D’ailleurs en regardant la presse pour expatriés ici, je réalise à quel point les inégalités de richesse sont importantes en Russie. Par exemple, le magazine vous propose des adresses de restaurants pour le réveillon, avec menu de fêtes et tout le bazar… Les prix varient entre 10000 et 40000 roubles ! Pour info et pour les plus nostalgiques d’entre nous, un rouble ça vaut plus ou moins un ancien franc belge. Quand on sait que de l’autre côté de l’échelle sociale, les pensionnés comme ma logeuse gagnent environ 5000 roubles par mois, on se dit que ce genre de menu est réservé à une certaine élite… qui est prêt à dépenser sans compter pour faire la fête.
Comme je ne fais pas encore partie de l’élite, j’aurai donc droit ce soir-là à un menu de fête avec salades diverses, mais sans gibier.
Le soir, nous aurions dû aller, Katya et moi, chez une amie russe de Xav’, notre exilé monégasque. Ce qui ne s’est pas fait, la raison étant qu’on s’y est pris trop tard, et que nous ne voulions pas nous retrouver à minuit dans le métro ;-)
J’ai donc vécu un réveillon typiquement russe. Après le repas traditionnel, j’ai rejoins la foule de jeunes qui se dirigeaient vers la place principale. C’est assez impressionant car au vu de l’importance de la foule, la police empêche la circulation des voitures sur Nevsky Prospect (c’est un peu comme si à Bruxelles, on bloquait la rue de la loi ou l’avenue louise pour permettre aux gens de se rendre au feu d’artifice). Comme je vous l’ai dit, une scène et des écrans géants ont été installés au centre de la place. Peu avant minuit, la foule peut donc entendre le discours présidentiel (qui est également retransmis à la télevision, j’imagine) et par la suite décompter tous ensemble les secondes qui nous séparent de l’an neuf. Deux particularités ici. La première est qu’ils ne commencent pas à 10 secondes, mais bien avant (20 ou 30 sec), ce qui est un peu déconcertant.
D’autre part, vu son statut de capitale, c’est l’heure de Moscou qui définit quand on passe à l’an neuf. On voit donc sur grand écran une grande horloge (j’imagine qu’elle se trouve sur la place rouge) où les secondes défilent jusqu’à l’heure fatidique. Une fois arrivé dans l’an neuf, j’ai ouvert notre bouteille de champagne russe. Ce n’est pas mauvais, un peu sucré. Bien évidemment, vu le prix, ça n’a pas le même goût que du vrai champagne mais je trouve que de temps à autre, il faut consommer local. C’est donc en dégustant notre méthode champegnoise locale que nous avons admiré le feu d’artifice, qui était grandiose je dois dire. A minuit également, le père noël, accompagné de son groupe, s’est transformé en rockeur et tout le monde s’est mis à danser sur des classiques du rock, remis à jour à la sauce russe. D’ailleurs, vu la température extérieure, c’était la meilleure chose à faire car j’avais oublié de vous dire qu’il y avait -12°C ce soir-là. Il faisait d’ailleurs tellement froid que sur le chemin du retour, nous sommes rentrés dans le hall d’un immeuble, en espérant qu’il soit chauffé. Ce ne fut pas le cas, mais abrité du vent, il faisait tout de monde un peu meilleur. C’est là que j’ai fait ma rencontre le plus étonnante depuis que je suis ici. Il y avait en effet déjà un autre groupe à l’intérieur, avec qui nous avons discuté. Il s’agissait de Kirghizes, établis depuis quelques années ici. Nous avons discuté pendant 5 minutes, posant les questions d’usage. Par la suite, nous nous sommes encore balladés dans le centre, réchauffé dans un café (vive le réveillon à l’intérieur)
Bref c’était un réveillon assez sympathique, différent de ce que j’avais pu vivre les années différentes. Bien entendu, l’année prochaine, je suis avec vous les amis, pour festoyer et danser sur des musiques festives (Thomas, comment vont tes « Tomettes » ? ;-))
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire